Irak: les fermiers innovent pour sauver la production de riz

Frappé par la pénurie d'eau, les vagues de chaleur et le tarissement des rivières, l'Irak, qui se remet encore d'années de guerre et de chaos, est classé par l'ONU parmi les cinq pays les plus vulnérables au changement climatique au monde. (AFP)
Frappé par la pénurie d'eau, les vagues de chaleur et le tarissement des rivières, l'Irak, qui se remet encore d'années de guerre et de chaos, est classé par l'ONU parmi les cinq pays les plus vulnérables au changement climatique au monde. (AFP)
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Publié le Mardi 06 août 2024

Irak: les fermiers innovent pour sauver la production de riz

  • Quatre années consécutives de sécheresse et de baisse des précipitations ont nui à sa production de riz, qui constitue avec le pain un aliment de base en Irak
  • Frappé par la pénurie d'eau, les vagues de chaleur et le tarissement des rivières, l'Irak, qui se remet encore d'années de guerre et de chaos, est classé par l'ONU parmi les cinq pays les plus vulnérables au changement climatique au monde

NAJAF: Il a vu ses rizières, autrefois luxuriantes, se réduire ces dernières années sous l'effet d'une sécheresse persistante. Pour l'agriculteur irakien Muntazer al-Joufi, le moment est venu de réagir, en recourant à des semences plus résistantes avec des techniques d'irrigation économes en eau.

"C'est la première fois que nous utilisons des techniques modernes qui consomment moins d'eau" pour cultiver le riz, indique M. Joufi, en inspectant ses terres à Najaf, dans le centre de l'Irak.

"Il y a une énorme différence" par rapport à l'inondation du champ, souligne ce quadragénaire, en référence à la méthode traditionnelle de culture du riz, consistant à laisser la terre submergée tout l'été.

Quatre années consécutives de sécheresse et de baisse des précipitations ont nui à sa production de riz, qui constitue avec le pain un aliment de base en Irak.

Frappé par la pénurie d'eau, les vagues de chaleur et le tarissement des rivières, l'Irak, qui se remet encore d'années de guerre et de chaos, est classé par l'ONU parmi les cinq pays les plus vulnérables au changement climatique au monde.

M. Joufi fait partie des fermiers qui reçoivent le soutien du ministère de l'Agriculture pour sauver la production locale.

« Chaque parcelle de terre »

Les méthodes innovantes consistent à associer des semences de riz résistantes à des systèmes d'irrigation modernes.

Sous le soleil brûlant et par une température frôlant les 50 degrés Celsius, M. Joufi marche dans son champ boueux d'un hectare, s'arrêtant pour relancer des arroseurs défectueux.

Maintenant, se réjouit-il, il suffit "d'une seule personne pour ouvrir les arroseurs et l'eau atteint chaque parcelle de terre".

Selon des experts, l'utilisation d'arroseurs et l'irrigation au goutte-à-goutte permettent de réduire de 70% la quantité d'eau requise pour la pratique traditionnelle.

A l'échelle du pays, celle-ci nécessite généralement entre 10 et 12 milliards de mètres cubes d'eau au cours d'une période de culture d'environ cinq mois.

D'après le ministère de l'Agriculture irakien, la superficie des rizières a diminué au cours des dernières années de sécheresse, passant de plus de 30.000 hectares à 5.000 en 2023.

Les efforts pour relancer la production portent aussi sur l'utilisation de nouveaux types de semences, qui résistent à la sécheresse et consomment moins d'eau, explique l'expert agricole, Abdel Kazem Jawad Moussa. Cinq types différents sont testés, dans l'espoir de trouver la meilleure combinaison.

Evaluation à venir 

L'an dernier, un génotype dérivé du très prisé riz ambré irakien et des semences de riz au jasmin d'Asie du Sud ont donné de bons résultats lorsqu'ils étaient cultivés avec de petits arroseurs. Les experts les ont proposés à des agriculteurs comme M. Joufi.

"A la fin de la saison, nous ferons des recommandations", précise M. Moussa.

Outre la sécheresse, les autorités accusent les barrages en amont construits par les voisins de l'Irak, Iran et Turquie, d'avoir considérablement réduit le niveau des eaux du Tigre et de l'Euphrate, qui irriguent le pays depuis des millénaires.

La pénurie d'eau a contraint de nombreux agriculteurs à abandonner leurs terrains et les autorités ont drastiquement réduit l'activité agricole pour assurer un approvisionnement suffisant en eau potable aux 43 millions d'Irakiens.

En 2022, les autorités ont ainsi limité les superficies rizicoles à 1.000 hectares à Najaf et dans la province méridionale de Diwaniyah, des régions de culture du riz ambré.

Récemment, les agriculteurs de Diwaniyah ont exhorté le gouvernement à les autoriser à reprendre leurs cultures après deux ans d'interruption. Mais malgré les pluies abondantes de cet hiver, les autorités n'ont permis la culture du riz que sur 30% de leurs terres.

"La dernière bonne année a été 2020", se souvient dans son champ de Diwaniyah le fermier Fayez al-Yassiri.

Son cousin Bassem Yassiri n'est guère optimiste. "Les pénuries d'eau ont mis fin à l'agriculture dans cette région", se désole-t-il.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.