L'Arabie saoudite est « sincère » et constitue un lieu « acceptable » pour d'éventuels pourparlers de paix en Ukraine, selon Vladimir Poutine

Le président russe Vladimir Poutine participe à une réunion avec les responsables des principaux médias des pays membres des BRICS dans la région de Moscou, Russie, le 18 octobre 2024. (Sputnik/Pool via Reuters)
Le président russe Vladimir Poutine participe à une réunion avec les responsables des principaux médias des pays membres des BRICS dans la région de Moscou, Russie, le 18 octobre 2024. (Sputnik/Pool via Reuters)
Short Url
Publié le Vendredi 18 octobre 2024

L'Arabie saoudite est « sincère » et constitue un lieu « acceptable » pour d'éventuels pourparlers de paix en Ukraine, selon Vladimir Poutine

  • Le président russe soutient la solution des deux États, déclare le président palestinien invité au sommet des BRICS

MOSCOU : L'Arabie saoudite est « sincère » dans ses efforts et serait un lieu acceptable pour des pourparlers de paix russo-ukrainiens, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine, mais toute négociation dépendrait de la levée par l'Ukraine de son interdiction de traiter avec la Russie.

Lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du lancement du Forum d'affaires des BRICS dans la capitale russe, M. Poutine a répondu à une question d'Arab News qu'il était ouvert à l'idée de participer à une conférence de paix organisée par l'Arabie saoudite, tout en précisant que si le Royaume était un lieu acceptable, le contenu des discussions importait plus que le lieu.

« Si de telles mesures sont organisées en Arabie saoudite et que l'endroit, le lieu, est acceptable, cela nous conviendrait », a-t-il déclaré en réponse à une question du rédacteur en chef d'Arab News, Faisal J. Abbas.

Toutefois, M. Poutine a insisté sur le fait que les pourparlers devraient se fonder sur les négociations précédentes, en particulier sur le projet d'accord initialement conclu à Istanbul en 2022, dont l'Ukraine s'est ensuite retirée, selon lui.

« Nous sommes prêts à poursuivre le dialogue pour parvenir à la paix, mais en nous appuyant sur un document qui a fait l'objet de discussions approfondies pendant de nombreux mois et qui a été paraphé par la partie ukrainienne », a-t-il déclaré, ajoutant que c'était l'Ukraine, et non la Russie, qui avait interrompu les négociations.

L'Arabie saoudite, bien qu'elle ait condamné l'offensive russe aux Nations unies, a adopté une position équilibrée, entretenant des relations solides tant avec la Russie qu'avec l'Ukraine, et a exprimé sa volonté de contribuer à la résolution de la crise. M. Poutine a salué l'approche équilibrée du Royaume et sa capacité à engager le dialogue avec les deux parties.

Il a précisé que la Russie restait ouverte à des négociations de paix. « Nous serions prêts à revenir », a-t-il déclaré. « Comme aucune autre, la Russie est intéressée par la poursuite des négociations dès que possible par des moyens pacifiques ».

M. Poutine a également salué les initiatives d'autres pays.

--
Le président russe Vladimir Poutine (C) avec des membres des médias des pays BRICS et des pays invités. (Yandex)

Louant les liens entre Moscou et Riyad, M. Poutine a déclaré : « Nous avons de bonnes relations avec le roi et des relations personnelles amicales avec le prince héritier. Je sais, et je suis sûr, que tout ce que l'Arabie saoudite fait dans ce domaine, elle le fait sincèrement. Il n'y a aucun doute à ce sujet ».

Il a souligné que l'Arabie saoudite s'était révélée être un intermédiaire précieux, équilibrant ses relations amicales à la fois avec Moscou et avec le prince héritier.

Le 16e sommet annuel des BRICS se tiendra à Kazan, en Russie, la semaine prochaine entre les cinq pays homonymes - Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud - ainsi que la première réunion des nouveaux membres que sont l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats arabes unis.

L'Arabie saoudite, qui a été invitée l'année dernière à rejoindre le bloc, sera représentée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan.

Depuis près d'un an, le ministre saoudien des affaires étrangères déploie d'intenses efforts diplomatiques en vue d'obtenir la reconnaissance mondiale d'un État palestinien et de trouver un moyen de mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

M. Poutine a déclaré à Arab News que la crise israélo-palestinienne serait à l'ordre du jour des discussions entre les deux pays.

Il a réitéré le soutien du Kremlin à la mise en œuvre de la solution des deux États, ajoutant qu'il était en contact avec les autorités israéliennes et palestiniennes et qu'il avait invité le président palestinien Mahmoud Abbas à participer au sommet de la semaine prochaine.

--
M. Poutine a déclaré à Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d'Arab News, que la crise israélo-palestinienne serait à l'ordre du jour des discussions entre les pays BRICS la semaine prochaine. (Capture d'écran)

« Notre position est bien connue », a déclaré M. Poutine. « La base de notre position est que nous devons mettre en pratique la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la construction de deux États - Israël et l'État de Palestine. C'est la cause première de tous les problèmes ».

Il a également déclaré que la résolution de la question palestinienne ne pouvait se résumer à des mesures économiques, soulignant la nécessité d'aborder les dimensions « historiques » et « spirituelles » profondes du conflit.

« À mon avis, outre les préoccupations matérielles, il y a des aspects liés au domaine spirituel, à l'histoire, aux aspirations des peuples vivant dans certains territoires », a-t-il déclaré. « Je pense qu'il s'agit d'une idée beaucoup plus profonde et plus complexe ».

Pour M. Poutine, la solution consiste à garantir aux Palestiniens le droit au retour. Il a précisé que la position de la Russie, établie à l'époque soviétique, restait inchangée. « La principale méthode pour régler la question palestinienne consiste à créer un État de Palestine à part entière », a-t-il déclaré.

M. Poutine a également critiqué la dissolution du Quartet pour le Moyen-Orient, un groupe composé des Nations unies, de l'Union européenne, de la Russie et des États-Unis, qui visait à assurer une médiation entre Israéliens et Palestiniens.

« Malheureusement, ce n'était pas la bonne chose à faire que de dissoudre le (Quartet). Je veux dire qu'ils (les États-Unis) ne sont pas à blâmer pour tout, mais le (Quartet) fonctionnait. Ils (les États-Unis) ont monopolisé tout le travail. Mais il a fini par échouer, malheureusement ».

Au cours de la séance d'information, M. Poutine a également déclaré que 30 autres pays avaient exprimé leur intérêt pour une coopération avec les nations des BRICS, et a affirmé que ses « portes sont ouvertes, nous n'excluons personne ».

Il a fait écho au Premier ministre indien Narendra Modi en déclarant que les BRICS n'étaient « pas une alliance anti-occidentale, juste une alliance non-occidentale ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

Short Url
  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

Short Url
  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Short Url
  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.