Face au flou politique, les fortunes françaises tentées par des placements au Luxembourg

Une femme traverse un quai de tramway devant la gare centrale de Luxembourg, dans la ville de Luxembourg, le 11 mars 2023. (AFP)
Une femme traverse un quai de tramway devant la gare centrale de Luxembourg, dans la ville de Luxembourg, le 11 mars 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 14 août 2024

Face au flou politique, les fortunes françaises tentées par des placements au Luxembourg

  • Les épargnants fortunés, inquiets de voir la gauche se rapprocher du pouvoir, sont nombreux à s'intéresser aux contrats d'assurance vie au Luxembourg
  • La crainte porte sur une des mesures phares du programme du Nouveau Front populaire (NFP), arrivé en tête au second tour des législatives

PARIS: Les épargnants fortunés, inquiets de voir la gauche se rapprocher du pouvoir, sont nombreux à s'intéresser aux contrats d'assurance vie au Luxembourg, selon leurs conseils, persuadés que leurs économies seront ainsi davantage à l'abri.

Guillaume Gimbal, directeur de la gestion de fortune chez Swiss Life Banque Privée, a vu dans la foulée de l'annonce de la dissolution par Emmanuel Macron le 9 juin une "augmentation très significative du nombre de sollicitations" de la part de ses clients à propos de l'assurance vie au Luxembourg, pays connu pour son attractivité fiscale.

Ce produit "rassure (...) parce que plane un peu le spectre de la taxation de l'épargne", explique à l'AFP M. Gimbal, à la tête d'une équipe d'une dizaine de conseillers, qui s'adressent à des clients lui confiant a minima 500.000 euros.

Même au tournant des années 2010, "âge d'or" du contrat luxembourgeois sur fond de crise de la dette grecque et de craintes sur la solidité de la zone euro, "on avait été moins sollicité qu’aujourd’hui", constate-t-il.

La crainte porte sur une des mesures phares du programme du Nouveau Front populaire (NFP), arrivé en tête au second tour des législatives: la taxation des revenus du capital via le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

"On avait un peu pris goût à cette absence de l’ISF depuis quelques années", observe M. Gimbal, "on commence à préparer nos clients à la forte probabilité de son retour".

- Fiat lux -

La "fiscalité juste" focalisée entre autres sur "les foyers les plus aisés" figure lundi parmi les cinq priorités de la candidate du NFP à Matignon, Lucie Castets.

Si les contrats luxembourgeois n'exonèrent pas la clientèle française d'une taxation dans leur pays d'origine, des stratégies utilisant ces placements existent pour la diminuer.

"On n'a jamais connu de période où on ne pouvait pas optimiser la pression fiscale de façon tout à fait classique", souligne M. Gimbal, qui invite pour le moment ses clients à ne pas "céder à la panique".

Les contrats d'assurance vie au Luxembourg offrent des avantages, selon ceux qui les commercialisent: large gamme d'investissements (y compris en dollars), priorité sur tous les autres créanciers (y compris l’État, les salariés et les organismes de sécurité sociale) en cas de faillite de l'assureur...

Les banques françaises en savent quelque chose: elles disposent pour leurs clients français de filiales dédiées au Luxembourg, commercialisant ces produits d'épargne.

"Ce n’est pas un hasard si l’assurance vie luxembourgeoise séduit. Et notamment les épargnants et investisseurs français. Ils constituent ainsi la majorité de la clientèle", se félicite ainsi sur son site internet BPCE Life, associée au groupe des Banques populaires et des Caisses d'épargne.

A partir de 500.000 euros de versement minimum, Crédit agricole life insurance (Cali) "propose des gammes de produits d’assurance vie et de capitalisation spécialement conçues pour les résidents fiscaux français".

BPCE Life, Cali, Sogelife (Société Générale) et Cardif Lux Vie (BNP Paribas) approchent à eux quatre les 65 milliards d'euros sous gestion au Luxembourg.

Mais les accidents existent: l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme français des banques et des assurances, a annoncé la semaine passée que 30.000 contrats étaient concernés en France par l'insolvabilité de l'assureur vie FWU Life Insurance Lux SA, basé au Luxembourg.

- Faire ses cartons ? -

Certains épargnants fortunés, dont le patrimoine se compte en millions voire dizaines de millions d'euros, souhaitent même aller plus loin et envisagent très sérieusement l'expatriation.

Le cabinet d'avocats Sekri Valentin Zerrouk a dressé la liste des conditions à remplir: vendre tout actif immobilier librement habitable en France et mettre fin à tout bail locatif, cesser toute activité professionnelle en France, salariée ou non, transférer la majorité de ses investissements hors de France... et bien sûr partir avec l'ensemble de sa famille en limitant son retour en France à quelques semaines par an.

L'expatriation fiscale est "en réalité extrêmement compliquée et coûteuse", précise Nicolas Hubert, directeur général de Milleis Banque.

Hasard ou pas du calendrier, le Luxembourg fait encore plus les yeux doux aux futurs expatriés: le ministre des finances du Grand-Duché Gilles Roth a annoncé le 17 juillet une série de nouvelles mesures en ce sens, dont des incitations fiscales.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.