Combats entre Israël et le Hezbollah au Liban, un premier soldat israélien tué

Une unité d'artillerie mobile israélienne tire un obus depuis le nord d'Israël en direction du Liban. (File/AP)
Une unité d'artillerie mobile israélienne tire un obus depuis le nord d'Israël en direction du Liban. (File/AP)
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Publié le Mercredi 02 octobre 2024

Combats entre Israël et le Hezbollah au Liban, un premier soldat israélien tué

  • Les troupes israéliennes ont engagé mercredi des combats contre le Hezbollah au Liban, où Israël a annoncé la mort d'un premier soldat depuis le début de ses incursions terrestres
  • Selon l'unité de gestion des catastrophes, 1.873 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des échanges de tirs transfrontaliers il y a un an

BEYROUTH: Les troupes israéliennes ont engagé mercredi des combats contre le Hezbollah au Liban, où Israël a annoncé la mort d'un premier soldat depuis le début de ses incursions terrestres, sur fond d'échanges de menaces avec Téhéran après l'attaque iranienne d'envergure menée la veille sur le territoire israélien.

L'armée israélienne, qui a aussi mené de nouvelles frappes aériennes contre le mouvement libanais soutenu par l'Iran, a annoncé que le capitaine Eitan Itzhak Oster, 22 ans, était tombé au combat au Liban. L'armée libanaise, qui a confirmé une "intrusion" israélienne, a affirmé qu'un drone israélien avait blessé un soldat dans le sud.

Le Hezbollah a dit avoir activé une bombe contre une unité israélienne près de la frontière, après y avoir rapporté des affrontements avec des forces israéliennes "infiltrées", au lendemain de l'annonce par Israël de premiers raids terrestres contre le mouvement islamiste.

Parallèlement, Israël et Téhéran ont échangé des menaces dans la foulée de l'attaque massive lancée mardi par l'Iran pour venger la mort des chefs du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué dans un raid israélien vendredi dans la banlieue sud de Beyrouth, et du Hamas palestinien, Ismaïl Haniyeh.

Ce dernier a été tué le 31 juillet dans un attentat à Téhéran, imputé à Israël par l'Iran et le Hamas.

"L'Iran a commis une grave erreur (...) et en paiera le prix", a averti le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, après le tir par l'Iran d'environ 180 missiles selon Israël, 200 selon Téhéran.

Téhéran a affirmé que "90% des missiles" avaient atteint leur cible.

Le chef d'état-major iranien, le général Mohammad Bagheri, a averti que l'Iran frapperait "avec une plus grande intensité", visant "toutes les infrastructures" du pays en cas de représailles israéliennes.

L'Iran a employé des missiles hypersoniques pour cette opération, une première, selon les médias iraniens.

Un grand nombre ont été interceptés par le système antimissile, a indiqué l'armée israélienne, qui a bénéficié du soutien des forces américaines et britanniques, selon le Pentagone et Londres.

L'attaque, la deuxième depuis avril, a fait retentir les sirènes à travers tout le pays, blessant deux personnes en Israël et tuant un Palestinien en Cisjordanie occupée, selon les secours et un responsable palestinien.

"C'était fou" et "extrêmement effrayant, rien que nous aurions pu prévoir", a relaté un habitant de Tel-Aviv, Ron Nori, âgé de 59 ans.

- Le "coeur d'Israël" visé -

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont affirmé avoir "visé le coeur" d'Israël.

Selon le chef d'état-major iranien, les missiles ont ciblé cinq bases aériennes militaires" et le Mossad, les services secrets israéliens.

L'Iran a exercé son "droit à l'autodéfense", après deux mois de "retenue" pour "laisser la place à un cessez-le-feu à Gaza", a écrit sur X son chef de la diplomatie, Seyed Abbas Araghchi.

Le journal pro-Hezbollah Al-Akhbar s'est félicité d'un "revers majeur" pour Israël.

"Cela ne va pas bien se terminer", la "retenue n'est pas le point fort" de M. Netanyahu, a commenté pour l'AFP l'analyste politique Jordan Barkin.

L'ancien Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a appelé à une frappe décisive pour détruire les installations nucléaires de l'Iran.

A Téhéran, Mansour Firouzabadi, un infirmier de 45 ans, s'est dit "vraiment inquiet" d'une "extension de la guerre", espérant "que les États-Unis cesseront de soutenir Israël et qu'Israël ne ripostera pas".

- Spirale "alarmante" -

Le 13 avril, en riposte à une frappe meurtrière imputée à Israël sur le consulat iranien à Damas, l'Iran avait mené une première attaque d'ampleur sur Israël, interceptée pour l'essentiel par Israël avec l'aide d'alliés, surtout les Etats-Unis.

"Les Etats-Unis soutiennent pleinement, pleinement, pleinement Israël", a déclaré mardi le président américain Joe Biden, faisant état de discussions "en cours" avec Israël sur la réponse à apporter.

L'Iran a averti Washington contre toute intervention, a déclaré M. Araghchi.

L'attaque a suscité une vague d'appels à la retenue, notamment de Moscou qui a averti mercredi d'une spirale "alarmante", et de Pékin.

L'Allemagne a appelé ses ressortissants à quitter l'Iran et a exhorté ce pays à "s'abstenir de toute nouvelle attaque, y compris par le biais de ses alliés".

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence mercredi, et Rome a convoqué une réunion du G7, selon une source gouvernementale italienne.

Cette escalade intervient après un an de guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, et d'échanges de tirs transfrontaliers avec le Hezbollah, allié du Hamas.

Avant les salves de missiles, un attentat, mené mardi à Tel-Aviv par des Palestiniens de Cisjordanie -l'un abattu et l'autre blessé, selon la police- a entraîné la mort de sept civils, dont un Grec, selon Athènes.

- Frappes au Liban et à Gaza -

Selon l'agence de presse libanaise ANI, l'aviation israélienne a mené mardi matin une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, après une nuit de bombardements.

Des journalistes de l'AFP ont signalé une vingtaine d'explosions pendant la nuit dans la capitale.

L'armée israélienne a ensuite appelé à l'évacuation "immédiate" de nouvelles localités dans le sud du Liban.

Selon un responsable israélien, l'opération terrestre menée depuis mardi consiste en des "raids localisés d'une ampleur très limitée", destinés, après plus d'une semaine de frappes aériennes visant le Hezbollah, à "éloigner les menaces" sur le nord d'Israël.

Au Liban, plus de mille personnes ont été tuées, selon le ministère de la Santé, depuis les explosions des appareils de transmission du Hezbollah, les 17 et 18 septembre, attribuées à Israël, et le début des bombardements massifs qui ont visé les bastions du mouvement islamiste à partir du 23 septembre.

Selon l'unité de gestion des catastrophes, 1.873 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des échanges de tirs transfrontaliers il y a un an.

Mercredi, l'armée israélienne a également annoncé avoir attaqué deux écoles dans le nord de la bande de Gaza et une troisième dans le centre, utilisées selon elle par le Hamas comme centres de commandement.


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
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  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
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  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.