L'assassinat de Samuel Paty et ses suites

Un homme regarde les fleurs déposées devant le lycée du Bois d'Aulne en hommage au professeur d'histoire Samuel Paty, le 19 octobre 2020. (AFP)
Un homme regarde les fleurs déposées devant le lycée du Bois d'Aulne en hommage au professeur d'histoire Samuel Paty, le 19 octobre 2020. (AFP)
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Publié le Mardi 29 octobre 2024

L'assassinat de Samuel Paty et ses suites

  • En avril 2022, dix membres de la famille du professeur, à l'exception de son ex-compagne, portent plainte contre l'administration qu'ils considèrent fautive de n'avoir pas protégé l'enseignant
  • Le 9 juillet 2024, une des soeurs de Samuel Paty, Mickaëlle Paty, saisit la justice administrative pour faire reconnaître la responsabilité de l'Etat

PARIS: De l'assassinat de Samuel Paty, professeur décapité le 16 octobre 2020 par un jeune musulman radicalisé, au procès de huit majeurs jugés à partir de lundi, voici les principales dates de l'affaire:

- L'assassinat -

Le 16 octobre 2020 vers 17H00, Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie de 47 ans, est poignardé puis décapité près du collège où il enseignait, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

L'assassin, Abdoullakh Anzorov, 18 ans, réfugié russe d'origine tchétchène qui habitait à Evreux (Eure), est tué par des policiers peu après son acte. Dans un message en russe enregistré avant de tuer, il revendiquait son geste et se targuait d'avoir "vengé le prophète" de l'islam Mahomet.

- Les caricatures -

Une dizaine de jours auparavant, Samuel Paty avait fait un cours sur la liberté d'expression à ses élèves de 4ème au collège du Bois d'Aulne, montrant, pour illustrer son propos, deux caricatures du prophète Mahomet publiées par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

Une élève, alors exclue pour indiscipline, avait prétendu ensuite à son père, à tort, avoir assisté au cours et que le professeur avait demandé aux élèves musulmans de se signaler et de sortir de classe.

- La polémique -

Le père de la collégienne, Brahim Chnina, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui lancent une virulente campagne sur les réseaux sociaux et publient des vidéos prenant pour cible l'enseignant. Ils sont reçus par la principale du collège.

M. Chnina porte plainte contre Samuel Paty pour diffusion d'image pornographique. Et il échange par téléphone avec l'assassin, informé de la polémique visant l'enseignant via une de ses vidéos.

M. Paty dépose en retour une plainte en diffamation.

- L'enquête antiterroriste -

Près de deux ans après l'assassinat, les juges d'instruction antiterroristes clôturent l'information judiciaire. Mi-mai 2023, ils ordonnent deux procès, celui qui s'ouvre lundi devant la cour d'assises spéciale pour huit majeurs, dont MM. Chnina et Sefrioui, ainsi que deux amis de l'assaillant accusés de complicité, et un autre devant le tribunal pour enfants pour six collégiens.

Ces adolescents ont été condamnés le 8 décembre 2023 à des peines allant de 14 mois de prison avec sursis à six mois de prison ferme - aménagés sous bracelet électronique. Cinq pour avoir surveillé les abords du collège et désigné Samuel Paty à l'assaillant, contre rémunération. La fille de M. Chnina pour dénonciation calomnieuse.

- Plainte contre l'administration -

En avril 2022, dix membres de la famille du professeur, à l'exception de son ex-compagne, portent plainte contre l'administration qu'ils considèrent fautive de n'avoir pas protégé l'enseignant. Ils obtiennent l'ouverture d'une enquête à Paris pour non-assistance à personne en péril et non-empêchement de crime.

Le 9 juillet 2024, une des soeurs de Samuel Paty, Mickaëlle Paty, saisit la justice administrative pour faire reconnaître la responsabilité de l'Etat.

- Fermeture et dissolutions -

Cinq jours après l'attaque, la mosquée de Pantin, dont les responsables avaient relayé sur Facebook la vidéo du père de l'élève, est fermée pour six mois. Trois associations proches de la mouvance islamiste sont aussi dissoutes dans la foulée.

Le 21 octobre 2020, un hommage national à Samuel Paty est organisé à Paris. Emmanuel Macron y défend la liberté de caricaturer le prophète Mahomet. Protestations et appels au boycott se multiplient dans le monde arabo-musulman.

- Lutte contre le séparatisme -

En avril 2021, un "fonds Marianne pour la République" est lancé par la ministre Marlène Schiappa pour financer des projets de lutte contre le séparatisme. En mai 2023, le Parquet national financier (PNF) ouvre une information judiciaire pour des soupçons de détournement de fonds publics dans la gestion de ce fonds.

Le 13 octobre 2023, trois ans après l'assassinat de Samuel Paty, un autre professeur, Dominique Bernard, 57 ans, est poignardé à mort dans la cour d'un collège-lycée d'Arras (Pas-de-Calais) par un ancien élève fiché pour radicalisation islamiste.


Macron près de Nantes pour dévoiler le nom du futur porte-avions géant

Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron salue des militaires à bord du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée, après des frappes de drones iraniens sur Chypre, le 9 mars 2026. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron se rend à Indret pour dévoiler le nom du futur porte-avions français, qui remplacera le Charles de Gaulle en 2038
  • Le projet, estimé à 10 milliards d’euros sur 20 ans, représente un symbole de puissance militaire française et intègre une technologie américaine électromagnétique pour les catapultes, tout en restant évolutif pour accueillir drones et aéronefs futurs

PARIS: Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes: Emmanuel Macron se rend mercredi à Indret, près de Nantes, où il dévoilera le nom du futur porte-avions français dont la construction vient de débuter.

Le chef de l'Etat est attendu vers 15H00 sur le site du constructeur Naval Group où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires du bâtiment. Il remplacera en 2038 le Charles de Gaulle, sur lequel Emmanuel Macron s'est récemment rendu alors qu'il naviguait en Méditerranée orientale face aux risques d'extension de la guerre au Moyen-orient.

Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement devrait être l'occasion de dévoiler le nom du navire, dont la coque sera façonnée à Saint-Nazaire à partir de 2031.

Le "Richelieu" ? "François Mitterrand" ? Le "Marie Marvingt", pionnière de l'aviation ?  Ou encore le "Simone Veil", figure politique française ? Les paris vont bon train sur internet, en attendant le verdict présidentiel. Donner le nom d'une femme à un tel bâtiment serait en tout cas une première.

Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs. "Ce sera le plus gros navire militaire construit en France, avec 77.000 tonnes contre 42.000 pour le Charles de Gaulle", relève l'Elysée.

Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde en ont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie..) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical.

De quoi faire du navire un symbole de la puissance militaire française, à l'heure où Emmanuel Macron met un accent particulier sur l'effort de défense, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.

Ce futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.

- "Plan B" -

Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.

Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces de plus en plus exacerbés.

"Le choix a été fait, et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.

Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.

Un enjeu énorme. "On ne peut pas se contenter de reproduire un outil qui a été conçu à la moitié du siècle dernier", souligne le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon.

"Demain, le porte-avions ne sera pas qu'un porte-avions (..) Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", renchérit le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.

Vecteur de projection de puissance, les porte-avions représentent aussi des coûts astronomiques, en période de restriction budgétaire. "Sur un programme de près de 20 ans, nous sommes précautionneux", concède l'Elysée tout en maintenant l'estimation de 10 milliards d'euros.

La question d'un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu'un seul bâtiment n'est disponible que 65% du temps. "A ce stade, non", répond-on toutefois à l'Elysée.


Un hommage national rendu au militaire français tué en Irak

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. (AFP)
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  • "La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital"
  • Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France

VARCES-ALLIERES-ET- RISSET: Emmanuel Macron a salué mardi, au début d'un conseil de défense sur le conflit au Moyen-Orient, la mémoire du major Arnaud Frion "mort pour la France" en Irak, auquel la ministre des Armées Catherine Vautrin a aussi rendu un hommage solennel au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère) où il servait.

"Le major Frion est mort pour la France en Irak en fin de semaine dernière lors d'une attaque de drones perpétrée par une milice pro-iranienne, alors qu'il œuvrait à la lutte contre le terrorisme, au combat contre Daech (État islamique, NDLR), à la défense de la souveraineté irakienne et, ce faisant, à notre sécurité", a déclaré le chef de l’État.

"La Nation se tient aux côtés de sa famille, de ses proches, de ses frères d'armes. Et j'ai évidemment aussi une pensée particulière pour nos militaires blessés qui sont encore, pour certains, dans les soins intensifs en ce moment-même à l'hôpital", a-t-il ajouté.

Arnaud Frion, 42 ans, a été tué jeudi soir dans une frappe de drone qui a également blessé six militaires français, depuis rapatriés et hospitalisés en France.

"La France n'oubliera pas le prix de la vie d'Arnaud Frion (...) ce prix douloureux, c'est celui de notre sécurité, de notre souveraineté, de notre liberté", a également affirmé Catherine Vautrin à Varces.

Face à elle, le cercueil du major est recouvert du drapeau bleu blanc rouge et de trois coussins sur lesquels reposent ses décorations, la croix de chevalier de la Légion d'honneur reçue à titre posthume et la tarte, béret distinctif des chasseurs alpins.

"Le parcours d'Arnaud Frion raconte un homme qui était devenu par le travail, par la valeur, par l'exemple, l'une des plus belles figures du soldat français", a salué la ministre au côté du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill.

L'adjudant-chef Frion a été promu au grade de major à titre posthume. Il avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004 et avait par la suite été projeté au Tchad, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Mali, au Niger et en Estonie. Marié et père d'un enfant, il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021.

Il a été frappé avec ses compagnons d'armes alors qu'il se trouvait dans une base placée sous l'autorité des combattants kurdes peshmergas, située au sud-ouest d'Erbil, à Mala Qara, dans le Kurdistan irakien. Ils y étaient déployés dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe jihadiste État islamique.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques de drones Shahed imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont été pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.


Macron convoque un nouveau conseil de défense mardi après-midi sur la situation au Moyen-Orient

Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec Volodymyr Zelensky à l’Élysée, le 13 mars 2026, après des discussions sur le soutien à l’Ukraine et la pression sur la Russie. (AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron convoque un conseil de défense sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, dans un contexte de pressions de Donald Trump concernant la sécurisation du détroit d’Ormuz
  • Isaac Herzog appelle les pays européens à agir contre le Hezbollah, tandis que la France propose une médiation entre le Liban et Israël pour éviter une escalade régionale

PARIS: Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi "sur la situation en Iran et au Moyen-Orient", a annoncé l'Elysée.

Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité - le dernier remonte au 10 mars - intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu'elle réponde positivement à sa demande d'aide pour la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran.

Il a aussi salué l'offre française de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël qui a lancé des frappes aériennes massives et des "opérations terrestres limitées" contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël le 2 mars pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne à Téhéran.

Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Israël a poursuivi mardi ses bombardements sur Téhéran et contre le Hezbollah pro-iranien dans la banlieue sud de Beyrouth, au 18e jour de la guerre au Moyen-Orient qui embrase aussi l'Irak, théâtre de nombreuses attaques.