Kamala Harris, l'espoir retrouvé des jeunes démocrates

La vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à l'élection présidentielle de 2024, Kamala Harris, s'adresse aux journalistes avant de quitter l'aéroport intercontinental George Bush de Houston, au Texas, le 1er août 2024, alors qu'elle retourne à Washington, DC. (AFP)
La vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à l'élection présidentielle de 2024, Kamala Harris, s'adresse aux journalistes avant de quitter l'aéroport intercontinental George Bush de Houston, au Texas, le 1er août 2024, alors qu'elle retourne à Washington, DC. (AFP)
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Publié le Samedi 03 août 2024

Kamala Harris, l'espoir retrouvé des jeunes démocrates

  • L'entrée de Kamala Harris dans la course à la Maison Blanche a provoqué un enthousiasme notable auprès des jeunes démocrates
  • Kamala Harris, candidate depuis à peine deux semaines, suscite "un niveau d'enthousiasme qui n'était juste pas là pour Joe Biden"

WASHINGTON: L'entrée de Kamala Harris dans la course à la Maison Blanche a provoqué un enthousiasme notable auprès des jeunes démocrates, dont la participation à l'élection sera cruciale pour une victoire du parti face à Donald Trump en novembre.

Quand Joe Biden a annoncé, par deux simples messages sur X, renoncer le 21 juillet à briguer un second mandat, soutenant la candidature de sa vice-présidente à la place, Stevie O'Hanlon, 28 ans s'est immédiatement sentie "soulagée".

Des doutes sur l'acuité mentale du dirigeant démocrate, à son retard récurrent dans les sondages face à Donald Trump, "de nombreux jeunes éprouvaient un vrai sentiment de crainte" à l'idée que le président reste dans la course, confie cette jeune militante climatique.

Kamala Harris, candidate depuis à peine deux semaines, suscite "un niveau d'enthousiasme qui n'était juste pas là pour Joe Biden", assure-t-elle à l'AFP.

- Quavo, Megan Thee Stallion -

"Cette énergie est palpable sur le terrain", abonde Ethan Nichols, 22 ans, depuis Cincinnati, dans l'Ohio.

"Je vois des amis à moi, qui ne sont pas engagés politiquement, republier des mèmes sur Kamala Harris, et qui ont l'air tellement heureux d'avoir enfin une campagne qui les inspire", souligne cet étudiant démocrate, très impliqué en politique.

La candidate de 59 ans qui veut capitaliser sur cet enthousiasme joue de son écart d'âge avec Donald Trump, de vingt ans son aîné, depuis son entrée dans la course.

Son équipe de campagne mitraille les réseaux sociaux, et en premier lieu TikTok, de vidéos de Kamala Harris entourée de stars du rap, comme Quavo ou Megan Thee Stallion. Des séquences qui cumulent plusieurs millions de vues.

L'ancienne sénatrice de Californie a aussi fait une apparition la semaine dernière dans un épisode de l'émission de téléréalité "RuPaul's Drag Race" et a prononcé un discours virtuel devant un groupe de jeunes électeurs démocrates.

"Lors de cette élection, nous comptons sur vous pour dynamiser, organiser (la campagne) et mobiliser", a-t-elle lancé à leur encontre.

- 40 millions de voix -

S'assurer que cet électorat est bien mobilisé, voilà justement tout l'enjeu pour les démocrates.

Car si les jeunes Américains préfèrent traditionnellement les démocrates aux républicains, et qu'ils sont nombreux à résider dans des Etats clés, il est aussi vrai qu'ils votent peu. A une exception notable: lors de la présidentielle de 2020, les jeunes démocrates se sont mobilisés en nombre contre Donald Trump.

Cette année, 40 millions de personnes âgées de 18 à 27 ans sont appelées à voter, un réservoir de voix potentiellement énorme, dans un scrutin qui s'annonce extrêmement serré.

Au-delà d'une forte présence sur les réseaux sociaux, Kamala Harris doit, pour cimenter son soutien auprès des jeunes, trouver une manière "de se différencier de Biden" en matière de programme, assure Ruby Belle Booth, chercheuse à la Tufts University.

"Elle doit montrer qu'elle défendra les causes qui tiennent à coeur aux jeunes", l'économie d'abord, mais aussi la protection du droit à l'avortement, la lutte contre les armes à feu et la sauvegarde de la planète, note la politologue.

Son grand oral, prévu jeudi 22 août en clôture de la convention des démocrates sera l'occasion pour la candidate de dérouler son programme et détailler ses priorités électorales.

Donald Trump, déjà couronné comme le candidat des républicains lors de la grand-messe de son parti, mi-juillet à Milwaukee, avait placé l'état de santé de Joe Biden au coeur de sa stratégie électorale.

Contraint de revoir sa copie après le retrait du président démocrate, il a essayé, lors d'une interview à Fox News cette semaine, de minimiser leur différence d'âge.

"Je pensais qu'elle était plus jeune", a ironisé l'ancien président.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
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  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.