JO-2024: en bord de Seine, des Parisiens, agacés, passent l'épreuve des préparatifs

La maire de Paris Anne Hidalgo (C) pose avec des nageurs lors de l’inauguration de la base nautique de Bras Marie à Paris le 9 juillet 2023(AFP)
La maire de Paris Anne Hidalgo (C) pose avec des nageurs lors de l’inauguration de la base nautique de Bras Marie à Paris le 9 juillet 2023(AFP)
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Publié le Mardi 16 juillet 2024

JO-2024: en bord de Seine, des Parisiens, agacés, passent l'épreuve des préparatifs

  • Les riverains vivent au rythme des préparatifs de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, entre agacement et résignation.
  • A partir de jeudi, les périmètres de sécurité seront activés et l'île Saint-Louis rendue inaccessible sans présentation d'un "Pass jeux" avec QR code

PARIS : Des grands grillages quadrillent le quai, le pont est fermé à la circulation automobile, des ouvriers s'activent: sur l'île Saint-Louis, les riverains vivent au rythme des préparatifs de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, entre agacement et résignation.

"On a l'impression d'être enfermés", dénonce Aissa Yago, résident de l'île (4e arrondissement) située au cœur de Paris, discutant devant un troquet avec un ami, une barrière à quelques centimètres de leur visage.

"Ça va être la planète des singes. Ils n'ont plus qu'à nous jeter des cacahuètes", critique ce quinquagénaire. "Ce matin, il y avait un embouteillage, c'était un peu du Fellini, les gens étaient en train de s'engueuler", poursuit M. Yago, rencontré ce mardi.

Sur le quai de Béthune non loin, une automobiliste en colère demande son chemin à des policiers, créant un petit concert de klaxons.

"Ça fait un peu village d'Astérix, un peu bloqué partout", confie à l'AFP Rodolphe Dematini, petit chien blanc en laisse. Lui, qui habite à côté, dans le 5e arrondissement, philosophe: "Il faut bien faire quelque chose pour les Jeux Olympiques, c'est une fois tous les 100 ans". "Ça va être bien fait, ça va être joli", veut croire l'homme de 56 ans.

- "Gens qui ronchonnent" -

"Je ne fais pas partie des gens qui ronchonnent tout le temps", renchérit Katia, qui vit aussi dans le 5e arrondissement et traverse souvent l'île Saint-Louis.

De l'autre côté de la Seine, sur le quai de la Tournelle, les gradins pour la cérémonie d'ouverture du 26 juillet ont déjà été installés. Les organisateurs promettent un spectacle fluvial sur la Seine où "la ville deviendra le décor vivant d'un moment d'exception", sur 6 km.

A partir de jeudi, les périmètres de sécurité seront activés et l'île Saint-Louis rendue inaccessible sans présentation d'un "Pass jeux" avec QR code. Si certains habitants des environs ont obtenu leur pass, Aissa Yago affirme ne pas l'avoir reçu malgré une demande.

Simon, un commerçant de l'île, "comprend" les mesures de sécurité. "Mais huit jours sans accès possible à des touristes qui se baladent, je trouve que c'est un peu dur". Au lieu de la "fête" promise, regrette le jeune homme, "tout ce qu'on voit pour l'instant, c'est une perte de chiffres d'affaires".

Pour expliquer cette faible fréquentation touristique, il précise également que "l’île Saint-Louis, ça marche au soleil", qui s'est fait discret depuis le début de l'été.

Ramsey Opp, New-Yorkais, vient d'arriver à Paris et découvre les préparatifs en se promenant sur l'île. "Je vis à New York où c'est beaucoup plus bruyant, plus fréquenté et plus bordélique et où il y a davantage de travaux de construction", lance le jeune homme de 30 ans.

- "Une catastrophe" -

Mais pour beaucoup d'habitants et commerçants de l'île Saint-Louis, quartier historique et chic de la capitale, la coupe est pleine.

"Tout le mois de juillet, on n'a pas bossé, c'est une catastrophe", commente une gérante de café, devant son troquet vide. "Les gens de l'île ont dit +on s'en va parce qu'on ne veut pas être là pour les Jeux+", précise la commerçante, affirmant qu'il y a "très peu de touristes".

Vendredi, l'adjoint au commerce à la mairie de Paris, Nicolas Bonnet-Oulaldj, a dit "entendre la colère" des commerçants du cœur de la capitale, qui ont vu surgir ces derniers jours une partie des 44.000 barrières pour sécuriser les JO.

Bertrand Halff, 83 ans, quitterait l'île "immédiatement" s'il le pouvait, les Jeux olympiques (26 juillet-11 août) approchant à grand pas. "J'ai une fille handicapée, on est obligé de rester pour elle."

Marie-Christine Goux, résidente du 15e arrondissement, aime venir s'asseoir sur un banc et regarder la Seine. Ce matin-là, il est inaccessible. "J'avais un ami qui était installé là, un SDF, il a disparu", dit-elle.

Depuis des mois, des associations alertent sur le "nettoyage social" dans la capitale et les expulsions de sans-abris hors de Paris. "Nous continuons de mener des opérations de mise à l'abri de personnes qui sont à la rue", se défendait lundi sur France Bleu le préfet de région Marc Guillaume.

"Je ne sais pas ce qu'ils en ont fait", s'inquiète Mme Goux.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
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  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.