Le rassemblement annuel du Medef s'ouvre sous le signe du «  Pouvoir  » et de l'impatience

Le président du Medef estime également que "si le programme de LFI était appliqué, ce serait insupportable pour le pays, au sens propre du terme". (AFP)
Le président du Medef estime également que "si le programme de LFI était appliqué, ce serait insupportable pour le pays, au sens propre du terme". (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 26 août 2024

Le rassemblement annuel du Medef s'ouvre sous le signe du «  Pouvoir  » et de l'impatience

  • A l'hippodrome de Paris-Longchamp, les habituelles tables rondes de haut vol - accessibles via le site et les réseaux sociaux du Medef - s'organiseront cette année autour du "Pouvoir"
  • Cette fois cependant, manquera à l'appel le pouvoir exécutif, alors que les consultations entre Emmanuel Macron et les partis se poursuivent pour déterminer enfin le nom d'un ou d'une Première ministre après les législatives anticipées de juillet

PARIS: La sixième Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef se tient lundi et mardi, sous le signe cette année d'une certaine impatience du patronat à voir se constituer enfin un nouveau gouvernement.

A l'hippodrome de Paris-Longchamp, les habituelles tables rondes de haut vol - accessibles via le site et les réseaux sociaux du Medef - s'organiseront cette année autour du "Pouvoir", le Medef faisant le constat que "jamais dans l'histoire de l'humanité, il n'y aura eu autant d'élections majeures organisées la même année", en Inde, dans l'UE, au Venezuela ou aux Etats-Unis, "avec pour conséquence des bouleversements immédiats et à venir".

Cette fois cependant, manquera à l'appel le pouvoir exécutif, alors que les consultations entre Emmanuel Macron et les partis se poursuivent pour déterminer enfin le nom d'un ou d'une Première ministre après les législatives anticipées de juillet.

Là où l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne était l'invitée d'honneur de la séance d'ouverture l'an dernier, ce sont cette année les présidents du Parlement, Yaël Braun-Pivet pour l'Assemblée nationale et Gérard Larcher pour le Sénat, qui s'exprimeront lundi après-midi devant les patrons, après le discours d'ouverture du président du Medef, Patrick Martin.

Le Medef "a décidé de lancer un +front économique+, associant des chefs d'entreprises, des économistes et des think-tanks pour peser dans le débat et éviter que nos décideurs ne s'égarent", a déclaré dimanche Patrick Martin dans une interview au Figaro.

Le président du Medef estime également que "si le programme de LFI était appliqué, ce serait insupportable pour le pays, au sens propre du terme".

Laurent Saint-Martin, directeur général de Business France, estime auprès de l'AFP que "les chefs d'entreprise vont sans doute utiliser cette séquence de la REF, et de la rentrée en général, pour mettre une saine pression sur la nécessité de continuer la politique économique menée ces dernières années, qui a apporté un début de réindustrialisation dans notre pays, des améliorations de la balance commerciale et surtout un regain de l'emploi dans notre pays, notamment industriel".

Business France est l'organisme chargé d'accompagner les entreprises françaises à l'export et de favoriser l'investissement étranger en France.

« Le pouvoir de l'engagement »

Selon l'Insee, le climat des affaires a rebondi en août, mais cela "risque de ne pas être durable", estime Sylvain Bersinger, chef économiste d'Asteres, en raison notamment de "l'incertitude politique qui brouille les prévisions des agents économiques".

Pour l'instant, le Medef n'est pas allé aussi loin qu'une autre organisation patronale représentative, l'U2P (entreprises de proximité) dont le président Michel Picon, admiratif - comme M. Martin - du climat désormais beaucoup plus apaisé des négociations entre partenaires sociaux en France, a déjà suggéré d'imiter ce modèle en nommant à Matignon, au moins pour une année, un patron "social", comme Jean-Dominique Senard, président du groupe Renault.

Toute cette incertitude n'a cependant pas dissuadé les inscriptions à cette REF, 10.000, au moins autant que l'an dernier, selon le Medef.

Outre des dirigeants de grandes entreprises - AXA, EDF, Engie, Google, L'Oréal, Publicis, Safran, Sanofi France, Schneider Electric, ou CMA CGM, dont le PDG Rodolphe Saadé sera invité mardi d'une "conversation" d'une demi-heure - artistes ou membres de la société civile, et, quand même, quelques politiques, participeront aux différentes tables rondes.

L'ancien ministre et maire de Meaux Jean-François Copé et la députée écologiste de Paris Sandrine Rousseau seront ainsi réunis pour évoquer "le pouvoir à parité", le secrétaire national du PCF Fabien Roussel participera au débat "Consommateur-producteur, qui a le pouvoir?", la députée européenne Valérie Hayer, tête de liste de l'ex-majorité présidentielle aux élections européennes et présidente du groupe Renew Europe, s'exprimera sur "Où va l'économie européenne?".

La REF s'achèvera par un point sur le manifeste sur "le pouvoir de l'engagement" des chefs d'entreprises envers "une croissance responsable bénéfique à toutes et tous", déjà signé par une cinquantaine de patrons.


Ormuz: le projet de coalition voulue par Trump "pas concurrent" de l'initiative franco-britannique (Barrot)

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’exprime lors de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au siège des Nations unies à New York, le 27 avril 2026. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’exprime lors de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au siège des Nations unies à New York, le 27 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • La France et le Royaume-Uni avancent sur une mission « neutre » pour sécuriser le détroit d’Ormuz, que Jean-Noël Barrot juge complémentaire — et non concurrente — du projet de coalition mené par les États-Unis
  • Malgré une trêve, le détroit reste sous tensions avec un double blocus américano-iranien, perturbant l’économie mondiale et faisant grimper les prix du pétrole au-delà de 125 dollars le baril

ABOU DHABI: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé vendredi que le projet américain d'une coalition pour rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz ne viendrait pas concurrencer une mission que la France et le Royaume-Uni veulent mettre en place.

Avant le début de la guerre opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran, le 28 février, un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde passait par le détroit.

Alors qu'une trêve est en vigueur depuis le 8 avril, ce passage reste soumis à un double blocus américain et iranien, secouant l'économie mondiale.

S'exprimant à Abou Dhabi à l'issue d'une tournée régionale, M. Barrot a indiqué avoir informé ses alliés du Golfe de l'initiative franco-britannique, désormais à un stade "avancé".

M. Barrot a estimé que le projet américain n'était pas "de même nature" que celui initié par la France et le Royaume-Uni, auquel "plusieurs dizaines" de pays ont annoncé qu'ils contribueraient "certainement".

Il s'inscrit "dans une forme de complémentarité" et n'est "pas concurrent" de l'initiative franco-britannique.

Mi-avril, plusieurs pays "non-belligérants", dont la France et le Royaume-Uni, s'étaient dits prêts à mettre en place "une mission neutre" de sécurisation du détroit.

L'objectif est "d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe", a déclaré le président français Emmanuel Macron. Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait parlé d'une force "pacifique et défensive".

Jeudi, un responsable du département d'Etat américain a indiqué que l'administration américaine avait demandé à ses ambassades de convaincre ses alliés de rejoindre une coalition internationale chargée de sécuriser Ormuz.

Le "Mécanisme de liberté maritime" (MFC) prendra "des mesures pour garantir un passage en toute sécurité, notamment en fournissant des informations en temps réel, des conseils en matière de sécurité et une coordination", a expliqué ce responsable.

Un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de poursuivre son blocus des ports iraniens "pendant des mois si nécessaire", alors que les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis visant à obtenir une fin durable de la guerre, sont au point mort.

En réaction, le pétrole a bondi jeudi à plus de 125 dollars le baril.


Barrot et Ben Farhane appellent à renforcer la désescalade au Moyen-Orient

 Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu jeudi à Riyad avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane Al Saoud, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions. (AFP)
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu jeudi à Riyad avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane Al Saoud, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions. (AFP)
Short Url
  • Paris a réitéré sa condamnation ferme des attaques menées par Téhéran contre ses voisins
  • Le chef de la diplomatie française a également exprimé la solidarité de la France envers le Arabie saoudite

PARIS: Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu jeudi à Riyad avec son homologue saoudien, le prince Faisal ben Farhane Al Saoud, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions.

Au cœur des échanges : la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de consolider les cessez-le-feu en Iran et au Liban, tout en appelant à progresser vers un règlement politique durable garantissant la stabilité régionale.

Paris a réitéré sa condamnation ferme des attaques menées par Téhéran contre ses voisins. Le chef de la diplomatie française a également exprimé la solidarité de la France envers le Arabie saoudite, affirmant que son pays restait disposé à contribuer à sa défense si la situation l’exigeait.

Dans le même temps, la France a mis l’accent sur la nécessité d’une désescalade et d’une solution diplomatique. Jean-Noël Barrot a notamment appelé à la réouverture immédiate et sans condition du détroit d’Ormuz, soulignant l’importance de la liberté de navigation dans cette zone stratégique. Il a rappelé que la France, en coordination avec ses partenaires, était prête à contribuer à la sécurisation du passage dans le cadre d’une initiative conjointe avec le Royaume-Uni.

Les deux ministres ont par ailleurs souligné qu’une solution diplomatique restait essentielle pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, tout en abordant les préoccupations liées à ses programmes balistiques, ses drones et ses activités de déstabilisation dans la région.

La situation au Liban a également été évoquée, notamment les répercussions de la guerre et la nécessité de soutenir les autorités face aux défis à la souveraineté de l’État. Paris a insisté sur l’importance du respect strict du cessez-le-feu par l’ensemble des parties.

Enfin, Jean-Noël Barrot et Faisal ben Farhane Al Saoud ont réaffirmé leur volonté de maintenir une coordination étroite afin de contribuer aux efforts diplomatiques en cours et à la stabilité du Moyen-Orient.


Qui sont les Padhue, médecins à diplôme étranger au statut précaire ?

Cette photographie montre l’entrée du Conseil national de l’Ordre des médecins à Paris, le 20 mars 2026. (AFP)
Cette photographie montre l’entrée du Conseil national de l’Ordre des médecins à Paris, le 20 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Les Padhue (médecins diplômés hors UE) sont essentiels au système hospitalier français, mais travaillent souvent sous statuts précaires, avec des rémunérations inférieures malgré des responsabilités équivalentes
  • Leur titularisation repose sur un parcours long et complexe, vivement critiqué, que le gouvernement souhaite désormais simplifier

PARIS: Emmanuel Macron s'est emporté lundi sur le sort des médecins à diplôme étranger, notamment algériens, contraints de repasser des concours pour être titularisés. Qui sont ces "Padhue", sous quels statuts travaillent-ils à l'hôpital et comment deviennent-ils officiellement médecins en France ?

Tour d'horizon d'un système complexe, que le gouvernement a promis mercredi de revoir, notamment en "simplifiant" la procédure visant à titulariser ces médecins.

- Qui sont-ils ?

Les "Padhue" sont des praticiens diplômés hors de l'Union européenne qui exercent en France mais ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail et de revenu que les diplômés en Europe. Urgentistes, psychiatres, gynécologues, généralistes, gériatres... La désertification médicale et la crise Covid a conduit de nombreux établissements à en recruter.

Théoriquement, ils travaillent sous la supervision d'un médecin titulaire. Mais dans beaucoup d'hôpitaux, ils font tourner des services en tension et exercent des fonctions similaires à celles des médecins seniors, selon les syndicats. D'après le syndicat des internes (ISNI), ils travaillent sous des statuts précaires aux rémunérations très inférieures à leurs confrères.

- Combien sont-ils ?

"Aucune statistique fiable" ne recense leur "nombre exact", écrivait en 2024 l'Ordre des médecins, sollicité pour un rapport parlementaire qui, en compilant plusieurs sources, avait évalué leur nombre à plus de 10.000 en 2024.

Le ministère de la Santé a indiqué à l'AFP ne pas disposer de chiffre global de Padhue travaillant dans les établissements sous statut précaire, car les recrutements se font "de gré a gré". Il précise toutefois qu'environ 4.700 Padhue sont demandeurs d'une autorisation temporaire d'exercice ou détenteurs de cette autorisation mais sans avoir passé le concours, et que 7.500 sont en cours de validation après avoir passé le concours.

- Comment sont-ils titularisés ?

Pour voir leur diplôme reconnu, ils doivent en effet obtenir une "autorisation de plein exercice", via un concours annuel puis une longue procédure. Ces contraintes visent selon l'Académie de médecine et l'Ordre à garantir "la qualité et la sécurité" des soins.

Le concours a longtemps mis en concurrence les médecins déjà en France et ceux qui candidataient depuis l'étranger. Il a été réformé en 2025. Désormais, les médecins déjà en poste passent un concours "interne" et sont prioritaires sur l'essentiel des postes disponibles. Une "voie externe" plus sélective existe pour ceux sans expérience en France.

Une fois lauréats, les Padhue entament un "parcours de consolidation des compétences" (PCC), sorte de stage de deux ans (qui peut être raccourci de 18 mois maximum, sous conditions), avant d'être autorisés ou non à exercer par une commission dédiée.

La procédure est souvent critiquée, accusée de les maintenir longtemps dans des conditions de travail indécentes. Ses détracteurs appellent à exempter les Padhue de concours et faire reconnaître leurs compétences par des pairs. Mercredi, l'exécutif a promis de "simplifier" les procédures avec l'idée de "sortir de cette logique de concours".

- Et en cas d'échec ?

Un régime dérogatoire a longtemps permis de les embaucher pendant plusieurs années, sous divers statuts rémunérés entre 1.500 et 2.200 euros mensuels. Désormais obligés de passer le concours, ils peuvent, dans l'attente, demander des autorisations temporaires.

La loi Valletoux de 2023 a créé le statut de praticien associé contractuel temporaire (PACT), sous lequel les médecins expérimentés peuvent travailler 26 mois au maximum, pour 31.204,37 euros bruts annuels.

Des hôpitaux emploient toujours des Padhue sous d'autres statuts plus précaires, selon des syndicats et élus.

- Que deviennent les anciens Padhue ?

Au 1er janvier 2026, les ex-Padhue devenus titulaires représentaient 9,2% des médecins en activité régulière (environ 19.000 praticiens) contre 4,1% en 2010, a indiqué a l'AFP l'Ordre des médecins.

Selon une étude de 2025, ils sont diplômés en majorité d'Algérie (38,6% des Padhue "actifs réguliers"), Tunisie (16%), Syrie (8,3%), Maroc (6,8%) ou Liban (4,2%).

Toujours selon cette étude, les spécialités les plus représentées sont la médecine générale (19,6% des Padhue "actifs réguliers"), la psychiatrie (8,8%) ou l'anesthésie-réanimation (7,9%).

La proportion d'anciens Padhue varie beaucoup d'un département à l'autre: ils représentent 1,4% des médecins actifs dans les Pyrénées-Atlantiques mais 29,6% dans l'Aisne et 29,1% dans l'Eure-et-Loir. Cette proportion est souvent importante dans des espaces péri-urbains et ruraux défavorisés.