Quelles seraient les répercussions d'une guerre totale entre le Hezbollah et Israël dans un Liban en crise ?

Israël a pris pour cible le sud du Liban en représailles aux attaques transfrontalières du Hezbollah. (AFP)
Israël a pris pour cible le sud du Liban en représailles aux attaques transfrontalières du Hezbollah. (AFP)
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Publié le Mercredi 14 août 2024

Quelles seraient les répercussions d'une guerre totale entre le Hezbollah et Israël dans un Liban en crise ?

  • Les préoccupations se sont considérablement accrues à la suite des appels lancés par des ambassades et des gouvernements arabes et occidentaux pour que leurs ressortissants quittent immédiatement le Liban
  • L'ambassade des États-Unis à Beyrouth a déclaré, vendredi, qu'elle « encourageait ceux qui souhaitent quitter le Liban à réserver le premier billet disponible »

BEYROUTH : Alors que le Liban fait face à la possibilité croissante d'une guerre totale entre le Hezbollah et Israël, il est également confronté à une véritable tempête de crises, allant de l'économie à la diplomatie.

Le groupe chiite libanais, soutenu par l'Iran, a échangé des coups de feu quasi quotidiens avec l'armée israélienne pour soutenir son allié, le Hamas, depuis que l'attaque du 7 octobre dernier, menée par le groupe militant palestinien contre Israël, a déclenché un assaut militaire sur la bande de Gaza.

Ces derniers jours, les préoccupations se sont considérablement accrues à la suite des appels lancés par des ambassades et des gouvernements arabes et occidentaux pour que leurs ressortissants quittent immédiatement le Liban. Le ministère allemand des Affaires étrangères s'est dit particulièrement inquiet au sujet du « faux sentiment de sécurité » des citoyens et a mis en garde contre les graves conséquences d'une escalade de la confrontation susceptible de dégénérer en une guerre à grande échelle.

L'ambassade des États-Unis à Beyrouth a déclaré, vendredi, qu'elle « encourageait ceux qui souhaitent quitter le Liban à réserver le premier billet disponible », tout en exhortant les citoyens américains qui choisissent de ne pas quitter le Liban « à préparer des plans d'urgence et à être prêts à s'abriter sur place pendant une période prolongée ».

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De la fumée s'échappe du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la périphérie du village de Kfar Hamam, dans le sud du Liban, le 9 août 2024. (AFP)

Le risque d'extension du conflit au Moyen-Orient a également conduit d'autres compagnies aériennes, dont Air Algérie et Air India, à suspendre leurs vols vers le Liban. La Grande-Bretagne a conseillé à ses compagnies aériennes « de ne pas pénétrer dans l'espace aérien libanais entre le 8 août et le 4 novembre », évoquant « un risque potentiel pour l'aviation en raison des opérations militaires ».

La crainte d'une escalade à la suite de deux assassinats attribués à Israël à la fin du mois dernier – celui d'Ismaïl Haniyeh à Téhéran et du haut commandant militaire du Hezbollah, Fouad Chokr, à Beyrouth – a poussé des milliers d'expatriés libanais à fuir le pays.

Nombre d'entre eux, qui étaient arrivés quelques semaines auparavant pour passer l'été en famille, ont répondu à l'appel pressant des ambassades étrangères. Ils ont fait leurs valises à la hâte et ont quitté ce pays qui se trouve désormais au bord du gouffre.

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Les flammes ravagent une voiture visée par une frappe israélienne dans la ville méridionale de Sidon, le 9 août 2024. (AFP)

« Bienvenue au Liban. Rien n'a changé. Nous en avons l’habitude », a déclaré l'un des expatriés en partance, reflétant l'attitude résignée de quelqu'un qui connaissait les risques de rester dans le pays et de prendre un vol au départ de Beyrouth.

L'exode des expatriés a porté un coup dévastateur à l'économie libanaise. Le départ des expatriés, qui constituent la principale source de revenus de la nation, est un véritable désastre pour les petites et moyennes entreprises, en particulier dans le secteur du tourisme. Jean Beyrouti, secrétaire général de la Fédération syndicale du tourisme au Liban, a déclaré : « Si nous sacrifions le secteur du tourisme cette année, nous aurons sacrifié le Liban. »

L'économie libanaise, déjà fragile et affaiblie par des années d'instabilité politique, fait aujourd'hui l'objet de menaces encore plus grandes. La Banque mondiale avait prudemment prévu une légère croissance économique de 0,2 % pour 2023, soutenue par les transferts de fonds et le tourisme. Cependant, la situation a radicalement changé.

La monnaie nationale a perdu 95 % de sa valeur depuis l'effondrement de l'économie en 2019 et plus de 80 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté.

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Ces derniers jours, les préoccupations se sont considérablement accrues à la suite des appels lancés par des ambassades et des gouvernements arabes et occidentaux pour que leurs ressortissants quittent immédiatement le Liban. (AFP)

Jassem Ajaka, un économiste libanais, a averti que la guerre de faible intensité au sud du Liban érode l'économie. « Si les attaques se poursuivent, la situation sera plus coûteuse, car les taux d'assurance et les prix en général augmenteront. Par ailleurs, les commerçants du marché noir en profiteront », a-t-il déclaré, en faisant allusion aux opérateurs de l'économie clandestine.

Il estime que les pertes dans l'industrie touristique libanaise pourraient dépasser les 2 milliards de dollars (1 dollar = 0,91 euro), sans compter les perturbations dans les importations et les transactions bancaires. Dans l'éventualité d'une guerre totale impliquant des attaques israéliennes sur les infrastructures fragiles du Liban, les dégâts pourraient être catastrophiques, selon M. Ajaka.

« Les pertes économiques en matière de produit intérieur brut pourraient atteindre 24 à 25 %, les entreprises et les hôpitaux seraient touchés et il pourrait y avoir des pénuries de produits de base tels que le blé et le carburant. »

Depuis octobre dernier, les violences transfrontalières ont tué au moins 565 personnes au Liban, principalement des combattants, mais aussi au moins 116 civils, selon un décompte de l'AFP.

EN CHIFFRES

95 %, tel est le pourcentage de perte de valeur de la monnaie libanaise depuis l'effondrement économique de 2019.
Plus de 80 % de la population libanaise vit désormais sous le seuil de pauvreté.
565 personnes, dont des combattants, ont été tuées au Liban depuis octobre 2023.

Du côté israélien, y compris sur le plateau du Golan annexé, 22 soldats et 26 civils ont été tués, selon les chiffres de l'armée. Des dizaines de milliers de résidents ont été déplacés par les combats de part et d'autre de la Ligne bleue – la ligne de démarcation qui sépare le Liban d'Israël et du plateau du Golan.

Le Liban est profondément divisé quant à l'escalade des tensions. Alors que certains pensent que le pays peut encore éviter le pire, d'autres subissent déjà les dures réalités du conflit.

Des villes entières du Liban-Sud ont été détruites par des frappes militaires israéliennes en représailles, entraînant le déplacement de dizaines de milliers de familles.

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Un discours télévisé du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est retransmis sur des écrans géants alors que des combattants et des personnes en deuil assistent à la cérémonie funéraire du commandant Fouad Chokr, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 1er août 2024. (AFP)

Vendredi, des attaques israéliennes distinctes ont tué deux combattants du Hezbollah à Naqoura et deux membres du Hamas à Sidon, dont le responsable de la sécurité du groupe palestinien dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Hilwé. C'est la première fois que la ville, située à 44 km de Beyrouth, est prise pour cible.

Des drones israéliens ont été vus survolant des villages libanais le long de la frontière, utilisant des haut-parleurs pour diffuser des messages en arabe contre le Hezbollah et son chef, Hassan Nasrallah. Dans un discours télévisé prononcé lors des funérailles de Chokr le 1er août, Nasrallah a déclaré que le Hezbollah « payait le prix de son soutien à Gaza et au peuple palestinien », mais a également déclaré une « bataille ouverte sur tous les fronts ».

Le consensus général à Beyrouth est que les responsables du gouvernement libanais ont des options limitées pour éviter une catastrophe. « Tout ce que les responsables libanais peuvent faire, c'est recourir à la diplomatie du lobbying pour empêcher Israël de détruire le Liban », a déclaré à Arab News un analyste s'exprimant sous couvert d'anonymat. « Ils sont incapables d'influencer le cours des choses en ce qui concerne le Hezbollah et Israël. »

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Un homme arpente une passerelle sous un panneau d'affichage géant où l’on peut lire : « Ça suffit, nous sommes fatigués, le Liban ne veut pas la guerre » dans une rue de Beyrouth le 7 août 2024. (AFP)

La situation est très différente de celle de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, avec moins d'itinéraires sûrs pour ceux qui cherchent à fuir. De nombreux Libanais considèrent désormais les régions à majorité chrétienne, druze ou sunnite comme relativement sûres, contrairement aux régions à majorité chiite qui sont étroitement associées au Hezbollah.

Pour beaucoup, la menace de la guerre est une réalité bien trop familière. Mohammed Sabra, qui vit dans la banlieue sud de Beyrouth, laisse libre cours à sa frustration.

« Nous sommes contrôlés, pas choisis. Israël n'a pas besoin de prétexte pour attaquer le Liban. Tout ce que je peux faire, c'est espérer que les choses demeurent sous contrôle, car je ne peux aller nulle part. J'ai cinq enfants et le déplacement coûtera cher. »

Bilal Ghandour, propriétaire d'une bijouterie à Beyrouth, a fait part de ses inquiétudes : « Nous avons affaire à un ennemi qui n'a aucune ligne rouge. Nous sommes témoins de ce qui se passe dans la bande de Gaza. L'impact de toute guerre future sera sévère à la lumière de la crise économique dont nous souffrons. »

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Les conséquences d'un raid israélien sur le village de Chamaa, au sud du Liban, le 2 août 2024. (AFP)

Ces dernières semaines, les avions de guerre israéliens ont survolé Beyrouth à basse altitude, souvent visibles à l'œil nu. Ils ont fréquemment franchi le mur du son, provoquant les bangs supersoniques les plus forts depuis des années.

Le sentiment de peur dans la capitale libanaise est palpable, en particulier parmi les habitants des zones considérées comme des bastions du Hezbollah, notamment Dahiyé, une banlieue à majorité chiite au sud de Beyrouth.

C'est à Haret Hreik, à Dahiyé, que Chokr a été tué lors d'une frappe aérienne de l'armée israélienne le 30 juillet, apparemment en représailles à la mort de 12 enfants dans la ville majoritairement druze de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, lors d'un tir de missile imputé au Hezbollah.

Pendant la guerre de 2006, Dahiyé a servi de quartier général au Hezbollah. Cette banlieue sud a été lourdement visée et endommagée par l'armée israélienne. La doctrine Dahiyé, une stratégie militaire israélienne consistant à détruire les infrastructures civiles afin de faire pression sur les régimes hostiles, porte le nom du quartier.

« Manal, une professeure d'université qui vit à Dahiyé, a fait part de ses appréhensions à Arab News sous couvert d'anonymat. « Chacun a peur pour sa famille. Je n'ai aucun plan A ou B pour le déplacement. Tous les sacs de déplacement sont prêts devant les portes des maisons des habitants de Dahiyé, même ceux qui croient en la résistance », a-t-elle déclaré.

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Un couple libanais court dans les rues devant un pont bombardé à la suite d'une attaque aérienne israélienne sur la banlieue de Beyrouth, Dahiyé, le 14 juillet 2006. (AFP)

Le Liban fait aujourd'hui face à un avenir incertain. La crise économique, combinée à la possibilité d'une guerre, a fait naître, chez beaucoup de gens, un sentiment d'impuissance. « Tout le monde est inquiet, tout est possible », a déclaré Fatima Muhaimish, une habitante de la banlieue sud de Beyrouth. « Nous n'avons pas les capacités psychologiques ou physiques pour endurer une guerre et l'horreur qu'elle laisse derrière elle. »

Alors que les Libanais se préparent à ce qui pourrait arriver, ils se posent plus de questions qu'ils n'ont de réponses. « Y a-t-il vraiment un endroit sûr au Liban si Israël lance une guerre contre le pays? » Que se passera-t-il après cette guerre et y aura-t-il d'autres guerres ?

Maher Abi Nader, analyste socio-politique, attribue ce sentiment généralisé de déni au traumatisme psychologique subi par le peuple libanais au cours des dernières décennies et, plus récemment, après l'explosion du port de Beyrouth en août 2020.

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Des sauveteurs se tiennent près d'un immeuble dont les derniers étages ont été détruits à la suite d'une frappe militaire israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, le 30 juillet 2024. (AFP)

« L'Occident fait fi de notre lecture de la guerre. Le citoyen libanais sait comment gérer les crises aiguës. Il préfère vivre au jour le jour pour éviter le stress fatal », a déclaré M. Abi Nader à Arab News.

Dans son discours prononcé lors des funérailles de M. Chokr, M. Nasrallah a déclaré que des pays avaient demandé au Hezbollah de riposter d'une manière « acceptable », voire de ne pas riposter du tout. Mais il a ajouté qu'il serait « impossible » pour ses combattants de ne pas riposter. « Il n'y a pas de discussion à ce sujet », a-t-il déclaré. 

En l'absence de solution claire, le Liban est à nouveau sur le qui-vive, dans l'attente de ce qui semble être une guerre à grande échelle, retardée mais inévitable, entre le Hezbollah et Israël.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Frappes israéliennes sur le sud du Liban parallèlement aux négociations de Rome

Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
Un cratère laissé par une frappe aérienne israélienne menée durant la nuit, qui a visé une maison dans le secteur de Bourj al-Chamali, près de Tyr, le 6 août 2026. (AFP)
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  • Israël a intensifié ses frappes dans le sud du Liban, ciblant notamment Bourj al-Chamali et Mansouri, tandis que deux soldats israéliens ont été tués dans la région
  • Malgré cette escalade, Israël et le Liban poursuivent à Rome des négociations sous médiation américaine, alors que le Hezbollah rejette l'accord prévoyant son désarmement

BEYROUTH: Israël a mené dans la nuit une série de frappes contre deux localités du sud du Liban, alors que l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats, parallèlement à la poursuite des négociations entre les deux pays à Rome.

L'Agence nationale d'information (ANI) libanaise a indiqué que "l'ennemi israélien a intensifié ses attaques" dans la région de Tyr, en menant depuis la nuit de mercredi "une série de frappes aériennes et de bombardements".

Des drones israéliens ont frappé un quartier du village de Bourj al-Chamali avant une nouvelle frappe aérienne contre le même site, faisant quatre blessés, a ajouté l'agence de presse.

Selon la même source, l'aviation israélienne a également visé Mansouri, à une dizaine de kilomètres plus au sud, dont les habitants avaient reçu mardi un ordre d'évacuation.

Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir mené des frappes contre le sud du Liban en réponse à ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante du cessez-le-feu" par le Hezbollah pro-iranien.

Une personne a été tuée et douze autres blessées mercredi dans une frappe israélienne ayant visé une salle de prière située dans un cimetière de la localité de Tebnine, selon le ministère libanais de la Santé.

Cette escalade intervient après l'annonce, jeudi matin, de la mort de deux soldats israéliens dans le sud du Liban, les premières pertes enregistrées par l'armée israélienne dans cette région depuis plus d'un mois. Le Hezbollah n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le Liban et Israël tiennent depuis mardi à Rome un septième cycle de négociations directes sous médiation américaine.

Les deux pays ont conclu en juin un accord-cadre prévoyant le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah rejette cet accord et refuse de déposer les armes.

Depuis le début de la guerre, plus de 4.300 personnes ont été tuées au Liban, tandis que 38 soldats israéliens et un contractuel civil ont perdu la vie.


Le chef de la diplomatie saoudienne participe à des discussions régionales en Jordanie sur la sécurité maritime et la désescalade

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi en Jordanie à une réunion avec ses homologues régionaux afin de discuter des efforts visant à désamorcer les tensions. (KSAMOFA)
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  • La réunion de quatre parties régionales à Amman a réuni le prince Faisal avec les ministres égyptien, turc et pakistanais

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a participé mercredi à Amman à une réunion avec ses homologues régionaux afin d'examiner les moyens de réduire les tensions, de renforcer la coordination et de préserver la sécurité maritime.

Cette réunion des quatre parties régionales s'est tenue dans la capitale jordanienne et a réuni le prince Faisal, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Ishaq Dar, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.

Les ministres ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont souligné l'importance de renforcer la coordination et de maintenir une approche commune face aux enjeux actuels de la région.

Ils ont également insisté sur la nécessité d'efforts conjoints pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, préserver la liberté de navigation et soutenir la stabilité des chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que des marchés de l'énergie.

Les ministres ont salué l'initiative de l'Arabie saoudite visant à créer une alliance multinationale de défense maritime destinée à renforcer la sécurité en mer, protéger les voies navigables internationales et faire face aux menaces pesant sur le transport maritime et le commerce mondial.

Les discussions ont également porté sur les efforts visant à apaiser les tensions régionales et à répondre aux défis sécuritaires persistants. Les ministres ont souligné l'importance des solutions diplomatiques et du soutien aux efforts de médiation menés par le Pakistan et le Qatar.

Ils ont enfin réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États dans le cadre des efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com