TotalEnergies finit le trimestre en recul, pénalisé par le gaz et le raffinage

Le logo de la compagnie pétrolière et gazière française TotalEnergies est visible sur une station-service à Berlin le 29 avril 2022. (AFP)
Le logo de la compagnie pétrolière et gazière française TotalEnergies est visible sur une station-service à Berlin le 29 avril 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 25 juillet 2024

TotalEnergies finit le trimestre en recul, pénalisé par le gaz et le raffinage

  • La quatrième major pétrogazière TotalEnergies a terminé le second trimestre sur un recul de 7% de son bénéfice, à 3,8 milliards d'euros, en deçà des prévisions des analystes
  • Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net trimestriel de 4,9 milliards de dollars, selon le consensus calculé par FactSet et Bloomberg

PARIS: La quatrième major pétrogazière TotalEnergies a terminé le second trimestre sur un recul de 7% de son bénéfice, à 3,8 milliards d'euros, en deçà des prévisions des analystes, subissant une forte baisse des marges de raffinage et un repli des ventes et du prix du gaz.

Sur l'ensemble du premier semestre, TotalEnergies a dégagé un bénéfice net de 9,5 milliards de dollars, en léger recul de 1% sur un an, après un premier trimestre à 5,7 milliards, selon le communiqué publié jeudi du groupe qui avait engrangé des profits records en 2022 et 2023.

Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net trimestriel de 4,9 milliards de dollars, selon le consensus calculé par FactSet et Bloomberg.

Entre avril à juin, sur un an, la performance opérationnelle du groupe (résultat opérationnel net ajusté) a reculé de 13% dans son activité prioritaire du gaz liquéfié (GNL), "dans un contexte de moindre demande" en Europe et de repli des prix.

Le groupe est encore plus pénalisé dans son segment raffinage-chimie (-36%), qui a lui souffert de la "baisse des marges de raffinage" principalement en Europe et au Moyen-Orient, a expliqué le groupe.

En revanche, le groupe progresse dans sa division reine de l'exploration-production (+14%) grâce à des prix du pétrole soutenus et sur sa branche électricité qui couvre les énergies renouvelables (+12%).

Au final, le bénéfice semestriel net ajusté (hors éléments exceptionnels) - l'indicateur le plus suivi par les analystes - a reculé de 15% à 9,8 milliards de dollars.

Quant à l'Ebitda (indicateur qui mesure la rentabilité), il affiche une baisse de 11% sur un an, à 22,6 milliards de dollars.

"Les résultats de TotalEnergies n'ont pas été à la hauteur des attentes du consensus, la faiblesse du raffinage et des produits chimiques ainsi que l'augmentation des coûts de l'entreprise étant à l'origine de cet écart", a commenté la banque RBC dans une note.

Malgré des signes de faiblesse, le groupe se veut confiant. "TotalEnergies a généré au deuxième trimestre des résultats financiers robustes", a estimé dans un communiqué le PDG du groupe Patrick Pouyanné.

Ce dernier a été reconduit en mai pour un 4e mandat afin de mettre en place "la stratégie de transition équilibrée présentée aux actionnaires en septembre 2023" - le pétrole-gaz d'une part, et les énergies décarbonées d'autre part.

- 5 milliards pour l'électricité en 2024 -

Sur le semestre, le groupe, très critiqué pour la poursuite de ses activités dans les énergies fossiles qui réchauffent l'atmosphère, a lancé plusieurs projets "qui confortent l'objectif de croissance de 2-3%/an de la production" de pétrole et de gaz, en Angola, au Brésil, en Oman et au Nigeria.

En parallèle, le groupe se diversifie et a fait des acquisitions pour se renforcer dans l'électricité, comme des centrales à gaz au Texas et au Royaume-Uni, des concessions d'éoliennes en mer et des sites de stockage par batteries en Allemagne.

TotalEnergies a confirmé un niveau d'investissements nets de 17 à 18 milliards de dollars en 2024, dont 5 dédiés à l'électricité.

"Conforté par ces résultats solides en ligne avec les objectifs de l'année 2024", le conseil d'administration a décidé "le maintien du deuxième acompte sur dividende au titre de l'exercice 2024 d'un montant de 0,79 euro par action", (+7 % par rapport à 2023), "et a autorisé des rachats d'actions jusqu'à 2 milliards de dollars au troisième trimestre 2024", a indiqué le groupe.

Le géant pétrolier avait empoché en 2023 un bénéfice record de 21,4 milliards de dollars et de 20,5 milliards de dollars en 2022, année dopée par la flambée record des hydrocarbures.

Les cours du pétrole, qui ont reflué depuis les sommets de 2022 au début de l'invasion russe de l'Ukraine, ont rebondi après l'attaque du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre et se maintiennent actuellement à une tendance soutenue au-dessus de 80 dollars le baril.

Les prix du gaz, en revanche, ont plongé depuis leurs records du début du conflit en Ukraine, s'établissant actuellement autour de 30 euros le mégawattheure selon l'indicateur de référence néerlandais TTF, en baisse de 40% sur un an.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.

 

 

 

 


Veolia et Amazon accélèrent la transformation hydrique des data centers

Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de la pollution aux PFAS dans l’eau, fournie par Veolia, alors qu’il atterrit à l’EuroAirport de Bartenheim, dans l’est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
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  • Un partenariat Veolia-Amazon pour déployer des solutions de réutilisation des eaux usées dans les data centers, avec un premier site opérationnel en 2027
  • Une économie annuelle estimée à 314 millions de litres d’eau potable, au service d’une stratégie globale de durabilité et de résilience hydrique

DUBAI: Dans un contexte de croissance exponentielle des besoins en infrastructures numériques et de pression accrue sur les ressources naturelles, Veolia et Amazon annoncent un partenariat structurant visant à transformer la gestion de l’eau dans les data centers. L’ambition : substituer l’eau potable par des eaux usées traitées pour les besoins de refroidissement, un poste particulièrement consommateur dans ces installations critiques.

Cette collaboration associe l’expertise de Veolia, leader mondial des technologies de l’eau et des services à l’environnement, aux capacités d’Amazon en matière de cloud et d’intelligence artificielle. Ensemble, les deux groupes entendent concevoir et déployer des stratégies de gestion de l’eau plus durables, adaptées aux data centers de nouvelle génération.

Le projet pilote sera lancé dans le Mississippi, où Veolia accompagnera les opérations d’Amazon afin de réduire significativement leur consommation d’eau potable. À l'horizon 2027, une première installation devrait entrer en service, marquant une étape importante : il s’agira du premier data center d’Amazon dans cet État à recourir à de l’eau recyclée pour ses systèmes de refroidissement.

Une innovation industrielle au service de la sobriété hydrique

Au cœur du dispositif, des systèmes de traitement de l’eau développés par Veolia, à la fois autonomes, modulaires et conteneurisés. Ces unités seront capables de capter des effluents issus de stations d’épuration locales ainsi que d’autres sources disponibles, puis de les transformer en une ressource conforme aux exigences de qualité des procédés industriels de refroidissement.

Cette approche permet de convertir un déchet en ressource stratégique, tout en limitant le recours aux nappes phréatiques et aux réseaux d’eau potable, particulièrement sollicités dans certaines régions. Une fois pleinement opérationnel, le projet devrait permettre de réutiliser plus de 314 millions de litres d’eau potable par an. Ce volume correspond à la consommation annuelle d’environ 760 foyers américains — une économie significative à l’échelle locale.

Au-delà de la performance environnementale, cette solution répond également à des enjeux de continuité opérationnelle. En sécurisant l’approvisionnement en eau via des sources alternatives, elle renforce la résilience des data centers face aux risques de stress hydrique ou de restrictions d’usage.

Un modèle réplicable à l’échelle mondiale

L’un des atouts majeurs du dispositif réside dans sa conception modulaire. Les systèmes conteneurisés de Veolia peuvent être déployés rapidement et adaptés aux spécificités locales, ce qui ouvre la voie à une duplication de la solution sur d’autres sites d’Amazon dans le monde.

Cette logique d’industrialisation s’inscrit dans la nouvelle offre « Data Center Resource 360 » développée par Veolia. Celle-ci vise à optimiser l’ensemble des flux de ressources — eau, énergie, déchets — au sein des data centers, en s’appuyant sur des technologies avancées et des outils de pilotage numérique.

Pour Amazon, cette initiative constitue un levier concret pour atteindre son objectif d’empreinte eau positive dans l’ensemble de ses opérations directes de data centers d’ici 2030. Cela implique non seulement de réduire ses prélèvements, mais aussi de contribuer activement à la restauration des ressources en eau dans les territoires où l’entreprise est implantée. 


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com