Qui est J.D. Vance et pourquoi Trump a-t-il choisi de faire équipe avec lui?

Même s'il s'est montré par la passé critique de Donald Trump, J.D. Vance a effectué un revirement complet pour s'imposer comme l'un des défenseurs les plus ardents du milliardaire et de son idéologie MAGA, "Rendre sa grandeur à l'Amérique". (AFP)
Même s'il s'est montré par la passé critique de Donald Trump, J.D. Vance a effectué un revirement complet pour s'imposer comme l'un des défenseurs les plus ardents du milliardaire et de son idéologie MAGA, "Rendre sa grandeur à l'Amérique". (AFP)
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Publié le Mardi 16 juillet 2024

Qui est J.D. Vance et pourquoi Trump a-t-il choisi de faire équipe avec lui?

  • Même si son rival octogénaire Joe Biden semble pâtir davantage que lui de son âge avancé, Donald Trump sait qu'il n'est pas tout jeune avec ses 78 ans
  • D'où l'intérêt présenté par J.D. Vance, 39 ans, propre à rééquilibrer l'âge moyen du tandem

MILWAUKEE: Pour un candidat à la Maison Blanche, le choix du colistier répond souvent à l'objectif de séduire de nouveaux électeurs, ou de compenser des faiblesses identifiées en termes d'image ou de programme.

Pourquoi Donald Trump a-t-il alors choisi J.D. Vance, un riche homme blanc comme lui, sénateur de l'Ohio, un Etat qu'il avait déjà toutes les chances de remporter?

Rééquilibrage d'âges

Même si son rival octogénaire Joe Biden semble pâtir davantage que lui de son âge avancé, Donald Trump sait qu'il n'est pas tout jeune avec ses 78 ans. Et, qu'en cas d'éventuel retrait du président démocrate, au profit par exemple de sa vice-présidente Kamala Harris, ce serait lui qui deviendrait automatiquement le vétéran et serait donc scruté comme tel.

D'où l'intérêt présenté par J.D. Vance, 39 ans, propre à rééquilibrer l'âge moyen du tandem.

Si Donald Trump est élu, cet ex-militaire et auteur à succès, issu d'un milieu modeste et qui a fait carrière dans la Silicon Valley, deviendra le troisième plus jeune vice-président de l'histoire des Etats-Unis. Il fera circuler un courant de jouvence à la Maison Blanche.

Un fidèle de la famille MAGA

Même s'il s'est montré par la passé critique de Donald Trump, J.D. Vance a effectué un revirement complet pour s'imposer comme l'un des défenseurs les plus ardents du milliardaire et de son idéologie MAGA, "Rendre sa grandeur à l'Amérique".

Une fois effacés ses anciens tweets et les avoir répudiés, ce conservateur populiste a épousé avec passion les idées trumpistes, prônant une lutte radicale contre l'immigration et un protectionnisme économique intransigeant.

Il a prouvé sa loyauté à son mentor en défendant bec et ongles sa thèse infondée de l'élection volée en 2020.

Samedi, quelques heures seulement après les tirs ayant visé l'ancien président, J.D. Vance a accusé Joe Biden d'avoir avec sa rhétorique sur les dangers du trumpisme "directement causé cette tentative d'assassinat".

Enfin, pour Donald Trump, qui se méfie comme de la peste des élites politiques de Washington, choisir un candidat antisystème, très proche de son fils Donald Jr., était tentant.

Le septuagénaire a surtout été échaudé par sa très mauvaise expérience avec son précédent vice-président, Mike Pence. Celui-ci, après des années de loyauté indéfectible, avait refusé le 6 janvier 2021 d'obtempérer quand Donald Trump lui a demandé de refuser de certifier l'élection du Joe Biden.

"Trump a choisi J.D. Vance comme colistier car il fera ce que Mike Pence a refusé le 6 janvier: se mettre en quatre au service de Trump et de son programme extrémiste MAGA, même si cela implique de violer la loi et quel que soit le préjudice causé au peuple américain", a accusé Jen O'Malley Dillon, la directrice de campagne de Joe Biden.

Opération séduction de la "Rust Belt"

Si Donald Trump devrait logiquement remporter l'Etat de l'Ohio, il fait le pari que J.D. Vance pourrait l'aider à gagner les Etats voisins du Michigan et de la Pennsylvanie, ainsi que le Wisconsin.

Trois Etats clés, ayant souffert de la désindustrialisation, susceptibles chacun individuellement de faire basculer le résultat du scrutin présidentiel du 5 novembre. Donald Trump y cimenterait ainsi une base électorale solide.

Dans une récente interview sur Fox News, le milliardaire républicain avait d'ailleurs inscrit l'élargissement de sa base électorale parmi ses critères pour choisir son vice-président, une fonction destinée avant tout à remplacer le président en cas de décès ou de démission.

Il faut "quelqu'un qui nous aidera à nous faire élire", avait affirmé M. Trump.

A noter que l'ex-magnat des affaires n'a pas eu que la présidentielle en tête pour guider sa décision. L'Ohio est le terrain d'une joute très disputée pour un siège de sénateur et les républicains comptent sur cet Etat pour enfin reprendre le contrôle de la chambre haute du Congrès.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.