Après son succès aux législatives, le Nouveau Front populaire peut-il gouverner?

Le fondateur du parti de gauche La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon s'exprime lors de la soirée électorale du parti de gauche La France Insoumise (LFI) après les premiers résultats du second tour des élections législatives françaises à La Rotonde Stalingrad à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
Le fondateur du parti de gauche La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon s'exprime lors de la soirée électorale du parti de gauche La France Insoumise (LFI) après les premiers résultats du second tour des élections législatives françaises à La Rotonde Stalingrad à Paris le 7 juillet 2024. (AFP)
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Publié le Lundi 08 juillet 2024

Après son succès aux législatives, le Nouveau Front populaire peut-il gouverner?

Et maintenant, le plus dur reste à faire: après avoir viré en tête aux élections législatives dimanche soir, le Nouveau Front populaire, qui se dit "prêt" à gouverner, va entamer de difficiles tractations en son sein, notamment autour de la figure du Premier ministre.

Les discussions ont commencé dans la soirée et vont se poursuivre dans les jours qui viennent, expliquent les partenaires de l'alliance de gauche.

Pas question de se précipiter: "On n'a pas besoin d'avoir un nouveau gouvernement nommé cette semaine, on est dans aucun des scénarios des cohabitation précédentes, on a tout à inventer", souligne la sénatrice socialiste Corinne Narassiguin.

"On va prendre le temps qu'il faut (...) et faire les choses étape par étape", a également tempéré Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise.

Dimanche soir, toutes les formations l'ont répété: ce sera sur le programme du Nouveau Front populaire, fort de ses quelque 190 élus, que doit se baser le projet du nouveau gouvernement.

Avec en ligne de mire l'abrogation de la réforme des retraites, de la loi immigration et de la réforme de l'assurance chômage, mais aussi des mesures sur le pouvoir d'achat, comme le smic à 1.600 euros net, pour les services publics, et "la question de la sécurité", assurent les socialistes.

L'augmentation du Smic se fera "par décret", a promis Jean-Luc Mélenchon.

"Aucun subterfuge, arrangement ou combinaison ne serait acceptable", a encore martelé le leader insoumis, refusant "d'entrer dans des négociations" avec le parti présidentiel.

"Nous ne nous prêterons à aucune coalition des contraires", a ajouté le patron du PS Olivier Faure.

"Il n'y aura aucune compromission ou combinaison contre nature", confirme Sébastien Vincini, secrétaire national du PS.

Face aux rumeurs d'une coalition entre le camp présidentiel et la frange la plus modérée du Nouveau Front populaire, un cadre insoumis s'agace: "les macronistes tentent de nous voler la victoire et de faire une coalition". "Il faut que le président de la République nous contacte", ajoutait dimanche soir cette source.

Mais même le maire socialiste de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, qui était un fervent opposant au mariage avec les Insoumis au sein de l'ancienne alliance Nupes, l'assure: "il n'y a pas besoin de faire sans" LFI. "La Nupes c'est terminé, LFI n'est pas majoritaire", assure-t-il.

En effet, si au sein du Nouveau Front populaire les Insoumis sont le parti qui compte le plus d'élus (environ 75), leur poids est à relativiser: ensemble, les socialistes, les communistes et les écologistes seront plus nombreux qu'eux. Sans compter les "frondeurs" qui ont consommé la rupture avec la direction insoumise.

 

- "Elargir notre majorité" -

 

Concernant la capacité de la coalition à gouverner, le chercheur du Cevipof, Martial Foucault, reste dubitatif: "ça reste un groupe minoritaire, une coalition de partis qui arrive première avec moins de 200 sièges".

"Les termes, de ce que certains appellent +l'apaisement+, +réparer une France abimée+, +donner un cap politique qui répare+, me semblent mal partis quand on indique que ce sera le programme et rien d'autre. Ça va prendre beaucoup de temps pour y voir clair sur un gouvernement de coalition", ajoute le politologue.

Message reçu du côté des communistes. "Nous allons devoir, sur bon nombre de sujets, élargir notre majorité parce qu'elle ne suffira pas autrement", reconnait le porte-parole du parti, le sénateur de Paris Ian Brossat.

Même analyse de la part de l'écologiste Yannick Jadot: "Il nous revient de construire des majorités autour de notre projet".

"Nous ne sommes pas dans une situation de confort total", a reconnu Olivier Faure, le patron des socialistes, qui prévoit des "obstacles nombreux", "l'opposition des lobbies" et "de ceux qui vont voir leur privilèges s'estomper".

Et le premier écueil sur lequel le Nouveau Front populaire risque de s'échouer sera celui de l'incarnation.

Qui pourrait être désigné Premier ministre? "La question est prématurée", assure Sébastien Vincini.

Les Insoumis persistent dans l'idée que c'est au groupe majoritaire de proposer un nom. Les autres penchent pour une décision collective des députés de l'alliance, Jean-Luc Mélenchon étant devenu une figure trop clivante et urticante, même au sein d'une partie de la gauche.

L'ancienne insoumise "frondeuse" Clémentine Autain, qui a acté sa séparation avec LFI, plaide aussi pour un vote de l'ensemble des députés du Nouveau Front populaire sur le poste de Premier ministre, en excluant François Hollande - qui a lui-même dit ne pas postuler - et Jean-Luc Mélenchon.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.


Macron a parlé à Trump et Netanyahu, appelle au respect de l'intégrité territoriale du Liban

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une réunion du Conseil de défense nationale au Palais de l'Élysée à Paris, le 1er mars 2026, à la suite des frappes américaines et israéliennes contre Iran. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a appelé Benjamin Netanyahu à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à éviter une offensive terrestre, tout en exigeant que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël
  • Il a également échangé avec Donald Trump sur la situation régionale, promis une aide humanitaire aux déplacés libanais et réaffirmé le soutien français aux forces armées libanaises

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu'il a appelé "à préserver l'intégrité territoriale du Liban et à s'abstenir d'une offensive terrestre".

Dans un message sur X, relatant ses conversations avec Benjamin Netanyahu ainsi qu'avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, Emmanuel Macron dit également avoir "réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà".

"Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région", a jugé le chef de l’État français.

Son entourage a fait savoir qu'il avait également échangé avec Donald Trump mercredi soir et avait "alerté" le président américain "sur la situation au Liban à laquelle la France demeure très attentive".

"Le président Trump a contacté le président de la République ce soir pour l'informer de l'état des opérations militaires menées par les États-Unis en Iran", a indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron.

À ses interlocuteurs libanais, le président français a promis que "la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées" face à "l'urgence humanitaire dans le sud du Liban" depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par Israël et les États-Unis.

Il a assuré que la France poursuivrait également "son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah".

La discussion entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu était la première depuis le début de l'été 2025. Leurs relations ont connu une brouille au mois d'août lorsque la France a annoncé son intention de reconnaître l’État de Palestine.

Le chef du gouvernement israélien avait alors accusé Emmanuel Macron "d'alimenter le feu antisémite" en France.

Dans un échange de lettres acerbe, Emmanuel Macron lui avait alors reproché d'"offenser la France toute entière" et l'avait appelé "solennellement" à sortir de sa "fuite en avant meurtrière" dans la guerre à Gaza.

Dans son message sur X, le président français se limite à évoquer la situation au Liban qu'il juge "très préoccupante". Il ne dit pas s'il a discuté avec Benjamin Netanyahu de l'Iran où Israël et les États-Unis ont déclenché depuis dimanche une offensive militaire massive.

L'armée israélienne a indiqué dans un communiqué mercredi avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Le Hezbollah a affirmé de son côté que ses combattants étaient engagés dans des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans la ville libanaise de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël

Mardi, lors d'une allocation solennelle, Emmanuel Macron avait dénoncé la "responsabilité première" de l'Iran dans la guerre, notamment à cause de son "programme nucléaire dangereux", mais estimé que les opérations militaires américano-israélienne se déroulaient "en dehors du droit international".