Budget: à l'Assemblée, le camp gouvernemental laisse le champ libre aux oppositions

Les députés français votent en levant la main pour un amendement lors d'une séance de débat sur le projet de loi de finances 2025 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 24 octobre 2024. (AFP)
Les députés français votent en levant la main pour un amendement lors d'une séance de débat sur le projet de loi de finances 2025 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 24 octobre 2024. (AFP)
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Publié le Mardi 29 octobre 2024

Budget: à l'Assemblée, le camp gouvernemental laisse le champ libre aux oppositions

  • Les bancs des quatre groupes de la coalition gouvernementale sont clairsemés à l'Assemblée depuis le début de la discussion budgétaire, signe d'une forme de "démobilisation" à l'heure où le budget s'écrit ailleurs
  • Les armes du parlementarisme rationalisé laissent en effet peu d'espace aux députés pour influer réellement sur les textes budgétaires, en l'absence de majorité à l'Assemblée

PARIS: Les bancs des quatre groupes de la coalition gouvernementale sont clairsemés à l'Assemblée depuis le début de la discussion budgétaire, signe d'une forme de "démobilisation" à l'heure où le budget s'écrit ailleurs, qui pourrait in fine faire le jeu des oppositions.

Cette défection, encore vérifiée lundi pour l'ouverture du débat sur le budget de la Sécurité sociale, a suscité railleries et colère à gauche et à l'extrême droite.

Le ministre de la Fonction publique Guillaume Kasbarian "avant de s'en prendre à l'absentéisme des fonctionnaires, devrait se poser la question de l'absentéisme de ses propres députés", a ironisé lundi matin sur France Inter le coordinateur de LFI Manuel Bompard, alors que le gouvernement vient d'annoncer son projet de moins bien indemniser les jours d'arrêt maladie des fonctionnaires.

Par leur absence, ces parlementaires laissent "finalement l'extrême gauche, La France insoumise, abîmer ce budget", a grondé le vice-président du RN Sébastien Chenu. Absentéisme "inadmissible", a tonné le président du MoDem François Bayrou, au grand dam de ses propres troupes.

Interviewé sur BFMTV, le député Renaissance Karl Olive a assumé de ne "pas faire le concours Lépine du plus présent à l'Assemblée nationale, quand on n'a pas grand chose à y faire de façon concrète" et qu'on peut "être beaucoup plus efficace sur le terrain".

Les armes du parlementarisme rationalisé laissent en effet peu d'espace aux députés pour influer réellement sur les textes budgétaires, en l'absence de majorité à l'Assemblée: si les débats se prolongent trop, l'article 47 permet à l'exécutif de transmettre les projets de loi de finance au Sénat, où la majorité est désormais acquise au gouvernement, sans que l'Assemblée les ait votés.

Et le 49.3, dont le gouvernement devrait faire usage pour l'adoption finale des textes, lui permet de choisir en toute liberté les amendements qu'il veut conserver.

"En fait, le vrai budget va être fait au Sénat", pointe un élu du "socle commun" à la Chambre haute. Les députés "se disent +de toute façon ça va être le 49.3, rien ne sera retenu, on s’en fout, pourquoi y gâcher un samedi soir+", résume-t-il sans fard.

Une source au sein du groupe Renaissance souligne que beaucoup de députés mènent des négociations en coulisse, avec le gouvernement ou les sénateurs. Et dit ne pas redouter de retombées négatives dans l'opinion face aux bancs vides du bloc central. "Ca n'a pas vraiment passé le mur du son".

Plus dommageable serait le spectacle des défaites inévitables du camp gouvernemental, si LR et les macronistes menaient franchement bataille, plaide-t-elle. "Le fait qu'on soit peu là banalise" les victoires de l'opposition, pense-t-elle.

- "Perte de sens" -

Un cadre RN estime, lui, que les députés du camp gouvernemental "ont tort" de se montrer si peu présents. "Les gens considèrent que les députés, pour voter le budget, doivent être dans l'hémicycle".

Interrogé par l'AFP, le constitutionnaliste Benjamin Morel dit comprendre leur attitude à titre individuel.

"Ils ont plutôt intérêt à se désolidariser" d'un budget qui ciblent leurs électeurs, les catégories socio-professionnelles supérieures et les retraités, et à "jouer sur le seul paramètre sur lequel ils peuvent jouer, leur ancrage local", souligne-t-il.

Mais ce comportement "nourrit des discours anti-parlementaires".

Surtout, les oppositions peuvent sortir "vainqueurs de la séquence", estime M. Morel.

Le RN en jouant la carte du "sérieux", de la "crédibilité", de la "protection des catégories que (la coalition gouvernementale, ndlr) est réputée représenter: les retraités, les classes moyennes".

Et la gauche, qui peut apparaître comme le camp de "l'alternance", avec "un projet construit en matière budgétaire". Au milieu, "le camp du sauve-qui-peut", sans chef clairement identifié pour "tenir les grenouilles dans la brouette", décrit-il.

Auprès de l'AFP, un député Renaissance estime que l'absentéisme de ses collègues "n'a rien d'étonnant", et qu'il se manifeste dans l'hémicycle mais aussi en commission ou en réunion de groupe. "Je ne connais pas un collègue qui sache précisément où on va, pourquoi et avec qui", dit-il, évoquant une "perte de sens" et même une forme de "burn-out".

"L’origine du problème, c’est qu'à aucun moment ni Michel Barnier ni nous n’avons essayé de conclure un accord politique (...) et donc il n’y a pas de sens, pas de direction", soupire-t-il.


Le Premier ministre français à Rabat pour consolider le partenariat avec le Maroc

Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) marche aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu à son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, à Rabat, le 15 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) marche aux côtés du Premier ministre français Sébastien Lecornu à son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, à Rabat, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • Lecornu à Rabat pour renforcer le partenariat stratégique France-Maroc avec des accords dans l’économie, la sécurité et la défense
  • Le rapprochement franco-marocain se poursuit après le soutien français à la position de Rabat sur le Sahara occidental

RABAT: Le Premier ministre français Sébastien Lecornu est arrivé mercredi soir à Rabat, accueilli par son homologue marocain Aziz Akhannouch, pour une visite visant à approfondir le rapprochement entre la France et le Maroc avant une possible visite du roi Mohammed VI à Paris.

Accompagné de douze ministres, dont ceux des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et de l'Intérieur, Laurent Nuñez, M. Lecornu a été accueilli à l'aéroport avec les honneurs militaires vers 22H00 (21H00 GMT) par le Premier ministre marocain et plusieurs membres de son gouvernement.

Le chef du gouvernement français arrivait du Qatar où il est allé présenter les condoléances de la France après la mort de l'ancien émir, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. M. Akhannouch s'est lui aussi rendu à Doha pour présenter celles du Maroc.

Les relations franco-marocaines sont au beau fixe depuis qu'Emmanuel Macron a reconnu, à l'été 2024, la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental, suscitant la colère d'Alger.

Le président français avait ensuite été reçu en grande pompe à Rabat en octobre de la même année, mettant un terme à trois années de tensions. Ce déplacement s'était conclu par de nombreux contrats et la signature d'un "partenariat renforcé d'exception".

Dans un message à Emmanuel Macron à l'occasion du 14-Juillet, fête nationale française, le roi du Maroc a salué la "consolidation" des "relations privilégiées" entre les deux pays, selon l'agence officielle marocaine MAP.

Ce partenariat pourrait déboucher sur une visite de Mohammed VI en France, dont le principe a été acté, mais pas la date.

Les deux chefs de gouvernement démarreront la visite jeudi au mausolée royal, avant un entretien bilatéral pendant lequel chaque ministre rencontrera son homologue.

Ils présideront ensuite une 15e "rencontre de haut niveau" entre leurs délégations, une instance de dialogue qui ne s'était pas réunie depuis 2019. Avec à la clef la signature d'une quinzaine d'accords dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de la défense, selon une source diplomatique.

Ils concerneront notamment l'aviation civile, la création d’une ligne de Réseau express régional (RER) à Rabat, un partenariat dans l'eau ainsi qu'un projet d'interconnexion électrique entre les deux pays, selon la même source.

Dans la défense, Paris et Rabat étudient des partenariats dans l'armement. Et en matière culturelle, les deux pays devraient signer une "convention de partenariat stratégique" entre l'Institut du monde arabe à Paris et le ministère marocain de la Culture.

Le Maroc est devenu la priorité de la diplomatie française au Maghreb, Paris ne cherchant plus à préserver à tout prix un équilibre avec Alger.

Sur l'épineux dossier sécuritaire au Sahel, Paris semble vouloir s'appuyer désormais davantage sur son partenaire marocain alors qu'Alger reste avare de renseignements, malgré la reprise de la coopération franco-algérienne.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.