Starmer en Ecosse pour "réinitialiser" les relations entre Londres et les nations du Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Keir Starmer tient une conférence de presse à l'issue de la première réunion de son cabinet à Downing Street, à Londres, le 6 juillet 2024. (Photo: AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer tient une conférence de presse à l'issue de la première réunion de son cabinet à Downing Street, à Londres, le 6 juillet 2024. (Photo: AFP)
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Publié le Dimanche 07 juillet 2024

Starmer en Ecosse pour "réinitialiser" les relations entre Londres et les nations du Royaume-Uni

  • Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer se rend en Ecosse dimanche, première étape de son tour des différentes nations du Royaume-Uni
  • Avec sa victoire écrasante aux législatives, le parti travailliste a reçu "un mandat clair" dans tout le Royaume-Uni, a affirmé Keir Starmer samedi en conférence de presse à l'issue de son premier conseil des ministres

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer se rend en Ecosse dimanche, première étape de son tour des différentes nations du Royaume-Uni, avec la volonté de "réinitialiser" les relations parfois tendues ces dernières années entre Londres et les gouvernements locaux.

Keir Starmer doit s'entretenir en fin d'après-midi avec James Swinney, le Premier ministre écossais, dont le parti indépendantiste, le SNP, a sombré aux élections législatives, ne conservant que 9 députés, contre 48 précédemment.

Avec sa victoire écrasante aux législatives, le parti travailliste a reçu "un mandat clair" dans tout le Royaume-Uni, a affirmé Keir Starmer samedi en conférence de presse à l'issue de son premier conseil des ministres.

Mais il veut "définir une manière de travailler à travers le Royaume-Uni qui soit différente et meilleure (que par le passé) et reconnaître les contributions de nos quatre nations", a-t-il insisté.

Dans le système politique britannique, les gouvernements écossais, gallois et nord-irlandais sont compétents sur de nombreux domaines, comme l'éducation, la santé et l'environnement, tandis que le gouvernement britannique, basé à Londres, conserve notamment les pouvoirs de défense et de politique étrangère.

Le gouvernement travailliste de Tony Blair (1997-2007) est l'architecte de ce système, baptisé "dévolution", mais sous les conservateurs au pouvoir ces 14 dernières années, les gouvernements locaux ont souvent accusé Londres de les marginaliser.

L'ancienne Premier ministre écossaise Nicola Sturgeon avait critiqué la communication laborieuse avec Boris Johnson pendant la pandémie de Covid-19 et avait regretté que celle qui lui avait succédé, Liz Truss, ne l'ait pas directement contactée plus d'un mois après son arrivée à Downing Street.

Dans un communiqué publié en amont de son arrivée en Ecosse, Keir Starmer a affirmé vouloir mettre en place "une réinitialisation immédiate" de ses relations avec les chefs des gouvernements locaux.

"Une coopération centrée sur le respect sera clé pour mettre en place le changement à travers le Royaume-Uni", a-t-il défendu. "Ensemble, nous pouvons commencer à reconstruire notre pays", a-t-il insisté.

Après l'Ecosse, Keir Starmer doit se rendre au Pays de Galles, gouverné par le Premier ministre travailliste Vaughan Gething, et en Irlande du Nord, où la Première ministre est la républicaine du Sinn Fein Michelle O'Neill.

- "Conseil" de Tony Blair -

Après sa victoire écrasante aux législatives de jeudi, Keir Starmer s'est dit samedi "impatient" de mettre en oeuvre le changement qu'il a promis pour le Royaume-Uni.

Les défis sont nombreux, avec une économie à la peine, des services publics en grande difficulté, ou encore les répercussions toujours importantes de la crise du coût de la vie.

Durant la campagne, le thème de l'immigration est aussi ressorti comme une des préoccupations majeures des électeurs.

Le parti anti-immigration et anti-système Reform UK en a fait le principal axe de sa campagne, qui l'a vu rassembler plus de 14% des voix et entrer au Parlement avec 5 députés, dont son chef Nigel Farage.

Dimanche, l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair a appelé Keir Starmer a préparer "un plan pour contrôler l'immigration", estimant que la montée de Reform UK "pose un défi au Labour aussi", même s'il a surtout pris des voix aux conservateurs.

"Les sujets culturels, autant si ce n'est plus que les sujets économiques, sont au coeur" de ce vote, a estimé Tony Blair, ajoutant que sur ce point, "la politique britannique a beaucoup en commun avec la politique européenne", évoquant la situation en France et en Italie.

M. Starmer avait confirmé samedi qu'il n'était "pas prêt" à poursuivre le projet du précédent gouvernement conservateur d'expulser des migrants au Rwanda.

Pendant ce temps, le nouveau ministre des Affaires étrangères, David Lammy, a entamé une tournée en Europe, qui l'a conduit en Allemagne samedi, avant la Pologne et la Suède.

Dans une tribune publiée dimanche sur le site internet spécialisé The Local Europe, il a affirmé que Londres souhaite désormais "améliorer" ses relations avec l'Union européenne.

Si la remise en cause du Brexit ou le retour à une libre-circulation des personnes n'est pas d'actualité pour le nouveau gouvernement, le ministre du Commerce Jonathan Reynolds a affirmé dimanche sur Sky News que le Royaume-Uni devait "explorer" les moyens de "lever certaines barrières" au commerce avec l'UE.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.