Les Etats-Unis poussent à la conclusion d'un accord de trêve à Gaza

Des membres de la défense civile palestinienne se dirigent vers un camion de pompiers près de bâtiments détruits dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de la ville de Gaza, le 3 septembre 2024, alors que la guerre se poursuit dans le territoire palestinien entre Israël et le Hamas. (AFP)
Des membres de la défense civile palestinienne se dirigent vers un camion de pompiers près de bâtiments détruits dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de la ville de Gaza, le 3 septembre 2024, alors que la guerre se poursuit dans le territoire palestinien entre Israël et le Hamas. (AFP)
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Publié le Mercredi 04 septembre 2024

Les Etats-Unis poussent à la conclusion d'un accord de trêve à Gaza

  • Les Etats-Unis ont estimé mardi qu'il était "temps de finaliser" un accord de trêve à Gaza, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a refusé de céder aux pressions sur ce dossier
  • La déclaration américaine survient deux jours après l'annonce par l'armée israélienne de la découverte dans un tunnel de Gaza de six otages tués selon elle à "bout portant" par le mouvement islamiste

JERUSALEM: Les Etats-Unis ont estimé mardi qu'il était "temps de finaliser" un accord de trêve à Gaza, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a refusé de céder aux pressions sur ce dossier, au 11e mois de la guerre avec le Hamas palestinien.

La déclaration américaine survient deux jours après l'annonce par l'armée israélienne de la découverte dans un tunnel de Gaza de six otages tués selon elle à "bout portant" par le mouvement islamiste.

Les otages ont été enlevés et emmenés dans la bande de Gaza lors d'une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre contre Israël, qui a entraîné des représailles israéliennes ayant fait des dizaines de milliers de morts dans le territoire palestinien assiégé, cible mardi de nouvelles frappes meurtrières.

L'annonce de la découverte des six corps a accentué la pression sur M. Netanyahu, entraînant des manifestations de milliers de personnes à Tel-Aviv et Jérusalem, accompagnées d'une grève dans plusieurs villes pour réclamer un accord permettant la libération des otages encore retenus à Gaza.

"Il reste des dizaines d'otages à Gaza, qui attendent toujours un accord qui les ramènera chez eux. Il est temps de finaliser cet accord", a déclaré mardi le porte-parole du département d'Etat américain, Matthew Miller.

Il a précisé qu'"au cours des prochains jours, les Etats-Unis continueront à s'engager auprès de leurs partenaires dans la région afin d'obtenir un accord final", en référence aux négociations sous l'égide des médiateurs -Etats-Unis, Qatar, Egypte- en vue d'un accord de trêve associé à une libération d'otages.

- "Dans des cercueils" -

Le président américain Joe Biden, dont le pays est le principal allié d'Israël, avait lui-même reproché au Premier ministre israélien de ne pas faire assez pour obtenir un accord sur les otages.

Après avoir demandé publiquement "pardon pour ne pas avoir ramenés en vie" les six otages, M. Netanyahu a juré de faire payer "un prix très fort" au mouvement islamiste. "Je ne céderai pas aux pressions", a-t-il martelé.

Il a par ailleurs réaffirmé la nécessité pour Israël de maintenir le contrôle du "couloir de Philadelphie", une bande de terre le long de la frontière entre Gaza et l'Egypte qui constitue un point d'achoppement des négociations.

Le Hamas réclame le retrait israélien de ce corridor, pris par les forces israéliennes en mai dernier et à terme le retrait total d'Israël de la bande de Gaza.

Dans un communiqué, l'Arabie Saoudite a "condamné et dénoncé fermement les déclarations israéliennes" sur le couloir.

Lundi soir, le porte-parole de la branche armée du Hamas, Abou Obeida, a averti que les otages encore retenus à Gaza seraient renvoyés "dans des cercueils" si Israël poursuivait sa pression militaire "au lieu de conclure un accord".

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a réclamé mardi une enquête "indépendante" sur l'"exécution sommaire" des six otages.

Mardi, la justice américaine a par ailleurs rendu publiques des poursuites visant six hauts responsables du Hamas, dont Yahya Sinouar, considéré comme le cerveau de l'attaque du 7 octobre, pour des chefs d'accusation de "terrorisme".

- "Jamais d'accord" -

M. Netanyahu "veut occuper Gaza indéfiniment (...) Israël ne rendra jamais un territoire dont il a besoin pour sa sécurité", a déclaré mardi à l'AFP Mairav Zonszein, analyste à l'International Crisis Group. "Il a en gros annoncé qu'il n'y aurait jamais d'accord sur les otages."

Le Premier ministre israélien affirme vouloir poursuivre la guerre jusqu'à la destruction du Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et est considéré comme un mouvement terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.

L'attaque menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël le 7 octobre, a entraîné la mort de 1.205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 97 sont toujours retenues à Gaza dont 33 déclarées mortes par l'armée.

En riposte, Israël a lancé une offensive d'ampleur à Gaza qui a fait jusque-là au moins 40.819 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas, provoquant un désastre humanitaire et sanitaire et le déplacement de la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants. La majorité des morts sont des femmes et des mineurs d'après l'ONU.

- Frappes meurtrières à Gaza -

A la faveur de "pauses humanitaires" de trois jours chacune, une campagne antipolio a été lancée dimanche dans le centre de Gaza avec l'objectif de vacciner plus de 640.000 enfants de moins de dix ans dans l'ensemble du territoire.

La campagne se déroule "bien", a dit Rik Peeperkorn, un responsable de l'Organisation mondiale de la santé. Le nombre total d'enfants de moins de dix ans vaccinés jusqu'à présent s'élève à 161.000, selon lui.

La campagne devrait se déplacer jeudi vers le sud du territoire dans le but de vacciner quelque 340.000 enfants puis dans le nord pour vacciner 150.000 autres.

Entretemps, l'offensive israélienne ne connaît pas de répit à Gaza.

Dans le sud, deux Palestiniens ont été tués dans la chute d'un obus sur une tente de déplacés à Khan Younès, selon la défense civile. Dans le centre, une frappe a visé une maison près d'Al-Bureij et des tirs d'artillerie ont ciblé Nousseirat.

Dans le nord, deux personnes ont été tuées et une trentaine blessées, dont certaines grièvement, dans un bombardement israélien sur une école à Gaza-ville, selon la défense civile. Selon l'armée israélienne, la frappe a visé un centre de commandement du Hamas sur un site qui accueillait avant une école.

L'armée poursuit parallèlement pour le septième jour consécutif son opération "antiterroriste" dans le nord de la Cisjordanie occupée durant laquelle trois personnes ont été tuées mardi, selon le ministère de la Santé palestinien, portant à 30 le nombre de morts palestiniens depuis le 28 août.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".