Joie et larmes pour le retour « à la maison » de prisonniers de guerre ukrainiens

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Publié le Samedi 14 septembre 2024

Joie et larmes pour le retour « à la maison » de prisonniers de guerre ukrainiens

A la frontière Ukraine/Bélarus: Tetyana Bougaï ne peut retenir ses larmes en téléphonant à sa soeur pour lui annoncer qu'elle est enfin de retour en Ukraine, après deux ans et demi de captivité aux mains de la Russie.

"Chaton, je t'ai appelée pour te dire que je suis là. Je vais bien", dit cette infirmière militaire de 29 ans, qui appartient à la brigade Azov.

Comme des centaines de combattants ukrainiens, elle avait été capturée durant le siège de Marioupol, ville du sud du pays encerclée et pilonnée par les troupes de Moscou, qui s'en sont finalement emparées en mai 2022.

"Je t'en supplie, ne pleure pas", dit Tetyana Bougaï à sa soeur. "On sera réunies bientôt, je t'aime très fort. Dis à tout le monde que je suis à la maison, d'accord?"

Vendredi, Kiev et Moscou ont procédé à un échange de prisonniers, l'un des tout derniers domaines où les deux pays en guerre coopèrent encore.

L'AFP a pu parler avec certains des 49 Ukrainiens libérés, dont 23 femmes, dans un endroit à la localisation tenue secrète, près de la frontière avec le Bélarus.

Cet échange incluait, pour la première fois en plus d'un an, des prisonniers de la brigade Azov.

Cette unité née d'un groupe ultranationaliste a gagné une réputation héroïque en Ukraine pour avoir défendu avec acharnement Marioupol, faisant oublier, au moins partiellement, l'image sulfureuse de ses débuts.

Mais la Russie, qui a bien conscience de leur statut emblématique pour les Ukrainiens, rechigne à les libérer.

D'autant que Moscou les présente comme des "nazis", des accusations que la brigade Azov rejette.

« Plus beau jour de ma vie »

Vendredi, certains des Ukrainiens fraîchement libérés, entre rire et larmes, chantent leur hymne national.

"Je peux pas le croire! J'ai attendu tous les jours et j'ai prié, et finalement ce jour est arrivé", s'exclame une ex-prisonnière, Tamara Mirochnikova, 28 ans.

Cette combattante d'Azov dit espérer que tous ses compatriotes "reviendront de cet enfer" et que "plus personne n'entendra les mots +prisonnier de guerre+".

Le groupe est ensuite installé dans un bus, en direction d'un hôpital du nord de l'Ukraine afin d'être examiné par des médecins.

En montant à bord, Tamara Mirochnikova se réjouit d'avoir parlé à sa mère et à ses enfants, ce qu'elle attendait "depuis deux ans et demi".

"Je ne savais pas comment ils allaient, où ils étaient. Aujourd'hui, c'est le plus beau jour de ma vie" s'émeut-elle.

Un drapeau ukrainien enveloppant ses épaules, elle s'assoit à côté de Tetyana Bougaï, dont elle s'était rapprochée pendant le siège de Marioupol.

Après leur capture, les deux femmes n'avaient eu aucun contact. Elles se sont revues pour la première fois il y a quelques jours, dans un train les acheminant hors de Russie.

« Encore un peu »

Enfin réunies, Tetyana et Tamara se prennent dans les bras et rient, saluant de la main les passants quand le bus traverse des villages.

"Notre peuple nous accueille", s'enthousiasme Tetyana Bougaï.

Toute à sa joie, elle préfère ne pas s'étendre sur sa détention, tout en admettant avoir connu des moments de désespoir.

"Mais je me disais: +allez, encore un peu+, et comme ça, petit à petit (...), je gardais espoir", raconte-t-elle.

Les combattants d'Azov savent bien que leur valeur symbolique réduit leur chance d'échange par rapport aux soldats issus d'unités moins célèbres.

"La propagande russe diabolise davantage certaines unités" et cela "a des conséquences sur le processus d'échange", déclare Andriï Ioussov, l'un des responsables ukrainiens en charge de ces sujets.

« Pardonne-moi »

Selon Tetyana Bougaï, les responsables pénitentiaires russes lui répétaient que personne ne l'attendait ou ne voulait d'elle en Ukraine.

Loin de son pays, elle a dû apprendre à se blinder.

La soignante a inventé un poème qu'elle a appris par coeur, dédié à sa soeur.

"Ma chère soeur, pardonne-moi pour la période pendant laquelle j'ai été prisonnière de guerre", commence-t-elle, récitant doucement le long texte pendant le trajet de bus.

"Il n'y a pas d'air pour nous en captivité, on meurt tous sur une terre étrangère. Ma patrie, je ne veux pas oublier la terre sacrée, ma soeur, mon père ou ma mère. Ukraine, écoute moi s'il te plaît, seule toi peut nous sauver."


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.