Ministre saoudien des AE: La solution à deux États est la seule voie viable pour une paix durable

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (AFP)
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Publié le Jeudi 03 octobre 2024

Ministre saoudien des AE: La solution à deux États est la seule voie viable pour une paix durable

  • Dans une tribune publiée mercredi dans le Financial Times, le prince Faisal ben Farhane écrit qu'une solution à deux États est le seul moyen viable d'assurer la sécurité à long terme de la Palestine, d'Israël et de l'ensemble de la région
  • Le Royaume travaillera sans relâche à la création d'un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, et n'établira pas de relations diplomatiques avec Israël tant que cela ne sera pas le cas, a-t-il ajouté

LONDRES: Le moment est venu de s'engager sur la voie irréversible de la résolution du conflit entre Israéliens et Palestiniens, qui aboutira à la création de deux États indépendants dans lesquels les peuples pourront vivre côte à côte en paix, a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite.

Dans une tribune publiée mercredi dans le Financial Times, le prince Faisal ben Farhane écrit qu'une solution à deux États est le seul moyen viable d'assurer la sécurité à long terme de la Palestine, d'Israël et de l'ensemble de la région.

Le Royaume travaillera sans relâche à la création d'un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, et n'établira pas de relations diplomatiques avec Israël tant que cela ne sera pas le cas, a-t-il ajouté. Ses propos font écho à une réaffirmation de la position saoudienne par le prince héritier Mohammed ben Salmane lors d'un récent discours devant le Conseil de la Choura.

Le prince Faisal a déclaré qu'un État palestinien indépendant garantirait les bénéfices recherchés par le Royaume: la stabilité, l'intégration et la prospérité régionales. Sa tribune fait suite à une forte escalade du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban ces dernières semaines et à une attaque de missiles iraniens contre Israël mardi.

«Il est essentiel de comprendre que les véritables obstacles à la paix ne sont pas les Palestiniens et les Israéliens, qui aspirent à la stabilité et à la coexistence, mais plutôt les radicaux et les bellicistes des deux camps qui rejettent une résolution juste et cherchent à étendre ce conflit dans toute notre région et au-delà», a-t-il écrit.

«Ces extrémistes ne doivent pas dicter l'avenir de nos peuples ni leur imposer la guerre. Les voix de la modération doivent s'élever au-dessus du vacarme du conflit et il est de notre responsabilité collective de veiller à ce qu'elles soient entendues.»

Le prince Faisal a déclaré que l'autodétermination est un droit que le peuple palestinien mérite et duquel il peut bénéficier, et que l'Arabie saoudite et d'autres pays s'efforcent d'obtenir la reconnaissance mondiale de la Palestine en tant qu'État souverain. Il a encouragé les nations qui ont exprimé en privé leur volonté de le faire à le faire publiquement, car il est maintenant «temps de se placer du bon côté de l'histoire».

Il a poursuivi: «La simple reconnaissance de la Palestine ne suffit pas. Nous devons exiger davantage de responsabilité, conformément aux avis de la Cour internationale de justice. Cela inclut la mise en œuvre des résolutions de l'ONU, l'imposition de mesures punitives à l'encontre de ceux qui œuvrent pour saper l'existence de l'État palestinien et des incitations pour ceux qui le soutiennent.»

Il a déclaré que la poursuite de l'assaut sur Gaza, l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée et l'imposition de restrictions à la circulation par les autorités israéliennes «créent une réalité qui réduit les perspectives d'un État palestinien souverain».

«L'intransigeance israélienne ne fait qu'exacerber les tensions et éroder la confiance, rendant les négociations diplomatiques de plus en plus difficiles, prolongeant les souffrances des deux parties et poussant la région toujours plus près d'une guerre plus large», a-t-il ajouté.

Le prince a appelé à soutenir l'Autorité palestinienne qui, selon lui, a fait preuve de persévérance «en maintenant le calme en Cisjordanie occupée malgré des obstacles incessants».

Il a poursuivi: «Son engagement en faveur de la non-violence et de la coopération doit être soutenu. Une résolution durable ne peut être obtenue sans que Gaza et la Cisjordanie occupée ne soient sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.»

«La création d'un État palestinien est une condition préalable à la paix, et non un sous-produit. C'est la seule voie qui puisse nous sortir de ce cycle de violence et nous mener vers un avenir où Israéliens et Palestiniens pourront vivre en paix, dans la sécurité et le respect mutuel. N'attendons pas plus longtemps.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".