La Kaaba revêt sa nouvelle couverture sacrée à La Mecque

Une équipe d'élite de techniciens et d'artisans procède à l'installation méticuleuse de la nouvelle Kiswa sur la Kaaba à La Mecque. (SPA)
Une équipe d'élite de techniciens et d'artisans procède à l'installation méticuleuse de la nouvelle Kiswa sur la Kaaba à La Mecque. (SPA)
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Publié le Dimanche 07 juillet 2024

La Kaaba revêt sa nouvelle couverture sacrée à La Mecque

  • La Kiswa, pesant 1,350 kilogrammes et mesurant 14 mètres de haut, se compose de quatre pans distincts et d'un rideau de porte
  • Une phalange de quelque 200 techniciens et artisans orchestre cette opération d'une complexité sans pareille

LA MECQUE : Aux premières lueurs de l'aube ce dimanche, marquant l'avènement du nouvel an islamique (1er Muharram 1446 de l'Hégire), la Kaaba sacrée s'est parée de sa nouvelle Kiswa. Cette cérémonie solennelle, orchestrée par la présidence générale pour les deux saintes mosquées, a été relatée par l'Agence de Presse Saoudienne.

L'apposition de ce somptueux drapé noir, ouvragé avec une finesse incomparable, a été confiée à une cohorte de 159 maîtres artisans issus du Complexe du roi Abdelaziz pour la fabrication de la Kiswa, sous l'égide vigilante d'ingénieurs et de techniciens rompus à cette tâche.

L'Agence de Presse Saoudienne détaille le ballet minutieux de cette équipe d'exception: les ornements dorés de l'ancienne Kiswa sont d'abord retirés, tandis que le nouveau revêtement est acheminé depuis le complexe vers la Grande Mosquée.

La Kiswa se compose de 53 pièces brodées d'or: 16 pour la ceinture, 7 pour la partie inférieure, 4 pour les angles, 17 lanternes, 5 éléments pour le rideau de porte, une pièce pour le Rukn Al-Yamani, et 2 pour encadrer la Pierre Noire, sans oublier la gouttière.

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L'installation de la nouvelle Kiswa, un processus d'une complexité inouïe, mobilise jusqu'à 200 techniciens et artisans chevronnés pendant plusieurs heures. (SPA)

Le complexe abrite en son sein 159 maîtres artisans qui s’attellent à la confection des 56 pièces brodées d'or destinées à la Kiswa. Leur ouvrage, entièrement réalisé à la main, requiert entre 60 et 120 jours de labeur pour parachever une seule pièce brodée d'or.

La Kiswa est brodée avec 120 kilogrammes de fil d'or, 100 kilogrammes de fil d'argent et une tonne de soie. Une fois assemblée, la Kiswa atteint le poids impressionnant de 1,350 kilogrammes et s'élève à 14 mètres de hauteur, se déclinant en quatre faces distinctes et un rideau de porte.

Le revêtement est paré d'inscriptions tissées de fils noirs.

L’installation de la Kiswa s’apparente à un véritable défi technique : chacune des quatre faces doit être hissée séparément au sommet de la Kaaba, permettant ainsi le déroulement de cette opération d'une complexité inouïe. « Une fois les quatre faces fixées, les angles sont cousus du haut vers le bas. Ensuite vient la pose du rideau, tâche exigeant temps et dextérité. Une ouverture est pratiquée dans le tissu noir, aux dimensions du rideau, soit environ 3,33 mètres de large sur 6,35 mètres de long. Trois ouvertures supplémentaires sont ensuite réalisées pour fixer le rideau sous le tissu. Enfin, les bordures sont solidement cousues au tissu noir du revêtement, » explicite l'Agence de Presse Saoudienne.

Le 22 mai dernier, environ trois semaines avant le pèlerinage du Hajj, la partie inférieure de la Kiswa avait été relevée. Cette pratique, renouvelée chaque année, vise à préserver l'intégrité du tissu sacré face à l'afflux des pèlerins circumambulant autour de la Kaaba.

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L'installation de la nouvelle Kiswa, un processus d'une complexité inouïe, mobilise jusqu'à 200 techniciens et artisans chevronnés pendant plusieurs heures. (SPA)

Auparavant, la Kiswa était remplacée une fois par an pendant le Hajj, plus précisément le matin du 9 Dhou al hijja , après le départ des pèlerins pour le Mont Arafat, en prévision de l'accueil des fidèles le lendemain matin, jour de l'Aïd al-Adha.

L'an dernier, la présidence générale pour les deux saintes mosquées a annoncé un changement dans cette tradition séculaire. Désormais, cet événement annuel se tiendra à la veille du 1er Muharram, premier jour du calendrier hégirien.

Le cheikh Abdulrahman Al-Sudais, à la tête de la présidence générale des deux saintes mosquées, a précisé que cette modification s'inscrivait dans le cadre d'une décision royale.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.