Les parties yéménites ne parviennent pas à un accord sur l'échange de prisonniers à Mascate

L'envoyé des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a annoncé la fin du dialogue à Mascate. (AFP)
L'envoyé des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a annoncé la fin du dialogue à Mascate. (AFP)
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Publié le Lundi 08 juillet 2024

Les parties yéménites ne parviennent pas à un accord sur l'échange de prisonniers à Mascate

  • Des responsables des deux parties ont déclaré samedi que les discussions organisées sous l'égide de l'ONU à Mascate s'étaient achevées sans qu'un accord ait été trouvé sur un nouvel arrangement concernant les prisonniers.
  • Les Houthis saccagent le domicile du directeur de la banque centrale du Yémen à Sanaa, selon les médias d'Etat

AL-MUKALLA : Le gouvernement internationalement reconnu du Yémen et les Houthis n'ont pas réussi à conclure un nouvel accord d'échange de prisonniers, anéantissant les espoirs des familles yéménites de voir leurs proches détenus libérés.

Des responsables des deux parties ont déclaré samedi soir que les discussions menées sous l'égide de l'ONU à Mascate s'étaient achevées sans qu'un accord sur un nouvel échange de prisonniers n'ait été trouvé.

L'envoyé des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a annoncé la fin du dialogue à Mascate, déclarant que les pourparlers avaient abouti à une "avancée significative" lorsque le gouvernement yéménite et les Houthis ont accepté de libérer l'éminent homme politique Mohammed Qahtan, qui constituait un point de discorde entre les deux parties.

Le gouvernement et les milices ont convenu de se rencontrer à nouveau pour approuver les noms des détenus devant être libérés.

"Des milliers de Yéménites attendent de retrouver leurs proches. Malgré les progrès accomplis, il reste encore beaucoup à faire, et plus rapidement, pour soulager les familles qui souffrent", a déclaré M. Grundberg dans un communiqué.

Bien qu'il ait accusé les Houthis de tenter de faire dérailler les négociations sur l'échange de prisonniers, Majed Fadhail, porte-parole de la délégation gouvernementale, a également parlé de "quelques percées" dans les questions concernant les prisonniers de guerre et les personnes disparues de force.

Le gouvernement a convenu avec les Houthis de revenir pour un cycle de négociations "supplémentaire" dans deux mois, a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le gouvernement yéménite et M. Grundberg se sont déclarés confiants quant aux progrès des négociations après que les Houthis ont accepté d'échanger M. Qahtan contre 50 de leurs prisonniers, levant ainsi un obstacle majeur aux discussions.

Dans un message publié sur X, Abdulkader Al-Murtada, chef du Comité national des Houthis pour les affaires des prisonniers, a déclaré qu'au cours des discussions, la milice avait réglé son différend avec le gouvernement yéménite au sujet de la libération de M. Qahtan et échangé des noms de prisonniers potentiels à libérer, citant des "contraintes de temps" comme raison de l'arrêt des pourparlers.

Le dernier cycle de négociations sous l'égide de l'ONU entre le gouvernement yéménite et les Houthis a débuté dimanche dernier dans l'espoir de parvenir à un nouvel accord d'échange de prisonniers afin d'alléger les souffrances de centaines de prisonniers de guerre et de civils enlevés.

Ces négociations interviennent alors que le gouvernement yéménite a accusé les Houthis d'avoir attaqué le domicile à Sanaa d'Ahmed Ahmed Ghaleb, le gouverneur de la banque centrale du Yémen à Aden.

Le domicile du gouverneur de la banque centrale saccagé

Selon l'agence de presse officielle, des combattants houthis armés ont pris d'assaut la résidence de M. Ghaleb à Sanaa et ont fait sortir les personnes qui s'y trouvaient, apparemment en réponse aux récentes actions du gouverneur contre les institutions bancaires de Sanaa.

M. Ghaleb a récemment sanctionné de nombreuses banques pour avoir refusé de transférer leurs bureaux de Sanaa, contrôlée par les Houthis, à Aden, contrôlée par le gouvernement.

Il a également ordonné le retrait des billets de banque imprimés avant 2016 et largement utilisés dans le territoire houthi.

Depuis qu'ils ont pris le pouvoir au Yémen il y a plus de dix ans, les Houthis ont saisi les maisons et autres biens de centaines de politiciens yéménites, de journalistes, de défenseurs des droits de l'homme, de militaires et de membres des forces de sécurité, d'avocats et d'autres personnes qui ont contesté leurs politiques rigoureuses.

Par ailleurs, le ministère yéménite des dotations et de l'orientation a déclaré samedi que tous les pèlerins yéménites bloqués étaient rentrés chez eux après que les Houthis eurent autorisé un avion de Yemenia Airways à les transporter de Jeddah à Sanaa.

Des centaines de pèlerins yéménites ont été bloqués en Arabie saoudite lorsque les Houthis ont saisi trois avions de Yemenia à l'aéroport de Sanaa et les ont empêchés de se rendre en Arabie saoudite pour ramener les pèlerins.

Un responsable du gouvernement yéménite a déclaré à Arab News que l'impasse avec les Houthis concernant la capture des avions de Yemenia n'était pas terminée et que les Houthis s'étaient à nouveau emparés de l'avion de Yemenia qui transportait les pèlerins et avaient refusé toutes les médiations pour libérer l'avion.

Les Houthis affirment qu'ils vont administrer Yemenia Airways, réparer l'avion et réorganiser les vols à partir des aéroports yéménites, y compris ceux détenus par le gouvernement.

Le gouvernement yéménite a accusé les Houthis de "détourner" les vols et d'aggraver l'agonie des Yéménites qui ne peuvent plus voyager en raison de la saisie des avions.


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.