En France, la prochaine rentrée politique sera celle de tous les dangers

Selon les médias Français, Emmanuel Macron serait même prêt à nommer une figure qui n’appartient pas à son camp pour prendre la tête du gouvernement. (AFP)
Selon les médias Français, Emmanuel Macron serait même prêt à nommer une figure qui n’appartient pas à son camp pour prendre la tête du gouvernement. (AFP)
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Publié le Vendredi 09 août 2024

En France, la prochaine rentrée politique sera celle de tous les dangers

  • Les responsables politiques de tout bord vont devoir redescendre sur terre et regarder la réalité en face, une réalité bien compliquée
  • On sait que depuis le second tour des législatives anticipées, la France est sans gouvernement, et c’est un gouvernement démissionnaire présidé par Gabriel Attal qui est chargé de gérer les affaires courantes

PARIS: Le dimanche 11 août marque la fin des jeux olympiques de Paris, et la fin de la trêve politique en France.

A l’issue de cette trêve décrétée par le président Emmanuel Macron et tacitement acceptée par la classe politique française, la réalité devrait sans nul doute reprendre le dessus.

L’ambiance de fête qui a imprégné Paris tout au long de ces jeux, et la joie qui a accompagné les multiples médailles récoltées par les athlètes français vont s'émousser.

Les responsables politiques de tout bord vont devoir redescendre sur terre et regarder la réalité en face, une réalité bien compliquée et un rapport de force chaotique, qui a émergé des élections législatives anticipées du 10 juin précédent.

On sait que depuis le second tour des législatives anticipées, la France est sans gouvernement, et c’est un gouvernement démissionnaire présidé par Gabriel Attal qui est chargé de gérer les affaires courantes du pays.

Cette option a été imposé par le président de la République après son refus de confier la charge du nouveau gouvernement au « Nouveau Front Populaire » (NFP), une coalition des partis de gauche arrivée en tête à l’issue des élections, mais dépourvu de majorité absolu.

Les tractations menées au sein de ce Front, comprenant « La France Insoumise » parti d’extrême gauche, le parti Socialiste, le parti Communiste et les Écologistes, ont confirmé la fragilité du NFP.

Malgré l’intensité de ces tractations, ce dernier a toutefois su montrer son incapacité à élaborer un programme commun ou à s’entendre sur le nom du futur Premier ministre, sous le poids de ses dissensions internes. 

Il n’en fallait pas plus pour que Macron - dont la formation « Ensemble La République » est arrivée en deuxième place aux élections -  s’empare de la situation et remette sur le tapis sa proposition d’un gouvernement de coalition ouvert à tous, à l’exception de l’extrême gauche et l’extrême droite représentée par le « Rassemblement National ».

Pour le NFP, il s’agissait de continuer de mettre la pression sur le président de la République dans le but de lui faire admettre que le NFP qui compte le plus grand nombre de sièges parlementaires doit légitimement prendre la tête du nouveau gouvernement.

- Arlette Khouri

Qu’en est- il aujourd’hui, alors que les Jeux Olympiques touchent à leur fin ? La situation n’a guère évolué ou presque.

A défaut d’un programme commun, le NFP est parvenu à s’entendre sur le nom d’une nouvelle première ministre en la personne de la haute fonctionnaire Lucie Castets.

Forte de cette désignation, Castets s’est affranchie de la trêve olympique pour sillonner vaillamment les régions françaises et se faire connaître du grand public, en dépit du fait que Macron a balayé du revers de la main sa candidature durant une interview télévisée, le 23 juillet dernier.

Pour le NFP, il s’agissait de continuer de mettre la pression sur le président de la République dans le but de lui faire admettre que le NFP qui compte le plus grand nombre de sièges parlementaires doit légitimement prendre la tête du nouveau gouvernement.

Cette pression aurait pu gagner en efficacité si les forces de gauche avaient mis à profit la trêve pour consolider leur alliance et se montrer sous un visage unifié et homogène.

Ceci est loin d’être le cas selon les médias français qui indiquent, par exemple, que les quatre composantes du NFP tiendront chacune de son côté la traditionnelle université d’été.

Ce genre d’information met en lumière la difficulté de ces forces à travailler ensemble, et par conséquent à gouverner le pays.

Le « Rassemblement National » arrivé en troisième place aux législatives, se penche toujours sur les raisons qui ont fait que la présidence du gouvernement, qui lui semblait acquise après le premier tour du scrutin, lui a en fin de compte échappé.

Ce qui implique un questionnement sur les défaillances de la stratégie électorale, qui ont causé une régression du Rassemblement au second tour.

Macron ragaillardi par les JO

D’autre part, ragaillardis par le succès des Jeux Olympiques, Macron a vu sa popularité et celle de son Premier ministre désormais président du bloc parlementaire d’Ensemble La République, augmentée de deux points pour s’établir à 27 pour cent et 33 pour cent.

Ce n’est pas une avancée énorme, mais une avancée qui lui permet de camper sur son idée de gouvernement de coalition et de continuer à exclure la désignation de Castets pour former le gouvernement.

Macron juge qu’un tel gouvernement est le seul moyen pour « garantir la plus grande stabilité institutionnelle possible » selon la lettre qu’il avait adressée aux Français par le biais de la presse régionale.

Concrètement cela signifie qu’il va chercher à tisser des compromis en premier lieu avec Les Républicains, (droite républicaine) forte de 47 sièges parlementaires, et tenter de débaucher une figure ou plus de la gauche, pour donner corps à sa proposition de coalition élargie.

Selon les médias Français, il serait même prêt à nommer une figure qui n’appartient pas à son camp pour prendre la tête du gouvernement, et plusieurs noms sont cités tels que l’ancien ministre et conseiller régional des hauts de seine Xavier Bertrand ou l’ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier.

Mais quelque soit l’ingéniosité qu’il va déployer pour le choix de cette équipe gouvernementale, cette dernière devra faire face non pas à un bloc d’opposition mais à deux blocs, celui du Rassemblement National et celui du NFP.

Dans ce cas de figure, il semble clair, que la prochaine rentrée politique sera celle de tous les dangers.
 


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.