Dans la bande de Gaza, sans carburant, les hôpitaux forcés à l'arrêt

Une photo montre l'entrée des urgences de l'hôpital Nasser de Khan Yunis, dont l'administration a annoncé que le stock de carburant nécessaire au fonctionnement des générateurs d'électricité s'épuiserait le 4 juillet 2024, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas dans la bande de Gaza. (AFP)
Une photo montre l'entrée des urgences de l'hôpital Nasser de Khan Yunis, dont l'administration a annoncé que le stock de carburant nécessaire au fonctionnement des générateurs d'électricité s'épuiserait le 4 juillet 2024, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas dans la bande de Gaza. (AFP)
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Publié le Samedi 24 août 2024

Dans la bande de Gaza, sans carburant, les hôpitaux forcés à l'arrêt

  • Avec les pénuries de carburant dans le petit territoire assiégé depuis plus de dix mois, plusieurs des rares hôpitaux encore fonctionnels ont dû fermer des services
  • Au début de la guerre déclenchée par l'attaque meurtrière du Hamas en Israël le 7 octobre, l'unique centrale électrique de la bande de Gaza a été mise hors d'usage et Israël a coupé son raccordement avec Gaza

Beit Lahia, Territoires palestiniens: Dans la pénombre des couloirs de l'hôpital Kamal Adwane dans le nord de la bande de Gaza, le téléphone portable est désormais aussi essentiel que le stéthoscope pour les médecins qui peinent à travailler avec des générateurs à sec.

C'est à la lumière des lampes de leurs téléphones, qu'infirmiers et médecins se déplacent, auscultent les patients ou rédigent leurs rapport.

Ayman Zaqout, qui vient d'être admis pour des coliques néphrétiques, attend dans une pièce obscure.

Entre ordres d'évacuation, frappes de l'armée israélienne et combats, il a souffert longtemps avant de rejoindre l'hôpital Kamal Adwane de la ville Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza.

Grimaçant de douleur, il raconte avoir été surpris à son arrivée à l'établissement.

"Il n'y avait pas d'électricité et je ne sais pas comment ils vont pouvoir me traiter dans ces circonstances", s'interroge-t-il.

Avec les pénuries de carburant dans le petit territoire assiégé depuis plus de dix mois, plusieurs des rares hôpitaux encore fonctionnels ont dû fermer des services.

- Prématurés "menacés de mort" -

Peu après l'arrivée de M. Zaqout, l'hôpital "a cessé d'accueillir des patients", explique à l'AFPTV l'un de ses médecins, Mahmoud Abou Amcha, "parce que les organisations internationales ne l'approvisionne plus avec le carburant nécessaire aux générateurs".

Quant à l'unité de distribution des bouteilles d'oxygène, elle "est totalement arrêtée", poursuit-il.

Au début de la guerre déclenchée par l'attaque meurtrière du Hamas en Israël le 7 octobre, l'unique centrale électrique de la bande de Gaza a été mise hors d'usage et Israël a coupé son raccordement avec Gaza.

Depuis, les citernes d'essence entrent au compte-gouttes comme toute l'aide humanitaire qui transite par les terminaux de Gaza, tous tenus par l'armée israélienne.

En cas de grosse urgence --une frappe aérienne très meurtrière dans les environs ou un afflux soudain et massif de blessés--, il reste l'énergie solaire.

"Mais elle ne peut pas être utilisée pour les patients qui ont besoin d'équipements électriques 24 heures sur 24", poursuit le médecin.

Les couveuses énergivores à l'arrêt abritent des nourrissons prématurés désormais "menacés d'arrêt cardiaque et de mort", alerte M. Abou Amcha. Aux soins intensifs, "sept patients" sont sous respirateurs et "mourront à cause de la pénurie de carburant".

- "Service minimum" -

Les 2,4 millions de Gazaouis, quasiment tous déplacés, n'ont plus que 16 hôpitaux qui fonctionnent, tous partiellement, selon l'ONU.

Et les pénuries de carburant "menacent les ambulances", indispensables après près de onze mois de guerre qui ont fait plus de 40.000 morts et de 93.000 blessés, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.

L'hôpital al-Awda, au nord de la ville de Gaza, attend lui aussi désespérément une livraison de carburant pour relancer ses générateurs.

"Il y a deux jours déjà, nous avons fermé certains services et repoussé des opérations, cela met en danger les malades et les blessés", affirme à l'AFP Mohammed Salha, directeur par intérim de l'hôpital.

Depuis, il assure "le service minimum" grâce à d'autres hôpitaux qui "ont donné une part de leur stock de carburant".

Le ministère de la Santé à Gaza a tiré récemment la sonnette d'alarme sur le sort de "centaines de patients" de l'hôpital des Martyrs d'al-Aqsa à Deir al-Balah, plus au sud.

"Les opérations militaires israéliennes s'en rapprochent", a-t-il prévenu, réclamant "la protection" des organisations internationales.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
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  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.