L'ambassadeur de France fait ses adieux à l'Arabie saoudite

Illustration par Luis Grañena
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Publié le Samedi 10 août 2024

L'ambassadeur de France fait ses adieux à l'Arabie saoudite

  • Au cours de sa carrière, Ludovic Pouille a joué un rôle important dans l'élaboration de la politique étrangère de son pays
  • Il a été nommé ambassadeur du Royaume en 2020 après un mandat diplomatique aux Émirats arabes unis

RIYAD : L'ambassadeur de France en Arabie saoudite a fait ses adieux au Royaume une fois que son mandat diplomatique a pris fin.

Ludovic Pouille a occupé divers postes dans le service diplomatique et sa carrière l'a amené à jouer un rôle important dans l'élaboration de la politique étrangère de la France.

Sa carrière, qui a commencé au ministère des Affaires étrangères en 1997, l'a mené à New York, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans le Golfe.

Nommé ambassadeur de France en Arabie saoudite en 2020 après son mandat diplomatique aux Émirats arabes unis à partir de 2017, M. Pouille a été témoin de l'essor des relations franco-saoudiennes, y compris des visites ministérielles et parlementaires, ainsi que de la visite du président Emmanuel Macron en décembre 2021.

Posant les jalons d'un dialogue continu et d'une coopération renforcée, la visite de Macron a été suivie par celle de Mohammed ben Salmane en France en juillet 2022 et en juin 2023, au cours de laquelle le prince héritier a conduit la délégation saoudienne au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial à Paris.

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Le président français Emmanuel Macron et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au Palais Brongniart pour le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial à Paris, le 22 juin 2023. (AFP)

Selon M. Pouille, en 2023, le commerce bilatéral a atteint 9,5 milliards d'euros (10,2 milliards de dollars), soit une augmentation de 18 % par rapport à 2016, année du lancement de l’initiative saoudienne Vision 2030.

Les exportations françaises vers l'Arabie saoudite ont poursuivi leur augmentation depuis 2019, atteignant 4,2 milliards d'euros en 2023.

La reconnaissance de l'expertise française a permis de doubler les exportations dans le secteur aéronautique français en 2023 par rapport à 2021.

Les investissements directs français en Arabie saoudite sont estimés à près de 5 milliards de dollars. Ils sont concentrés dans les secteurs de l'énergie et de l'industrie, avec l'implication de géants français comme EDF, Engie et TotalEnergies.

Au cours de son mandat à Riyad, M. Pouille a mis l'expertise française au premier plan des projets phares du Royaume en réunissant des professionnels français et des parties prenantes saoudiennes pour explorer le potentiel de partenariats stratégiques conformément à la Vision 2030.

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Ludovic Pouille lors d'un symposium pour explorer le potentiel des partenariats stratégiques organisé par l'AFEX et Business France. (Arab News)

Pour Ludovic Pouille, la Vision 2030 fait de Riyad l'une des villes les plus attrayantes à la fois sur la carte du monde et en termes de mégaprojets. Il affirme : « Personne ne le fait mieux que l'Arabie saoudite. Personne ne le fait mieux que les entreprises saoudiennes. »

Le lancement de l'édition française d'Arab News a coïncidé avec sa nomination à Riyad, au cours de laquelle il s'est imprégné de la culture saoudienne.


Emirats: deux morts et trois blessés à Abou Dhabi après l'interception d'un missile 

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi
  • "L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X

ABOU DHABI: Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.

"L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.

 

 


Expulsion de l'ambassadeur d'Iran: le Hezbollah boycotte une réunion du gouvernement 

Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
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  • Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer
  • Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!"

BEYROUTH: Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth.

Le Hezbollah et son allié chiite, le mouvement Amal, ont fustigé la décision inédite des autorités sommant l'ambassadeur de partir d'ici dimanche, et lui ont demandé de demeurer dans le pays.

En signe de mécontentement, les deux ministres représentant le Hezbollah et les deux autres représentant Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri, ont décidé de ne pas se rendre à la réunion du gouvernement, a indiqué à l'AFP un responsable libanais sous couvert d'anonymat.

Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer.

Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!", selon une équipe de l'AFP.

"Nous sommes contre cette décision du gouvernement, qui ne passera pas", dit à l'AFP Elham al-Mokdad, une des protestataires, devant le bâtiment situé à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah bombardé par Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a pris la décision d'expulser l'ambassadeur pour "ingérence" dans les affaires intérieures libanaises.

"Nous réclamons que l'ambassadeur américain soit expulsé, ainsi que le ministre des Affaires étrangères", affirme une autre manifestante, Farida Noureddine, 43 ans.

La décision d'expulser l'émissaire iranien intervient dans le cadre des pressions des autorités libanaises sur le Hezbollah et son parrain iranien.

Elles ont interdit les activités militaires du Hezbollah, seul groupe non-étatique armé, ainsi que la présence et l'action des Gardiens de la Révolution iraniens qui, selon le Premier ministre Nawaf Salam, dirigent les opérations du groupe contre Israël.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, après une attaque du Hezbollah contre Israël en solidarité avec l'Iran. L'armée israélienne mène depuis une campagne de frappes aériennes qui a fait plus de 1.000 morts et un million de déplacés.


Le Conseil du Golfe veut participer à toutes les discussions sur la guerre avec l’Iran

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
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  • Le chef du CCG a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe
  • Le Conseil du Golfe a indiqué que ses membres souhaitent être impliqués dans toute discussion sur la guerre avec l’Iran

DUBAÏ : Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi, a accusé jeudi l’Iran d’alimenter l’escalade régionale et a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe, tout en exhortant à inclure les États du Golfe dans tout effort diplomatique visant à résoudre la crise.

Dans une série de déclarations, Jasem Mohamed Al-Budaiwi a affirmé que l’Iran était responsable de la récente escalade et a averti que ses actions constituaient une menace directe pour la stabilité régionale.

Il a indiqué que des attaques iraniennes avaient visé des raffineries de pétrole en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït, qualifiant ces frappes de « systématiques » et dirigées contre des installations énergétiques critiques.

« Nous insistons sur la nécessité d’impliquer les pays du CCG dans toute discussion ou accord visant à résoudre cette crise, de manière à renforcer leur sécurité et leur stabilité », a déclaré Al-Budaiwi dans une allocution télévisée, ajoutant que si les États du Golfe ont le droit de se défendre, ils privilégient la voie diplomatique.

« La communauté internationale doit adresser un message unifié à l’Iran pour qu’il mette fin à ses attaques », a-t-il ajouté, appelant à une pression mondiale coordonnée pour éviter une nouvelle escalade.

Le secrétaire général a également rejeté toute tentative de redessiner la carte de la région après le conflit, mettant en garde contre toute modification des frontières géopolitiques une fois la crise terminée.

Al-Budaiwi a en outre accusé l’Iran d’exiger des paiements de la part des navires transitant par le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite une part importante du pétrole mondial.

Le chef du CCG est le premier haut responsable régional à formuler publiquement une telle accusation.

Al-Budaiwi, qui dirige le bloc composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, a fait ces déclarations lors d’une conférence de presse à Riyad. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com