Automobile: une transition vers l'électrique non sans douleur pour l'emploi

Des syndicalistes de la CGT tiennent une banderole pour protester contre la fermeture de l'usine du Groupe PSA à Douvrin, dans le nord de la France, le 30 mai 2023, le jour de l'inauguration de l'usine Automotive Cells Company (ACC), une coentreprise de Stellantis, TotalEnergies et Mercedes. (AFP)
Des syndicalistes de la CGT tiennent une banderole pour protester contre la fermeture de l'usine du Groupe PSA à Douvrin, dans le nord de la France, le 30 mai 2023, le jour de l'inauguration de l'usine Automotive Cells Company (ACC), une coentreprise de Stellantis, TotalEnergies et Mercedes. (AFP)
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Publié le Jeudi 01 août 2024

Automobile: une transition vers l'électrique non sans douleur pour l'emploi

  • Côté pile, des usines de batteries électriques s'activent pour pourvoir des milliers de postes, côté face des dizaines de milliers d'autres sont en sursis dans l'industrie automobile thermique
  • Même dans les Hauts-de-France, terre d'élection des "gigafactories", mais aussi première région de production automobile de France, où l'industrie de la voiture thermique compte de nombreux constructeurs et équipementiers, la transition suscite des inquié

PARIS: Côté pile, des usines de batteries électriques s'activent pour pourvoir des milliers de postes, côté face des dizaines de milliers d'autres sont en sursis dans l'industrie automobile thermique: en France, la transition vers la voiture électrique est source d'inquiétude pour l'emploi.

En 2035, il sera interdit de vendre des voitures neuves à essence ou diesel dans l'Union européenne, un couperet entraînant la mutation à marche forcée d'une industrie employant environ 200.000 personnes en France et un défi pour des entreprises soumises à une course à la productivité effrénée.

"La transition (vers l'électrique), on aurait pu la faire, quand Walor nous a rachetés (en 2018) mais ils n'ont pas investi", déplore Séverine Person, salarié de cet équipementier à Vouziers (Ardennes).

Comme ses collègues assis sur des chaises fatiguées devant l'usine, cette quinquagénaire chargée du contrôle qualité se dit résignée à une fermeture prochaine, face à des carnets de commandes qui s'amenuisent.

Walor a été racheté en octobre dernier par le fonds allemand Mutares, qui veut désormais céder les deux sites des Ardennes. Celui de Vouziers, vieillissant, fabrique des bielles de tracteurs et camions, non concernés par le passage à l'électrique, mais aussi des collecteurs et des boîtiers de différentiel pour voitures thermiques, hybrides ou électriques.

"Autrefois, il y avait Citroën qui distribuait du travail à tout le monde dans les Ardennes. On n'allait pas chercher les produits au bout du monde", soupire le délégué CFDT, Bruno Bodson.

Loin du dynamisme du bassin d'emploi de l'"Electric Valley" du Nord-Pas-de-Calais, où fleurissent les méga-usines qui fourniront les batteries des voitures électriques, ces ouvriers des Ardennes peinent à se voir un avenir dans l'industrie.

Même dans les Hauts-de-France, terre d'élection des "gigafactories", mais aussi première région de production automobile de France, où l'industrie de la voiture thermique compte de nombreux constructeurs et équipementiers, la transition suscite des inquiétudes.

A Douvrin, la méga-usine d'ACC, coentreprise de Stellantis, TotalEnergies et Mercedes, a été installée sur un site historique de production de moteurs thermiques de Stellantis.

Ce choix correspond à un "besoin social" de reconversion des salariés de l'usine — qui est passée de 5.000 salariés dans les années 1980 à 700 personnes en CDI aujourd'hui —, explique-t-on à Stellantis, sans pour autant confirmer un projet de fermeture à court ou moyen terme.

Au sein du "battery training center" d'ACC, des salariés de Stellantis-Douvrin se forment en douze semaines à un tout nouveau métier, la conduite de lignes de production de batteries électriques, très automatisées, dans une atmosphère archi-contrôlée.

- Double effet -

Selon la Plateforme automobile (PFA) qui rassemble les acteurs du secteur, plus de 17.000 emplois devraient être créés à horizon 2026 dans les méga-usines et le recyclage des batteries et les intentions de recrutement dans l'ensemble du secteur automobile sont actuellement élevées.

Mais parallèlement, 65.000 emplois sont menacés d'ici à 2030, d'après la dernière enquête (2021) de l'Observatoire de la Métallurgie.

En cumulant le déclin du diesel, notable depuis 2017, et le passage à l'électrique, la filière moteur risque de perdre en 10–15 ans environ 40.000 emplois, estime l'économiste Bernard Jullien. Un phénomène dont la violence pourrait toutefois être atténuée par la pyramide des âges vieillissante du secteur, note-t-il.

"Ca va être du même ordre que la sidérurgie, et les Hauts-de-France vont être aux premières loges, avec le Grand Est et la Normandie", s'alarme Ludovic Bouvier, responsable régional de la CGT métallurgie.

Dans un contexte de compétition acharnée sur les coûts, "l'annonce de l'Europe sur la fin du thermique est devenue une opportunité pour les constructeurs de délocaliser les productions", accuse-t-il. S'il vise avant tout Stellantis, le choix du "tout électrique" fait par Renault l'inquiète aussi, alors que les ventes de voitures électriques peinent à décoller.

Une étude (FNH-Iddri) parue en mai pousse pourtant à l'optimisme. Elle conclut que le passage à l'électrique, en faisant baisser la part du travail humain et augmenter le coût de l'énergie dans le prix du véhicule, peut rendre de nouveau avantageuse la production en Europe de petites voitures, comme la R5 de Renault, produite dans le Nord.

Mais pour M. Jullien, le risque est celui d'un "double effet +Kiss Cool+, l'électrification et la poursuite des délocalisations", qui pourrait ramener l'emploi automobile en France autour de 100.000, "voire en deçà".


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB. 


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

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  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada