Belgique: Interpellé sur la place des femmes, le pape suscite «l'incompréhension»

Le pape François quitte l'audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre au Vatican, le mercredi 28 août 2024. (AP)
Le pape François quitte l'audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre au Vatican, le mercredi 28 août 2024. (AP)
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Publié le Lundi 30 septembre 2024

Belgique: Interpellé sur la place des femmes, le pape suscite «l'incompréhension»

  • «L'Église est une femme», a répondu François. «Ce qui caractérise la femme, ce qui est féminin, n’est pas déterminé par le consensus ou les idéologies», a-t-il poursuivi, sans aborder ce que pourraient être les évolutions concrètes sur la place des femmes
  • Cet échange en Belgique intervenait à quelques jours de l'ouverture au Vatican de l'Assemblée générale du Synode sur l'avenir de l'Eglise, un vaste chantier du pape qui se penche notamment sur la place des femmes dans l'Église

BRUXELLES : Le pape François a été vivement interpellé samedi par des étudiants sur la question de l'égalité des genres et la place des femmes dans l'Eglise catholique, mais sa réponse a suscité déception et incompréhension, y compris de la part de l'université belge qui l'accueillait.

Au deuxième jour de sa visite en Belgique, le pontife argentin avait programmé un échange à l'université catholique francophone de Louvain-la-Neuve (UCL), sur le thème de l'écologie et de la crise climatique.

Une occasion saisie par étudiants et professeurs pour l'interpeller aussi sur la justice sociale et la pauvreté, "majoritairement féminine" en raison du "système de domination" offrant aux hommes les premiers rôles dans la société. Et a fortiori dans l'Eglise.

"L'invisibilisation des femmes (...) a des conséquences sur la manière de vivre la transition écologique", ont-ils proclamé dans un texte lu en public devant plusieurs centaines d'étudiants et de membres du corps académique et universitaire.

"L'appel à un développement intégral nous paraît peu compatible avec les positions sur l’homosexualité et avec la place des femmes dans l’Église catholique", ont-ils ajouté.

"L'Eglise est une femme", a répondu François. "Ce qui caractérise la femme, ce qui est féminin, n’est pas déterminé par le consensus ou les idéologies", a-t-il poursuivi, sans aborder ce que pourraient être les évolutions concrètes sur la place des femmes dans l'Eglise.

Immédiatement après cet échange, l'UC Louvain a publié un communiqué disant son "incompréhension" et sa "désapprobation". Affirmer comme le pape l'a fait que la femme est "accueil fécond, soin, dévouement vital" est "une position réductrice", a fustigé l’université, qui se veut "inclusive" et opposée au sexisme.

Valentine Hendrix, qui suit un master de relations internationales à l'UCL, s’est dite "extrêmement déçue" par les propos du pape. "Il nous a vraiment laissées sur le côté, on est vraiment choquées de ce qu’il a dit à propos du rôle de la femme dans la société : on a un rôle fécond, conjugal, de maternité, aujourd’hui c'est exactement tout ce dont on veut s’émanciper", a regretté l'étudiante de 22 ans.

Une déception partagée par le climatologue Jean-Pascal Van Ypersele, figure de l'université catholique francophone. Le pape "n'a pas été à la hauteur", selon lui. "Répondre +L'Eglise est une femme+, c'est tout à fait passer à côté du cœur de l'interpellation".

- Hommage controversé au roi Baudoin -

Depuis son élection en 2013, le pape argentin a insisté sur la place faite aux femmes, multipliant par exemple les nominations à des postes de responsabilité dans la Curie, le gouvernement central du Saint-Siège. Mais les associations lui reprochent de ne pas faire assez en ce sens, notamment en refusant d'ouvrir la voie au diaconat féminin.

Cet échange en Belgique intervenait à quelques jours de l'ouverture au Vatican de l'Assemblée générale du Synode sur l'avenir de l'Eglise, un vaste chantier du pape qui se penche notamment sur la place des femmes dans l'Eglise.

Vendredi déjà, Luc Sels, recteur de la KU Leuven, le pendant flamand de l'université catholique de Louvain, avait soulevé face au pape la "grosse différence entre hommes et femmes dans l'Eglise", qui pourtant est "de facto si souvent soutenue par des femmes".

"L'Eglise ne serait-elle pas plus chaleureuse avec une place plus importante accordée aux femmes également dans le sacerdoce ?", a-t-il demandé. Une question à laquelle François n'a pas répondu.

Samedi, le pape a suscité une autre controverse en s'écartant de son programme officiel pour aller s'incliner à Bruxelles sur la tombe de l'ancien souverain belge Baudouin (1951-1993), dont il a salué le "courage" pour s'être opposé en 1990 à la "loi meurtrière" sur l'avortement.

Le palais royal belge a tenu à préciser que le roi Philippe, neveu de Baudouin, et son épouse Mathilde avaient accompagné le pape, "par courtoisie", lors de cette "visite impromptue" et au "caractère strictement privé" à la crypte royale de Laeken. Une manière de prendre ses distances avec le geste de François.

Arrivé jeudi soir en Belgique, le pape doit conclure sa visite dimanche par une grand-messe au stade Roi Baudouin à Bruxelles, où sont attendus plus de 35.000 fidèles.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.