Yémen: un incendie fait rage à Hodeida, après des frappes israéliennes meurtrières

Les pompiers luttent toujours dimanche contre les flammes dans le port de Hodeida, tenu par les rebelles Houthis au Yémen, quelques heures après que des frappes israéliennes y ont déclenché un gigantesque incendie et tué trois personnes. (AFP).
Les pompiers luttent toujours dimanche contre les flammes dans le port de Hodeida, tenu par les rebelles Houthis au Yémen, quelques heures après que des frappes israéliennes y ont déclenché un gigantesque incendie et tué trois personnes. (AFP).
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Publié le Dimanche 21 juillet 2024

Yémen: un incendie fait rage à Hodeida, après des frappes israéliennes meurtrières

  • Les frappes de samedi sur ce port stratégique de l'ouest du Yémen, point d'entrée essentiel pour le carburant et l'aide humanitaire, sont les premières revendiquées par Israël
  • La "réponse des rebelles à l'agression israélienne contre notre pays est inévitable et sera énorme", a déclaré dimanche Yahya Saree, leur porte-parole militaire

HODEIDA: Les pompiers luttent toujours dimanche contre les flammes dans le port de Hodeida, tenu par les rebelles Houthis au Yémen, quelques heures après que des frappes israéliennes y ont déclenché un gigantesque incendie et tué trois personnes, selon les rebelles, qui menacent Israël d'une réponse "énorme".

Les frappes de samedi sur ce port stratégique de l'ouest du Yémen, point d'entrée essentiel pour le carburant et l'aide humanitaire, sont les premières revendiquées par Israël dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, situé à environ 1.800 kilomètres de distance.

La "réponse des rebelles à l'agression israélienne contre notre pays est inévitable et sera énorme", a déclaré dimanche Yahya Saree, leur porte-parole militaire.

Il a déclaré que les rebelles avaient tiré des missiles balistiques en direction d'Eilat, station balnéaire israélienne sur le mer Rouge. Un missile tiré depuis le Yémen a été intercepté, avait indiqué l'armée israélienne, précisant que "le projectile n'a pas pénétré en territoire israélien".

Lancés au lendemain d'une attaque de drone houthi qui a tué une personne à Tel-Aviv, après avoir déjoué le système de défense israélien, les raids aériens sur Hodeida ont provoqué la mort de trois personnes et en ont blessé 87, dont beaucoup souffrent de graves brûlures, a déclaré le ministère de la Santé des Houthis.

D'autres opérations contre les Houthis suivront "s'ils osent nous attaquer", a déclaré samedi le ministre israélien de la défense, Yoav Gallant.

D'épais panaches de fumée noire enveloppent dimanche le ciel au-dessus de Hodeida, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Un employé du port, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a indiqué que les réservoirs de carburant et la centrale électrique étaient toujours en flammes. D'après lui, il faudrait plusieurs jours pour contenir l'incendie, un point de vue partagé par les experts du Yémen, au vu notamment du manque d'équipement des pompiers.

Selon Mohammed Albasha, analyste principal du Moyen-Orient pour le groupe américain Navanti, le feu pourrait atteindre les installations de stockage de nourriture.

L'attaque "va avoir des conséquences humanitaires désastreuses sur les millions de Yéménites" dans les vastes zones du pays contrôlées par les Houthis, a déclaré Nicholas Brumfield, un expert du Yémen sur X.

Le gouvernement yéménite, internationalement reconnu et soutenu par l'Arabie saoudite dans sa guerre menée depuis 2014 contre les Houthis, a condamné les frappes israéliennes, tenant Israël "pour responsable de l'aggravation de la crise humanitaire".

Il a mis en garde les rebelles, soutenus par Téhéran et qui disent agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, contre le risque d'entraîner le pays dans des "batailles insensées servant les intérêts du régime iranien et son projet expansionniste dans la région".


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.