Liban : la Finul juge « extrêmement dangereuses » des opérations israéliennes près d'une de ses positions

Des véhicules blindés de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) patrouillent à l'entrée de la ville de Naqoura, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 17 juin 2024. (AFP)
Des véhicules blindés de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) patrouillent à l'entrée de la ville de Naqoura, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 17 juin 2024. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 octobre 2024

Liban : la Finul juge « extrêmement dangereuses » des opérations israéliennes près d'une de ses positions

  • la Finul se dit "profondément préoccupée par les activités récentes de l'armée israélienne à proximité immédiate d'une de ses positions au Liban.

BEYROUTH : La Force Intérimaire des Nations unies (Finul), déployée le long de la frontière entre Israël et le Liban, a déclaré dimanche que les opérations de l'armée israélienne près d'une de ses positions au Liban étaient "extrêmement dangereuses".

Dans un communiqué, la Finul se dit "profondément préoccupée par les activités récentes de l'armée israélienne à proximité immédiate" d'une de ses positions près du village frontalier libanais de Maroun al-Ras. "Il s'agit d'une évolution extrêmement dangereuse", a ajouté la force de l'ONU, après qu'Israël a lancé le 30 septembre des opérations terrestres contre le Hezbollah dans le sud du Liban.

"Il est inacceptable de compromettre la sécurité des soldats de la paix de l'ONU qui accomplissent les tâches qui leur ont été confiées par le Conseil de sécurité", ajoute la Finul, rappelant à "tous les acteurs "l'obligation de protéger le personnel et les biens de l'ONU".

La veille, la Finul avait annoncé "maintenir ses positions", malgré une demande de l'armée israélienne de "déplacer certaines" d'entre elles.

Elle avait exhorté "le Liban et Israël à appliquer la résolution du Conseil de sécurité 1701, seule solution viable pour ramener la stabilité dans la région".

Cette résolution, qui avait acté la fin de la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, stipule que seules les forces de maintien de la paix de l'ONU et l'armée libanaise peuvent être déployées dans le sud du Liban.

Elle prévoit le retrait des forces armées non-étatiques, donc du Hezbollah.

En dépit de cette résolution, le mouvement islamiste armé a maintenu depuis 2006 une présence dans le sud du pays, où sont déployés quelque 10.000 Casques bleus.


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
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  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.


L'Iran en passe d'être «décimé», assure Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
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  • L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu
  • "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures.

"Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium et qu'il n'a plus la capacité de produire des missiles balistiques", a déclaré M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d'abord dit que son objectif était d'éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu'il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.

D'après le Premier ministre israélien, l'arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd'hui fortement amoindri.

L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.

Si Washington n'a pas non plus fixé d'échéance à ses opérations militaires, le président Trump a assuré jeudi qu'il ne déployait "pas de troupes".

Raffineries touchées 

Conséquence des frappes massives jeudi sur des sites de production d'hydrocarbures dans le Golfe, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5% jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars.

Le gaz européen s'est lui envolé (jusqu'à +35%), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse tout comme le Dow Jones et le Nasdaq à New York.

Parmi les installations visées: Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des "dommages considérables", selon Doha.

Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%.

Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

L'Iran, qui dit viser le Golfe parce qu'il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Moratoire" 

Donald Trump a indiqué qu'Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, "sous le coup de la colère".

Israël a "agi seul", a confirmé Benjamin Netanyahu. "Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons", a déclaré le Premier ministre.

Donald Trump a toutefois menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont appelé jeudi à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant également toutes les parties à une "retenue maximale".

Si d'autres infrastructures sont visées, le baril "dépassera probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire", estime Aditya Saraswat, analyste à Rystad Energy.

Pour ajouter au marché pétrolier des millions de barils, Washington pourrait lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, mais uniquement celui qui est déjà stocké en mer sur des navires, selon le ministre des Finances Scott Bessent.

Dans la même optique, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole, comme annoncé mi-mars.

"Tensions" 

Au 20e jour de la guerre, l'Iran démontre conserver une importante capacité de frappe.

"Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain", a toutefois assuré Benjamin Netanyahu, qui a dit en outre ne pas vraiment savoir "qui dirige l'Iran en ce moment".

"Ce que nous constatons, c'est qu'il y a beaucoup de tensions parmi ceux qui se disputent le pouvoir", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Peu après ses déclarations, plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem à la suite du signalement d'une nouvelle salve de missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d'Ormuz reste bloqué quasi totalement par Téhéran.

Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule d'ordinaire par ce passage.

Après un appel américain qui était d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, le moment venu.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué en ce sens la possibilité d'un "cadre onusien" pour une future mission, après les hostilités.

Dans la capitale iranienne, rien ou presque ne suggérait jeudi un pays enlisé dans la guerre.

A la veille de Norouz, le Nouvel an persan habituellement célébré avec faste, le centre-ville était comme à l'accoutumée embouteillé, mais avec une présence des forces de sécurité plus importante que d'ordinaire.

 


Israël poursuit ses frappes sur l'Iran

Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe. (AFP)
Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe. (AFP)
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  • Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars
  • Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans

JERUSALEM: Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe.

"Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé", a affirmé jeudi M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée, assurant que Téhéran n'a plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques".

"Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.

Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars.

Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans. Pays à majorité chiite, l'Iran a lui fixé à samedi la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Raffinerie ciblée au Koweït 

Le Golfe est lui encore ciblé par des tirs de missiles et de drones. Les Emirats arabes unis ont dit répondre à des attaques de missiles, l'Arabie saoudite avoir intercepté plusieurs drones, surtout dans l'est du pays, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

Au Koweït, une raffinerie, déjà visée jeudi, a subi une nouvelle attaque de drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs de ses unités.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël depuis le 28 février, Téhéran vise les intérêts américains dans les pays du Golfe et les infrastructures énergétiques, alimentant les craintes de répercussions majeures sur l'économie mondiale.

Le prix du gaz en Europe s'est emballé jeudi, poussant le cours du TTF néerlandais, référence européenne, à des niveaux jamais vus depuis 2023.

Le Qatar a estimé que sa capacité d'exportation de GNL était réduite de 17%, après les attaques récentes sur son plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d'Israël à l'encontre du site offshore de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d'Iran et Benjamin Netanyahu a dit s'y "conform(er)". Mais le président américain a aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Notre réponse à l'attaque israélienne contre nos infrastructures n'a mobilisé qu'une FRACTION de notre puissance", a-t-il averti.

Ormuz: Macron évoque un "cadre onusien" 

Inquiets des conséquences, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi soir à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant les parties à une "retenue maximale".

Après un appel américain d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" au moment venu, aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux bloqué de facto par l'Iran.

Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n'est envisageable qu'après un arrêt des combats.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un "cadre onusien" pour une telle mission.

Pour détendre le marché pétrolier, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.

Liban: pas de proposition de plan français 

Au Liban, entraîné dans la guerre le 2 mars par le mouvement pro-iranien Hezbollah, le président Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël, à l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, qui doit se rendre vendredi en Israël.

"Notre rôle n'est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers", mais "d'aider à ce qu'il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens", a déclaré, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron, estimant que cela dépendait d'un feu vert israélien.