Macron en visite d’État à Rabat pour sceller le réchauffement avec Paris

Le président français Emmanuel Macron attend l'arrivée du président du Panama Jose Raul Mulino pour une réunion au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 21 octobre 2024. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l'arrivée du président du Panama Jose Raul Mulino pour une réunion au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 21 octobre 2024. (AFP)
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Publié le Samedi 26 octobre 2024

Macron en visite d’État à Rabat pour sceller le réchauffement avec Paris

  • Le président français Emmanuel Macron effectue ce lundi 28 octobre, une visite d’état de trois jours au Maroc
  • D’après l’Elysée, cette visite a pour but de « marquer une nouvelle ambition pour les trente années à venir » de la relation entre les deux pays

PARIS : Le président français Emmanuel Macron effectue ce lundi 28 octobre, une visite d’état de trois jours au Maroc, censée sceller le réchauffement des relations franco-marocaines après une période de froid de presque trois ans.

D’après l’Elysée, cette visite a pour but de « marquer une nouvelle ambition pour les trente années à venir » de la relation entre les deux pays, et elle souligne la « nécessité d’avancer sur nos plans de développements respectifs », donc le plan France relance 2030 et le plan du nouveau modèle de développement marocain.

Elle fait suite à une invitation adressée à Macron et son épouse, fin septembre dernier par le roi du Maroc Mohamed VI, et vise « à répondre à plusieurs nouveaux défis et objectifs communs » indique le palais présidentiel.

En détail, il s’agit « de pouvoir répondre aux aspirations des nouvelles générations » et cela « s’inscrira dans une série de feuilles de route qui ont été négociées ces derniers mois » notamment en matière d’enseignement supérieurs, de recherche et en matière d’éducation.

Il s’agit également toujours selon l’Elysée, de « répondre à de nouvelles réalités à la fois marocaines, mais également régionales et internationales » pour renforcer « notre souveraineté respective » dans différents domaines énergétiques, sanitaires et environnementaux.

Accompagné d’une délégation ministérielle comprenant notamment les deux ministres de l’intérieur Bruno Retailleau et de la défense Sebastien leCornu, et d’une délégation d’hommes d’affaires, la visite du président français sera l’occasion pour la signature de plusieurs accords franco-marocains.

Macron arrivera à Rabat le 28 octobre, il sera accueilli par Mohamed VI avec qui il aura un entretien en tête à tête, suivi d’une cérémonie de signature d’accords dans le domaine de la sécurité intérieure, l’énergie, l’eau, et l’éducation, en présence des deux chefs d’État.

Le lendemain, macron effectuera une série de rencontres politiques, dont l’une avec le chef du gouvernement marocain, puis avec le président du parlement et un entretien avec le président de la chambre des conseillers du royaume.

Le point d’orgue de la visite d’état sera l’allocution que prononcera Macron devant le parlement marocain, puis il entamera une une série d’activités dont une rencontre avec la scène culturelle et scientifique franco-marocaine.

La visite sera clôturée le 30 octobre par une séquence sur la sécurité alimentaire et l’agriculture durable en Afrique associant des représentants de la société civile, et pour finir une réception offerte à la communauté française au Maroc.

Il est évident que cette visite fait l’objet de toutes les attentions de la part du côté français, afin d’éviter tout ce qui peut enrayer un bon redémarrage des relations avec le Maroc.

La France et le Maroc étaient brouillés à cause d’une forte réduction, (à l’automne 2021), des visas accordés par la France aux ressortissants maghrébins, des restrictions levées en décembre 2022.

La politique de rapprochement engagée par le président français à l’égard d’Alger, où il s’était rendu à l’été 2022 pour sceller une période de réconciliation, avait également irrité Rabat.

Le 30 juillet, Macron avait ouvert la voie à ce redémarrage en apportant son soutien au plan d’autonomie marocain pour le territoire du Sahara occidental, considérant qu’il s’agissait de « la seule base » permettant de résoudre le conflit de près de cinquante ans avec les indépendantistes du Front Polisario, soutenu par l’Algérie voisine.

Cette prise de position avait suscité la colère du gouvernement algérien qui a retiré son ambassadeur à Paris, en signe de protestation, une véritable brouille est installée depuis entre Paris et Alger en dépit de multiples initiatives politiques économiques et mémorielles déployées par Macron pour apaiser définitivement les relations bilatérales.

Pour rappel, cette visite d’Emmanuel Macron est la première visite d’état qu’il effectue au Maroc, Il s’était rendu à deux reprises au Royaume, en juin 2017 dans le cadre d’une visite « d’amitié et de travail », puis en novembre 2018 pour l’inauguration officielle du TGV Tanger-Casablanca.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
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  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.


Narcotrafic: pour Amine Kessaci, il faut «protéger» les personnes menacées mais aussi leur «permettre de vivre»

Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai. (AFP)
Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai. (AFP)
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  • Engagé contre le narcotrafic après la mort de son frère Brahim dans un narchomicide il y a cinq ans, Amine Kessaci vit sous protection policière depuis septembre, après qu'un contrat a été placé sur sa tête
  • Son petit frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son engagement. Sa famille vit depuis aussi sous protection

PARIS: Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai.

Sans critiquer le dispositif de protection existant, il appelle le gouvernement à "aller plus loin" pour "accompagner" les personnes protégées dans leur quotidien, qu'il s'agisse d'études, d'emploi ou de logement.

Engagé contre le narcotrafic après la mort de son frère Brahim dans un narchomicide il y a cinq ans, Amine Kessaci vit sous protection policière depuis septembre, après qu'un contrat a été placé sur sa tête.

Son petit frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son engagement. Sa famille vit depuis aussi sous protection.

Les écologistes ont fait adopter mi-février à l'Assemblée un texte visant à mieux protéger les personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée. Les sénateurs écologistes comptent le reprendre le 7 mai lors d'une journée réservée.

Ce texte "est né uniquement par l'histoire de mon petit frère (...) Mehdi, assassiné pour rien, parce qu'il était mon petit frère", explique Amine Kessaci.

Membre du parti Les Ecologistes, candidat à Marseille sur la liste du maire sortant Benoît Payan, Amine Kessaci a rappelé avoir été exfiltré début février d'un meeting à Aix-en-Provence, face à une menace imminente.

Il a salué jeudi les "policières et policiers" qui ont réagi "avec un calme absolu". "C'est important, quand beaucoup leur jettent tous les maux de la société" qu'on "leur reconnaisse ça".

S'il estime qu'une personne menacée en France "est protégée", le militant de 22 ans considère que la protection ne peut se limiter à la sécurité physique, et doit permettre de poursuivre des études, d'avoir un emploi et un logement. "On a besoin de tout ce qu'il y a à côté".

Ex-veilleur de nuit dans un foyer, il souligne que le service chargé de sa protection, habitué à protéger des personnalités comme des ministres, a fait face à la nécessité nouvelle de protéger des personnes ayant une vie étudiante ou professionnelle classique.

Il explique avoir dû déménager trois fois depuis sa mise sous protection. "J'ai dû me débrouiller", dit-il.

Il a lancé un appel au gouvernement afin qu'il s'empare du texte écologiste et l'amende, précisant avoir déjà eu des échanges avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.