Le corps d'un dirigeant du Hezbollah retrouvé dans les décombres après une frappe aérienne

Cette photo montre les conséquences d'une frappe militaire israélienne sur un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth, le 31 juillet 2024. (AFP)
Cette photo montre les conséquences d'une frappe militaire israélienne sur un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth, le 31 juillet 2024. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 01 août 2024

Le corps d'un dirigeant du Hezbollah retrouvé dans les décombres après une frappe aérienne

  • Le Liban exhorte la communauté internationale à agir pour éviter une nouvelle escalade

BEYROUTH : Les équipes de la défense civile du Hezbollah ont retrouvé mercredi le corps du commandant Fouad Shukr, tué par une frappe de drone israélienne la nuit précédente dans la banlieue sud de Beyrouth.
Le groupe militant avait confirmé la présence de Shukr dans le bâtiment visé plus tôt dans la journée, après un black-out qui a duré toute la nuit de mardi à mercredi.

Des rapports contradictoires ont été publiés sur le sort de l'éminent dirigeant du Hezbollah. Les informations de sécurité échangées sur le site de l'attaque suggèrent que Shukr était la cible principale de la frappe aérienne.

Les communications diplomatiques avec le Liban se sont intensifiées à la suite de la mort de M. Shukr. Les observateurs politiques ont établi un lien entre l'ampleur de la réaction à l'attaque et l'assassinat d'Ismail Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas, à Téhéran tôt dans la journée de mercredi.

Les équipes de secours et de défense civile ont continué à retirer les débris des étages supérieurs de l'immeuble résidentiel de Beyrouth, qui s'est partiellement effondré après avoir été frappé par trois missiles tirés par le drone de combat israélien.

Les journalistes et les photographes n'ont pas été autorisés à s'approcher du site, qui a été bouclé par des membres du Hezbollah. Les débris ont été enlevés des rues environnantes et les routes ont été rouvertes.

Au moins quatre autres personnes auraient trouvé la mort dans l'attentat : Wasila Baydoun, de la ville de Chehabiyeh, dans le sud du pays, et Hanan Hakim et ses deux enfants, Sarah, 6 ans, et Hassan Fadlallah, 10 ans, de la ville d'Aainata, dans le sud du pays.

La plupart des personnes blessées dans l'explosion sont sorties de l'hôpital après avoir reçu des soins, quelques-unes restant sous surveillance médicale.

Dans son communiqué du matin, le Hezbollah a déclaré que "les équipes de la défense civile ont travaillé avec diligence pour enlever les débris depuis l'incident, mais les progrès sont lents en raison de l'état des planchers détruits. Nous attendons toujours le résultat de cette opération concernant le sort de l'estimé dirigeant et des autres citoyens présents à cet endroit, afin que les mesures nécessaires puissent être prises."

L'attaque israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth a été largement condamnée par les hommes politiques et les partis libanais, qui ont demandé "une action internationale, régionale et onusienne urgente pour arrêter la machine à tuer israélienne".

Une délégation ministérielle s'est rendue sur le site après une session extraordinaire du cabinet présidée par Najib Mikati, le premier ministre intérimaire, qui a fermement condamné l'attaque, avertissant que "la situation s'aggravera si l'ennemi poursuit son insouciance et sa folie meurtrière et criminelle, et si les pays concernés et la communauté internationale n'interviennent pas rapidement pour mettre un terme à cette dangereuse escalade".

M. Mikati a également condamné l'assassinat de M. Haniyeh, le qualifiant de "menace sérieuse qui pourrait élargir le cercle des préoccupations mondiales dans la région".

Ziad Makary, le ministre de l'information intérimaire, a déclaré que le cabinet libanais "reste en session ouverte pour suivre les développements".

Il a ajouté que le bureau du premier ministre déployait "des efforts diplomatiques vigoureux visant à promouvoir la paix de manière transparente et sans équivoque".

Makary a ajouté : "Il est naturel que chacun craigne l'éventualité d'une guerre".

Par ailleurs, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, et le commandant de la FINUL, le général Aroldo Lazaro, ont discuté avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le ministre des affaires étrangères, Abdullah Bou Habib, des "moyens de contenir l'escalade et d'empêcher l'extension de la guerre".

Pendant ce temps, l'attaque sur la banlieue sud de Beyrouth a suscité l'inquiétude et la confusion parmi les voyageurs à l'aéroport international de Beyrouth-Rafic Hariri.

Les compagnies de voyage et de tourisme ont déclaré que de nombreux voyages prévus au Liban la semaine prochaine avaient été annulés.

Le directeur de l'Association des agents de voyage et de tourisme, Jan Aboud, a déclaré qu'il y a une semaine, le Liban recevait environ 14 000 passagers par jour, avec au moins 85 vols quotidiens. Cependant, hier, le nombre d'arrivées de passagers a chuté à 9 500.


Négociations avec Israël: le chef de la délégation libanaise va se rendre à Washington

Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun (sur la photo) a rencontré vendredi le diplomate Simon Karam, chef de la délégation qui se rendra à Washington la semaine prochaine pour des discussions prévues avec Israël. (Photo d’archives/AFP)
Short Url
  • Le Liban prépare une nouvelle session de négociations de paix avec Israël à Washington, avec comme priorités la consolidation du cessez-le-feu, le retrait israélien et le rétablissement complet de la souveraineté libanaise
  • Malgré les efforts diplomatiques soutenus par Washington, les tensions restent fortes : Israël poursuit ses frappes et le Hezbollah rejette des discussions directes

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a donné vendredi ses directives au chef de la délégation libanaise aux négociations de paix avec Israël prévues la semaine prochaine à Washington, a annoncé la présidence.

Les deux premières sessions de ces discussions destinées à aboutir à un accord de paix s'étaient tenues aux Etats-Unis au niveau des ambassadeurs des deux pays, toujours en état de guerre.

Joseph Aoun a reçu Simon Karam, un diplomate chevronné, et "lui a donné ses directives" avant la réunion prévue le 14 mai, selon un communiqué de la présidence.

M. Karam "va se rendre bientôt à Washington", a indiqué une source officielle à l'AFP.

L'ambassadrice libanaise à Washington, le chargé d'affaires adjoint et "un militaire" feront partie de la délégation, a précisé cette source.

"Le Liban attend de ces négociations trois objectifs essentiels: consolider le cessez-le-feu, obtenir le retrait d'Israël (...) et étendre l'entière souveraineté de l'Etat sur le territoire national", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raggi, vendredi dans un communiqué.

La première réunion entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, s'était tenue le 14 avril à Washington. Il s'agissait de la première rencontre de ce type depuis 1993.

Le président américain Donald Trump avait annoncé, à l'issue de la seconde réunion organisée à la Maison Blanche, une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril entre les deux pays.

Il avait alors dit s'attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent "dans les semaines à venir".

Mais le président Aoun a affirmé lundi qu'un accord de sécurité et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait dit mardi qu'il n'y avait "aucun problème entre les gouvernements libanais et israélien", affirmant que le Hezbollah constituait la pierre d'achoppement.

"Je pense qu'un accord de paix entre Israël et le Liban est rapidement accessible", a ajouté le secrétaire d'Etat américain.

Le mouvement Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, est opposé à ces pourparlers et s'est prononcé pour des négociations indirectes.

Malgré la trêve, Israël poursuit ses frappes qui ont fait plus de 2.700 morts depuis le 2 mars, tandis que le Hezbollah revendique également des attaques contre Israël.


Liban: frappes israéliennes sur plusieurs localités du sud malgré la trêve

L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Short Url
  • La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP
  • Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

NABATIYE: L'aviation israélienne vise jeudi plusieurs localités du sud du Liban, selon un média d'Etat et des correspondants de l'AFP, au lendemain d'une frappe sur la banlieue sud qui a tué un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien.

La ville de Nabatiyé a été particulièrement touchée, avec des frappes sur le centre commercial et des immeubles résidentiels, selon un correspondant de l'AFP.

Les frappes israéliennes, qui se poursuivent malgré une trêve entrée en vigueur le 17 avril, ont également visé plusieurs autres régions du sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a ordonné jeudi aux habitants de trois villages du sud, situés loin de la frontière, d'évacuer.

Sur la route menant du village de Toul à Nabatiyé, une ambulance de Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, a été visée, et deux secouristes blessés, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'organisation, Mahmoud Karaki.

Mercredi, 11 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé.

D'autre part, quatre soldats israéliens ont été blessés dans le sud, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

Le Hezbollah revendique des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays, malgré la trêve.

Mercredi soir, une frappe avait visé pour la première fois depuis près d'un mois la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

Le porte-parole de l'armée israélienne en arabe a affirmé jeudi que le chef de l'unité d'élite du Hezbollah, la force al-Radwan, "Ahmad Ghaleb Ballout", avait été tué dans cette frappe.

Une source proche du Hezbollah avait indiqué à l'AFP que Ballout, chef des opérations de la force al-Radwan selon elle, avait été tué. La formation pro-iranienne n'a pas confirmé.

Jeudi matin, les secouristes continuaient de rechercher des victimes dans les décombres de l'immeuble visé dans la banlieue sud, selon un photographe de l'AFP.

Les étages supérieurs de l'immeuble ont été soufflés.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.


Les Emirats arabes unis activent leur défense aérienne contre des missiles et drones venus d'Iran

La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran. (AP)
La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran. (AP)
Short Url
  • "Les défenses aériennes des Emirats arabes unis sont en train d'engager le combat contre des attaques de missiles et de drones en provenance d'Iran", a écrit le ministère émirati dans un communiqué sur X
  • "Le ministère de la Défense confirme que les bruits entendus dans diverses parties du pays sont dus à l'interception par les systèmes de défense aérienne des Emirats arabes unis de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones"

DUBAI: La défense aérienne des Emirats arabes unis est en action vendredi matin face à des drones et missiles tirés depuis l'Iran, a annoncé son ministère de la Défense, alors qu'une trêve est officiellement en vigueur depuis le 8 avril entre Etats-Unis et Iran.

"Les défenses aériennes des Emirats arabes unis sont en train d'engager le combat contre des attaques de missiles et de drones en provenance d'Iran", a écrit le ministère émirati dans un communiqué sur X.

"Le ministère de la Défense confirme que les bruits entendus dans diverses parties du pays sont dus à l'interception par les systèmes de défense aérienne des Emirats arabes unis de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones", a ajouté la même source.