Pour les investisseurs, la crainte d'un climat plus hostile en France

Le chantier de la nouvelle cimenterie du groupe Heidelberg Materials à Airvault, dans l'ouest de la France, le 5 juillet 2024. Heidelberg Materials, numéro 2 mondial du ciment, investit quelque 350 millions d'euros pour diviser par deux les émissions de CO2 du site d'ici 2030. Quelque 500 ouvriers s'affairent sur ce chantier qualifié de "pharaonique". (Photo: AFP)
Le chantier de la nouvelle cimenterie du groupe Heidelberg Materials à Airvault, dans l'ouest de la France, le 5 juillet 2024. Heidelberg Materials, numéro 2 mondial du ciment, investit quelque 350 millions d'euros pour diviser par deux les émissions de CO2 du site d'ici 2030. Quelque 500 ouvriers s'affairent sur ce chantier qualifié de "pharaonique". (Photo: AFP)
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Publié le Mercredi 10 juillet 2024

Pour les investisseurs, la crainte d'un climat plus hostile en France

  • Qu'il s'agisse des entreprises et fonds d'investissement étrangers ou des Français fortunés, la politique menée depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017 a favorisé leurs intérêts au travers d'une baisse de la fiscalité
  • Les premières inquiétudes remontent à la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin et la crainte de voir une majorité absolue du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire

PARIS: Rester ou envisager de partir? Choyés par Emmanuel Macron depuis son accession à l’Élysée, les investisseurs étrangers et riches particuliers anticipent des lendemains moins chantants après les élections législatives, craignant la remise en cause de certains de leurs avantages.

Qu'il s'agisse des entreprises et fonds d'investissement étrangers ou des Français fortunés, la politique menée depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017 a favorisé leurs intérêts au travers d'une baisse de la fiscalité surtout, mais aussi de réformes du marché du travail et des retraites, sur lesquelles la coalition de gauche arrivée en tête des élections dimanche entend en partie revenir.

Les premières inquiétudes remontent à la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin et la crainte de voir une majorité absolue du Rassemblement national ou du Nouveau Front populaire, dont les programmes, jugés "indigents" par un banquier interrogé par l'AFP lors des rencontres économiques d'Aix vendredi, sont sources d'inquiétude pour les particuliers fortunés.

"Les dossiers de personnes qui se renseignent pour quitter la France ont augmenté d'au moins 30% ces dernières semaines", a affirmé à l'AFP Philippe Lorentz, avocat fiscaliste au cabinet August Debouzy, ces derniers cherchant en priorité à s'exiler en Suisse, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

- Héritiers et chefs d'entreprises -

"Ce ne sont pas forcément des très riches, parfois ce sont des cadres supérieurs", a précisé l'avocat qui voit passer des héritiers ou des chefs d'entreprises.

L'issue des élections — sans majorité absolue — a permis d'éviter le "scénario catastrophe" pour les entreprises, s'est réjoui auprès de l'AFP le patron de la société C4 Ventures Pascal Cagni, également ambassadeur délégué aux investissements internationaux depuis 2017 et en première ligne des sommets annuels Choose France instaurés par M. Macron, au cours desquels des chefs d'entreprises étrangers annoncent des projets d'investissements sous les ors du château de Versailles.

La création d'un "bloc central" à l'Assemblée nationale pourrait permettre de rester attractif selon M. Cagni, disant toutefois craindre qu'"il n'y ait plus le même enthousiasme de ces gens qui pour la première fois viennent à Versailles et se disent que les Français, malgré les idées préconçues, c'est autre chose que simplement le luxe, le tourisme et de Gaulle".

Pour d'autres, le mal a déjà été fait: "les investisseurs disent +on se taille+", a confié une source gouvernementale bien informée à quelques jours du deuxième tour des législatives, qui, sans citer d'exemple, assure que "des investissements de Choose France parfois négociés pendant des années ne se font pas".

Lundi, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a estimé sur X que "l'application du programme de rupture du Nouveau Front populaire détruirait les résultats de la politique (...) conduite depuis sept ans", citant la première place européenne en matière d'attractivité revendiquée par la France depuis cinq ans.

- Londres en embuscade -

Les entreprises étrangères se sont faites discrètes jusque là, aucun engagement d'investissement réalisé lors d'un sommet Choose France n'ayant été publiquement annulé et plusieurs entreprises étrangères sollicitées par l'AFP n'ayant pas souhaité s'exprimer sur le contexte politique.

Après des années à avoir surfé sur le Brexit pour tenter d'attirer les investisseurs étrangers, la France voit par ailleurs Londres leur faire à nouveau les yeux doux, espérant attirer les puissances financières à l'heure où un nouveau gouvernement travailliste favorable aux affaires vient de prendre le pouvoir.

"C'est une réalité simple de dire qu'une des choses les plus appréciées par les investisseurs est la stabilité politique", a commenté auprès de l'AFP Miles Celic, à la tête de TheCityUK qui promeut l'industrie financière au Royaume-Uni.

Interrogé sur la capacité de Londres à tirer profit des difficultés politiques en France mais aussi aux États-Unis où des élections cruciales se tiennent en novembre, M. Celic s'est dit "confiant" quant au fait que le climat politique britannique permette de "renforcer son attractivité pour les investisseurs internationaux".


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.