Royaume-Uni: le gouvernement travailliste sur une ligne de crête avec son premier budget

Le Premier ministre britannique Keir Starmer rencontre la chancelière de l'Échiquier Rachel Reeves, deux jours avant l'annonce du premier budget du nouveau gouvernement travailliste, à Downing Street, à Londres, le 28 octobre 2024. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer rencontre la chancelière de l'Échiquier Rachel Reeves, deux jours avant l'annonce du premier budget du nouveau gouvernement travailliste, à Downing Street, à Londres, le 28 octobre 2024. (AFP)
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Publié le Mercredi 30 octobre 2024

Royaume-Uni: le gouvernement travailliste sur une ligne de crête avec son premier budget

  • Le gouvernement travailliste de Keir Starmer présente mercredi son premier budget depuis son accession au pouvoir en juillet
  • C'est à la Chancelière de l'Echiquier, Rachel Reeves, que revient la lourde tâche d'assumer les choix gouvernementaux, déjà qualifiés de "douloureux", à partir de 12H30 GMT face à la Chambre des communes

LONDRES: Plus d'impôts et moins de dépenses, contre la promesse d'un Royaume-Uni florissant: le gouvernement travailliste de Keir Starmer présente mercredi son premier budget depuis son accession au pouvoir en juillet, un exercice aussi risqué que décisif pour le reste de la mandature.

C'est à la Chancelière de l'Echiquier, Rachel Reeves, que revient la lourde tâche d'assumer les choix gouvernementaux, déjà qualifiés de "douloureux", à partir de 12H30 GMT face à la Chambre des communes.

Cette présentation constitue un moment charnière pour le gouvernement travailliste, attendu aux tournant par l'opposition, les entreprises et les Britanniques, et dont la popularité est déjà au plus bas.

Selon la presse et les économistes, il lui faut trouver jusqu'à 40 milliards de livres (48 milliards d'euros) par an à l'horizon 2030 pour éviter un retour de l'austérité, le tout avec une énorme dette publique --100% du PIB.

- "Jours meilleurs" -

"Pendant trop longtemps, on a prétendu qu'on pouvait réduire les impôts et dépenser davantage pour les services publics. On ne peut pas", a lancé lundi le Premier ministre Keir Starmer, une attaque frontale contre les conservateurs, au pouvoir pendant 14 ans. "Nous devons être réalistes".

Sa promesse: rétablir les finances publiques sans toucher aux impôts des "gens qui travaillent", avant "des jours meilleurs".

Alourdissement de l'impôt sur le capital, réforme des taxes sur l'héritage, mais surtout hausse des cotisations patronales: les fuites abondent depuis des semaines dans la presse --qui seront confirmées ou non-- suscitant l'inquiétude des Britanniques.

Toute recette, toute économie est bonne à prendre. Sont déjà actés la hausse de la TVA sur les écoles privées, une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques, le plafonnement à 3 livres du ticket de bus contre 2 livres actuellement, ainsi que la fin du chèque énergie pour des millions de retraités.

Cette dernière décision, source d'importantes économies, concentre depuis des semaines les critiques des tories, mais aussi de quelques-uns dans le camp travailliste. Lors d'un échange mardi à la Chambre des communes, plusieurs conservateurs ont, sans succès, demandé à la chancelière d'y "réfléchir à nouveau".

"A trente reprises cette année, avant les élections, (Rachel Reeves) a promis de ne pas augmenter les impôts. Et (mercredi), elle prévoit le budget le plus important de l'histoire en termes de hausse d'impôts", a raillé l'un d'eux, son prédécesseur aux Finances, Jeremy Hunt.

- "Négligence économique" -

Rachel Reeves devrait justifier ces mauvaises nouvelles en mettant l'accent sur le contexte économique: la dette, donc, mais aussi un "trou noir" de 22 milliards de livres dans les finances publiques, dont elle jure avoir hérité des conservateurs --"une fiction", selon eux.

Elle insistera aussi sur la nécessité de préserver des services publics accablés, dit-elle, par "plusieurs années de négligence économique", notamment le NHS, le système de santé, qui bénéficiera d'une hausse substantielle de son financement.

Le budget prévoit par ailleurs 1,4 milliard de livres dans la réfection des écoles et 1,8 milliard pour les services de garde d'enfants financés par le gouvernement.

Rachel Reeves a aussi annoncé mardi soir une hausse de 6,7% du salaire horaire minimum, révisé chaque année en fonction de l'inflation.

Autant de dépenses rendues possibles par les coupes décidées ailleurs, mais aussi, selon le gouvernement, par une évolution à venir des règles budgétaires, qui permettra d'emprunter plus, mais seulement pour investir.

La réaction des marchés à ces hausses d'impôts et ces nouveaux emprunts sera scrutée, dans la foulée de l'intervention de Mme Reeves, ce budget constituant "un risque inhabituellement important pour la livre", selon Matthew Ryan, analyste chez Ebury.

Les syndicats patronaux, eux, se font discrets, dans l'attente de ce que les travaillistes leur réservent réellement. Mais l'alourdissement des charges patronales semble acté: selon le Times, qui cite une source au Trésor, elle rapporterait 20 milliards de livres.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.


Rubio réaffirme que Washington n'acceptera pas de péage ou frais sur le détroit d'Ormuz

US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
US Secretary of State Marco Rubio speaks to the media upon arrival at al-Bateen Executive Airport in Abu Dhabi on June 23, 2026, on the first stop of a tour of Gulf states aimed at showing solidarity with key allies hit hard by the Middle East war. (AFP)
  • Le secrétaire d'État américain Marco Rubio entame une tournée dans le Golfe en rencontrant les dirigeants des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn afin de discuter de l'accord États-Unis–Iran et de la sécurité régionale
  • Les pays du Golfe, fortement touchés par les représailles iraniennes durant le récent conflit, s'interrogent sur la fiabilité du soutien américain malgré leurs relations étroites avec Donald Trump et leurs importants investissements aux États-Unis

ABOU DHABI: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'entretient mercredi avec les autorités des Emirats arabes unis, au premier jour d'une tournée auprès de pays alliés du Golfe fragilisés par le conflit au Moyen-Orient.

Arrivé la veille au soir à Abou Dhabi, M. Rubio doit voir à huis clos le président émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

S'exprimant devant la presse mardi soir, le chef de la diplomatie américaine avait indiqué vouloir parler avec les dirigeants des pays du Golfe du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran et réitéré que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, point d'achoppement entre les deux pays.

"Il s'agit d'une voie navigable internationale. Aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des redevances sur une voie navigable internationale", a-t-il dit, quand au contraire l'Iran et Oman soulignent "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales".

M. Rubio doit ensuite se rendre dans la journée au Koweït puis à Bahreïn, où il participera à une réunion jeudi des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Il s'agit du premier déplacement d'un haut responsable américain au Moyen-Orient depuis la signature la semaine dernière de ce protocole d'accord, et la tenue de négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en Suisse.

La mission s'annonce délicate alors que les pays de la région ont payé au prix fort les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, ayant été visés par des représailles à coup de missiles et de drones iraniens lors de cette guerre dont ils ne voulaient pas.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont ainsi été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes. Le Koweït et Bahreïn ont également été durement touchés.

Avant le conflit, les Emirats avaient renforcé leur partenariat avec Washington et plaidé à plusieurs reprises pour un règlement de la question du programme de missiles iranien et des groupes soutenus par Téhéran, un sujet absent du protocole d'accord.

Les dirigeants de la région entretiennent de longue date des relations étroites avec le président Donald Trump et ont promis d'investir des milliards de dollars aux Etats-Unis.

Mais les experts notent qu'ils ont dû largement faire face seuls à la riposte iranienne et qu'ils s'inquiètent de la fiabilité des Etats-Unis.