Patrick Maisonnave, nouvel ambassadeur de France à Riyad

De 2019 à 2023, Maisonnave occupe la fonction d’ambassadeur de France en Grèce. Ici, revue des troupes à bord du Dixmude, navire d'assaut amphibie porte-hélicoptères de la marine française, après son arrivée au port du Pirée le 27 janvier 2020 pour un exercice international en mer Méditerranée. (AFP)
De 2019 à 2023, Maisonnave occupe la fonction d’ambassadeur de France en Grèce. Ici, revue des troupes à bord du Dixmude, navire d'assaut amphibie porte-hélicoptères de la marine française, après son arrivée au port du Pirée le 27 janvier 2020 pour un exercice international en mer Méditerranée. (AFP)
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Publié le Mardi 03 septembre 2024

Patrick Maisonnave, nouvel ambassadeur de France à Riyad

  • Maisonnave sera appelé à relever le défi de la poursuite de la dynamique de rapprochement entre la France et l’Arabie saoudite
  • Il sera également appelé à coordonner les efforts des deux pays dans un contexte régional fragilisé par la guerre que mène Israël à Gaza

PARIS : La nomination, par la France, de Patrick Maisonnave au poste d’ambassadeur de France en Arabie saoudite se place sous le signe de la stabilité et de la consolidation des relations entre les deux pays.

Né en septembre 1963, Maisonnave est diplômé de la prestigieuse École nationale d’administration (ENA).  Avant Riyad, il a occupé plusieurs postes diplomatiques éminents. 

Il était d’abord ambassadeur de France en Israël de 2013 à 2016, puis ambassadeur en charge de la lutte contre le terrorisme auprès du ministère français des Affaires étrangères, jusqu’en 2019.

De 2019 à 2023, il occupe la fonction d’ambassadeur de France en Grèce. Auparavant il a roulé sa bosse dans différents postes et cabinets ministériels dont celui de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Pierre Moscovici, et dans les instances de l’Union européenne.

Fraîchement arrivé à Riyad, où il a présenté une copie de ses lettres de créances au sous-secrétaire d’État aux Affaires protocolaires Abdel Majid al-Smari, Maisonnave sera appelé à relever le défi de la poursuite de la dynamique de rapprochement entre la France et l’Arabie saoudite.

Il sera également appelé à coordonner les efforts des deux pays dans un contexte régional fragilisé par la guerre que mène Israël à Gaza et qui entrera, le 7 octobre prochain, dans sa deuxième année.

Il devra s’atteler à renforcer la coopération économique et contribuer à la poursuite de la coopération culturelle, notamment dans le cadre du gigantesque projet de développement du site archéologique d’AlUla qui est confié à la France.

Il va sans dire que Maisonnave mettra son savoir-faire et l’expérience accumulée à travers ses multiples postes au service de la nouvelle mission qui lui est confiée.

Il est très apprécié par les diplomates qui l’ont côtoyé ou travaillé avec lui. L’un d’eux a indiqué à Arab news en français que le fait qu’il ait occupé le poste d’ambassadeur en Israël lui confère un bagage non négligeable dans le contexte conflictuel que vit la région.

Ce qui est également intéressant selon le diplomate, c’est sa relation avec son épouse Nadia al-Sartawi, elle-même diplomate contractuelle, qui ne passe pas inaperçue.

À Athènes, où elle occupait le poste d’attachée culturelle à l’ambassade, elle a largement contribué au rayonnement de la culture et de la langue française.

Elle ne passe pas inaperçue puisqu’elle est la fille du dirigeant palestinien Issam al-Sartawi, qui s’était engagé dans un dialogue avec des Israéliens bien avant les accords de paix signés à Oslo.

Sa rencontre avec Maisonnave remonte à l’époque où il était ambassadeur de France à Tel-Aviv et, elle, responsable du protocole au conseil législatif palestinien (Parlement), en 2014.

Cette relation avait défrayé la chronique en Israël et suscité, à l’époque, l’animosité d’une certaine presse israélienne à l’égard de Maisonnave, sachant qu’elle n’est autre qu’un simple hasard de la vie.

Issam al-Sartawi, membre dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), était connu pour ses positions modérées. Il a participé, aux côtés d’autres membres modérés de l’OLP, aux réunions de Paris auxquelles participait l’ancien député israélien, le général Matti Peled, à l’initiative de l’ancien Premier ministre français Pierre Mendès France au milieu des années 70.

Cette modération lui a valu l’hostilité de l’organisation palestinienne dissidente « Fatah- Conseil révolutionnaire » dirigée par Abou Nidal qui avait revendiqué la responsabilité de son assassinat au Portugal en 1983.

Cardiologue, engagé, Al-Sartawi a assumé la fonction de conseiller du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, pour l’Europe et l’Amérique du Nord et, à ce titre, il est accusé par Israël d’être l’instigateur de l’attaque contre l’avion israélien El-Al à l’aéroport de Munich en Allemagne en février 1970.

Pour le diplomate interrogé par Arab news en français, la nomination de Maisonnave est une bonne décision, parce que l’homme est « estimable et son épouse l’est tout autant que lui ».

 


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.