Les Houthis du Yémen attaquent un navire dans l'océan Indien

L'UKMTO a déclaré que le navire et son équipage étaient sains et saufs. (X:@UKMTO)
L'UKMTO a déclaré que le navire et son équipage étaient sains et saufs. (X:@UKMTO)
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Publié le Mercredi 10 juillet 2024

Les Houthis du Yémen attaquent un navire dans l'océan Indien

  • L'incident, qui s'est produit à 180 milles nautiques à l'est de Nishtun, fait suite à plus d'une semaine sans attaque signalée de la part de la milice contre des navires dans les eaux internationales.
  • Les Houthis ont également annulé un vol de Yemenia Airways entre Sanaa et Amman, accusant le gouvernement yéménite d'"agression".

AL-MUKALLA : Un navire commercial au large de la côte est du Yémen a été la cible mardi d'une attaque qui aurait été menée par les Houthis, selon une agence maritime britannique qui suit les assauts contre les navires. Cette attaque a marqué la fin de plus d'une semaine sans qu'aucun assaut n'ait été signalé de la part de la milice contre des navires empruntant les voies maritimes internationales.


Le United Kingdom Maritime Trade Operations a déclaré que le capitaine d'un navire commercial avait signalé un incident à 180 milles nautiques à l'est de Nishtun, une ville de la province orientale d'Al-Mahra, au Yémen.

"Le capitaine d'un navire marchand signale une explosion à proximité du navire. Le navire et tout l'équipage sont sains et saufs. Le navire se dirige vers son prochain port d'escale", a déclaré l'organisation.

La dernière attaque confirmée des Houthis dans les eaux au large des côtes du Yémen remonte au 28 juin, près de la province occidentale de Hodeidah. Depuis qu'ils ont lancé leur campagne contre le transport maritime international en novembre, les Houthis ont attaqué des navires en mer Rouge et dans d'autres eaux à l'aide de centaines de missiles balistiques, de véhicules aériens sans pilote et de drones chargés d'explosifs. Ils ont intensifié leurs attaques en juin, en frappant presque quotidiennement des navires commerciaux et militaires en mer Rouge, dans le golfe d'Aden et dans l'océan Indien.

Les milices affirment qu'elles agissent en soutien au peuple palestinien, afin de contraindre les autorités israéliennes à mettre un terme à leurs opérations militaires dans la bande de Gaza. Mais les critiques affirment que les Houthis utilisent l'indignation suscitée au Yémen par les actions d'Israël à Gaza pour justifier la reprise de leur guerre au Yémen, et comme excuse pour attaquer des navires dans le but de renforcer le soutien de l'opinion publique, de recruter davantage de combattants et de détourner l'attention de leurs échecs à mettre en place des services publics délabrés et à payer les travailleurs du secteur public.

Dans des déclarations récentes, le porte-parole des Houthis, Yahya Sarea, a indiqué que le groupe travaillait avec une milice irakienne pour organiser des opérations coordonnées contre des cibles israéliennes et des navires dans les eaux internationales qui n'ont pas été validées par les agences maritimes. Lundi, il a déclaré que la milice et la Résistance islamique en Irak étaient responsables d'une attaque de drone contre "un site vital" dans la ville portuaire israélienne d'Eilat.

Par ailleurs, les Houthis ont annulé un vol de Yemenia Airways reliant Sanaa à Amman, ce qui a suscité la colère des passagers qui avaient réservé des billets. Les Houthis ont justifié leur décision en blâmant "l'agression" des autorités qui ont refusé d'accéder aux demandes de la milice pour que la compagnie aérienne programme des vols au départ de Sanaa vers d'autres destinations, notamment Le Caire et l'Inde.

Les Houthis ont récemment pris le contrôle de quatre avions de Yemenia à l'aéroport de Sanaa et les ont empêchés de se rendre en Arabie saoudite pour ramener des centaines de pèlerins yéménites. Un responsable du gouvernement yéménite a déclaré mardi à Arab News que les milices tentaient de faire pression sur le gouvernement pour qu'il ajoute des vols vers de nouvelles destinations en échange de la libération des avions saisis.

Les Houthis s'opposent également au projet du gouvernement yéménite de transférer l'autorité de l'aviation civile et de la météorologie de Sanaa à Aden, ce qui priverait les milices d'une source de revenus essentielle et de la capacité de réglementer les opérations aériennes.

"Ils cherchent maintenant à mettre en place un fait accompli en établissant de nouvelles destinations et en stoppant tout effort visant à déplacer le centre de navigation et de météorologie de Sanaa à Aden", a déclaré le responsable, qui a demandé à ne pas être nommé.

Le dernier projet d'accord de paix conclu sous l'égide de l'ONU prévoit que le gouvernement yéménite s'engage à autoriser de nouvelles liaisons yéménites au départ de Sanaa en échange d'un accord des Houthis sur la levée du siège de Taiz.


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.