La présidentielle américaine sous influence de la guerre au Proche-Orient

Cette combinaison d'images créées le 1er octobre 2024 montre, de gauche à droite, l'ancien président des États-Unis et candidat républicain à la présidence Donald Trump arrivant pour prendre la parole lors d'un événement de campagne à Dane Manufacturing à Waunakee, Wisconsin, le 1er octobre 2024, et la vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à la présidence Kamala Harris faisant un geste alors qu'elle quitte la scène après avoir pris la parole lors d'un rassemblement de campagne à Douglas, Arizona, le 27 septembre 2024. (AFP)
Cette combinaison d'images créées le 1er octobre 2024 montre, de gauche à droite, l'ancien président des États-Unis et candidat républicain à la présidence Donald Trump arrivant pour prendre la parole lors d'un événement de campagne à Dane Manufacturing à Waunakee, Wisconsin, le 1er octobre 2024, et la vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à la présidence Kamala Harris faisant un geste alors qu'elle quitte la scène après avoir pris la parole lors d'un rassemblement de campagne à Douglas, Arizona, le 27 septembre 2024. (AFP)
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Publié le Vendredi 04 octobre 2024

La présidentielle américaine sous influence de la guerre au Proche-Orient

  • La guerre au Proche-Orient pèse non seulement en continu sur la campagne électorale américaine, mais elle pourrait aussi influencer le résultat du scrutin du 5 novembre
  • Le milliardaire septuagénaire compte profiter des tensions au Proche-Orient pour combler son retard au sein de l'électorat juif américain, qui privilégie majoritairement Kamala Harris dans ses intentions de vote

WASHINGTON: Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la guerre au Proche-Orient pèse non seulement en continu sur la campagne électorale américaine, mais elle pourrait aussi influencer le résultat du scrutin du 5 novembre.

Côté démocrate, la vice-présidente Kamala Harris marche sur des oeufs, ayant succédé comme candidate du parti à un Joe Biden dont le franc soutien affiché d'emblée au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lui a valu de s'aliéner une partie de l'aile gauche et des musulmans américains.

Côté républicain, Donald Trump n'a de cesse de décrire une planète au bord de la troisième guerre mondiale, imputant cette situation apocalyptique au tandem Joe Biden-Kamala Harris.

Il a annoncé mercredi sa participation à une cérémonie de commémoration de l'attaque du 7 octobre, en présence de responsables de la communauté juive.

Avec l'intention d'y marteler le message suivant: "Les politiques incompétentes et vouées à l'échec de l'administration Harris-Biden ont permis aux agents de l'Iran de semer la mort et la destruction, avec des conséquences mondiales catastrophiques".

Lui au pouvoir, répète-t-il depuis un an, il n'y aurait jamais eu de 7 octobre en Israël.

- "Stéréotypes antisémites" -

Le milliardaire septuagénaire compte profiter des tensions au Proche-Orient pour combler son retard au sein de l'électorat juif américain, qui privilégie majoritairement Kamala Harris dans ses intentions de vote.

"Elle déteste Israël", a affirmé Donald Trump lors du débat qui a opposé les deux candidats.

Le républicain est allé jusqu'à affirmer que les juifs devraient se faire "examiner la tête" s'ils votaient démocrate. Il a accusé le sénateur Chuck Schumer, l'élu juif occupant la plus haute fonction dans le pays, d'être devenu "un membre fier du Hamas". Il a soutenu qu'Israël cesserait d'exister en moins de deux ans si Kamala Harris était élue. Enfin, Donald Trump a dit que les juifs pourraient être tenus responsables s'il perdait l'élection.

Avec ces déclarations à l'emporte-pièce, le républicain espère sans doute gagner des points dans les Etats de New York et de la Pennsylvanie, qui comptent une importante population juive.

Pas sûr qu'il y parvienne au vu de certaines réactions. L'American Jewish Committee a dénoncé une rhétorique "dangereuse" et le Jewish Council for Public Affairs (JCPA) a reproché au candidat d'utiliser des "stéréotypes antisémites".

Mais, avec un système électoral dans lequel un seul Etat-clé est susceptible de faire basculer le résultat de la présidentielle, les yeux sont également braqués sur le Michigan.

- "Inquiétudes vis-à-vis des Palestiniens" -

"Etant donné l'importante proportion d'électeurs dans le Michigan qui sont arabes américains, et vu comment fonctionne le collège électoral, les inquiétudes vis-à-vis des Palestiniens peuvent influer sur le résultat", explique à l'AFP Michael Traugott, professeur de sciences politiques à l'Université du Michigan.

"Il est encore trop tôt pour savoir si l'incursion israélienne au Liban aura un impact sur la course présidentielle", ajoute-t-il.

Consciente de la division au sein de son parti sur la question de l'offensive israélienne à Gaza, Kamala Harris joue les équilibristes.

Pour l'essentiel, elle a emboîté le pas à Joe Biden, qui avait été à Tel-Aviv dès le 18 octobre pour témoigner à Benjamin Netanyahu du soutien "éternel" des Etats-Unis.

La démocrate défend ainsi vigoureusement "le droit d'Israël à se défendre", sans remettre en cause l'aide militaire américaine.

Mais elle s'est montrée plus insistante que le président sur une demande de cessez-le-feu à Gaza, promet de ne pas "rester silencieuse" face aux souffrances des Palestiniens et a prétexté d'un empêchement lors de la venue de Benjamin Netanyahu au Congrès, le 24 juillet dernier.

Une absence remarquée alors que des dizaines de représentants démocrates avaient choisi de boycotter ce discours. Dans les travées de l'hémicycle se trouvait Rashida Tlaib, une élue du Michigan, accusant de "génocide" le Premier ministre israélien, tandis que celui-ci promettait une "victoire totale" contre le Hamas.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.