Sécurité et durabilité : Newcleo à l’avant-garde de l’énergie nucléaire

Stefano Buono est un physicien italien et le directeur général de Newcleo(Photo Fournie)
Stefano Buono est un physicien italien et le directeur général de Newcleo(Photo Fournie)
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Publié le Lundi 04 novembre 2024

Sécurité et durabilité : Newcleo à l’avant-garde de l’énergie nucléaire

  • Ce processus permet de refroidir les batteries déjà compactes, à un coût financier très réduit, et notre technologie permet aussi de procéder au recyclage des déchets radioactifs.
  • Notre objectif est de faire connaître notre technologie, parce qu'on aimerait qu'elle soit développée dans le Royaume.

RIYAD: Considérée comme l'un des piliers des objectifs de développement durable, l'énergie nucléaire est souvent au cœur des débats sur la transition énergétique. En tant que source d'énergie à faible émission de carbone, elle joue un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le secteur nucléaire pourrait contribuer à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre en fournissant une alternative aux énergies fossiles.

L'une des principales forces de l'énergie nucléaire est sa capacité à produire de l'électricité sans émettre de dioxyde de carbone pendant son fonctionnement. Cela en fait un allié précieux dans la course pour atteindre les objectifs de réduction des émissions.

Malgré ses avantages, l'énergie nucléaire présente aussi des défis. La gestion des déchets radioactifs, la sécurité des installations et la perception du public sont autant de questions qui nécessitent des réponses claires et des innovations technologiques.  C'est dans ce contexte que la start-up française Newcleo se distingue.

Spécialisée dans l'innovation nucléaire, elle a récemment reçu le soutien de l'État français, soulignant ainsi l'importance de ses contributions à ce secteur vital. En développant des solutions novatrices, Newcleo cherche à répondre à la demande croissante d'énergie tout en minimisant l'impact environnemental.

Il a également été question durant cet entretien du soutien de l’État français, soulignant ainsi l’importance des contributions de Newcleo, de la concurrence dans le domaine des innovations nucléaires, des partenariats que cette start-up cherche à établir sur le marché saoudien ainsi que de l'avenir de cette énergie au cours des prochaines décennies.

Stefano Buono est un physicien italien et le directeur général de Newcleo, une startup spécialisée dans la conception de petits réacteurs nucléaires, qui utilise les déchets d'autres réacteurs pour s'alimenter en énergie, qu'il a cofondée en 2021.

En marge du FII, Arab News a eu l'opportunité d'interviewer Stefano Buono, directeur général de Newcleo, au cours de laquelle M. Buono a abordé les innovations technologiques mises en œuvre par la start-up pour garantir la sécurité des installations ainsi que leur impact environnemental.

Pour garantir la sécurité des installations nucléaires, M. Stefano a déclaré à Arab News : « J'ai commencé à travailler dans les années 90 sur les nouvelles technologies, plus particulièrement après l'accident de Tchernobyl. Depuis, nous cherchons à mettre au point des technologies permettant de parer à tout accident nucléaire.Nous avions bien sûr mis l'accent sur la sécurité des installations pour développer des solutions garantissant l'impossibilité de provoquer des accidents nucléaires. »

Basée au Royaume-Uni, en Italie, en France et en Suisse, la société a récemment établi son siège à Paris. Elle a levé 400 millions d'euros au cours de sa première année d'activité et emploie actuellement environ 700 personnes. Son objectif est de proposer la stratégie la plus durable pour l'industrie nucléaire du futur, grâce à des innovations qui renforcent la sécurité, réduisent les coûts, évitent l'exploitation minière et réduisent considérablement les déchets nucléaires.

À cet effet le physicien a annoncé :“C'est pour cette raison que nous avons choisi de développer des solutions d'équilibre pour refroidir les réacteurs. Il est désormais possible de refroidir les réacteurs avec des métaux liquides, comme avec le *plomb*. Ce processus permet de refroidir les batteries déjà compactes, à un coût financier très réduit, et notre technologie permet aussi de procéder au recyclage des déchets radioactifs.”

Abordant le volet du recyclage des déchets radioactifs, M. Stefano a confié à Arab News : « Le recyclage est un aspect, et le fait qu'il n'y ait pas de déchets nucléaires est une bonne chose. C'est ce qui nous différencie beaucoup des sociétés américaines. Par exemple. Nous avons aussi plus de facilité à cause du fait que nous pouvons travailler avec l'industrie et les promoteurs de centres de données en toute sécurité. »

Il s'agit de mettre en œuvre une technologie déjà présente dans la région, comme celle de Fincantieri, une société italienne avec laquelle nous collaborons. Ces plateformes représentent également un point de rencontre entre la technologie nucléaire et l'industrie, deux univers qui ont tout pour faire de ces collaborations une réussite. En effet, notre technologie ne vise pas seulement à produire de l'électricité, mais aussi à fournir de la chaleur et à procéder à des procédés industriels. C'est là tout l'intérêt de notre technologie. »

Concernant la participation de Newcleo à la huitième édition de la FII, le directeur général de l’entreprise a expliqué : « Notre société est très européenne et notre objectif est de faire connaître notre technologie, parce qu'on aimerait qu'elle soit développée dans le Royaume. Il est nécessaire de connaître les acteurs du nucléaire dans le pays, ainsi que leur fonctionnement. En ce qui nous concerne, c'était vraiment une mission de reconnaissance. »  

Selon M. Buono, la croissance et la concurrence dans le domaine nucléaire sont « lentes, mais il est nécessaire de décarboner beaucoup. Donc, la demande, entre guillemets, est plus rapide que la croissance du secteur. Je pense donc que les acteurs capables d'innover dans ces systèmes ne sont pas nombreux et ne vont pas se faire concurrence. C'est un choix lié à la technologie et donc au mouvement. »

Notre start-up bénéficie du soutien direct de l’État français dans le cadre de son plan France 2030. Cela nous offre la possibilité d'utiliser le mot « recyclage » parce que nous utiliserons le site de La Hague pour recycler des déchets radioactifs et produire du matériel dans notre usine de fabrication de combustible. C'est un soutien crucial, et si nous allons dans d'autres pays, nous pouvons compter sur le gouvernement, par le biais des ambassades, des ministères de l'Export et de Business France. »


Avec la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés

La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
La bourse coréenne le 3 mars 2026. (AFP)
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  • En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.
  • A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

PARIS: Bourses qui vacillent, taux d'intérêt en hausse... avec la flambée du prix des hydrocarbures provoquée par la guerre au Moyen-Orient, la peur de l'inflation est de retour sur les marchés.

En Europe, la Bourse de Paris a perdu 3,46%, Londres 2,75% et Francfort 3,44%. Milan a reculé de 3,92%.

A Wall Street, vers 16H50 GMT, le Dow Jones cédait 1,38%, l'indice Nasdaq a pris 1,32% et l'indice élargi S&P 500 1,28%.

"Les investisseurs craignent un choc d'inflation, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures provoquée par le conflit au Moyen-Orient", explique à l'AFP Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En Europe, particulièrement dépendante de ses importations de gaz et de pétrole, le spectre de la crise inflationniste provoquée en 2022 par l'invasion de l'Ukraine par la Russie plane.

Le gaz s'enflamme

Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran attaque mardi des sites liés aux Etats-Unis dans le Golfe, et Israël continue de bombarder "simultanément" l'Iran et le Liban.

Le conflit provoque depuis le début de la semaine une forte hausse du prix des hydrocarbures, en raison des perturbations de l'approvisionnement via le passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a d'ailleurs menacé lundi de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit.

Vers 16H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 7,07% à 83,24 dollars, après avoir dépassé les 85 dollars au cours de la séance, son niveau le plus élevé depuis juillet 2024. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 7,34% à 76,46  dollars.

Le prix du gaz européen s'enflamme aussi, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence du gaz naturel sur le Vieux Continent, bondissant de 20,69% à 53,71 euros. Depuis le début de l'année, il a grimpé de plus de 90%.

Cette flambée du prix de l'énergie ravive "la crainte que, même si cette guerre reste localisée, elle puisse avoir un fort impact sur la croissance européenne et raviver l'inflation", a relevé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

Les taux d'intérêt en hausse en Europe

"La question est: revenons-nous à un scénario similaire à 2022, où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague massive d'inflation frappant l'économie mondiale ?", s'interroge Kathleen Brooks, analyste de XTB.

En Europe, le risque de "stagflation", une hausse des prix avec une croissance faible, inquiète les investisseurs.

"Une hausse des prix de l'énergie exerce une pression à la hausse sur l'inflation, en particulier à court terme", a déjà déclaré Philip Lane, chef économiste de la BCE, dans une interview accordée au Financial Times.

Et "une potentielle hausse de l'inflation pourrait mettre en péril les baisses de taux des banques centrales", complète David Kruk, responsable du trading de La Financière de l'Échiquier, interrogé par l'AFP.

Résultat, les taux d'intérêt des dettes d'Etat, pourtant considérées traditionnellement comme des valeurs refuge en cas d'incertitude, grimpent, particulièrement sur le Vieux Continent.

Une inflation plus élevée réduit en effet la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.

Le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence en Europe, a bondi de près de 0,10 points de pourcentage durant la séance, avant de modérer ses gains à 0,03 point, à 2,74%.

Son équivalent français a lui grimpé de 0,08 point par rapport à la veille, atteignant un taux de 3,37%. Vendredi, avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%. L'obligation italienne, aussi à échéance dix ans, a bondi de 0,10 point de pourcentage, à 3,45%.

Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique a atteint  4,46%, contre 4,37% lundi soir.

Les craintes des investisseurs sur l'économie européenne profitent en revanche au dollar, qui bondissait de 0,74% face à la monnaie unique européenne, à 1,1604 dollar pour un euro. D'ailleurs, aux États-Unis, plus autonome d'un point de vue énergétique, l'obligation à dix ans restait stable.

L'or est en revanche délaissé : l'once perdait 4,13% à 5.102,16 dollars.

 

 


Trump menace de «cesser tout commerce» avec l'Espagne, «très peu coopérative»

Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. (AFP)
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  • "Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne"
  • "C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington

WASHINGTON: Donald Trump a menacé mardi de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes.

"Nous allons cesser tout commerce avec l'Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l'Espagne", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il reçoit le dirigeant d'un autre pays européen, le chancelier allemand Friedrich Merz.

"L'Espagne a été terrible", a attaqué Donald Trump, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de refuser à l'aviation américaine l'accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran.

"C'est le seul pays de l'Otan qui n'a pas accepté de consacrer 5%" de son PIB à des dépenses en matière de Défense, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington, a-t-il aussi rappelé.

"L'Espagne a été très, très peu coopérative", a encore regretté Donald Trump.

Dans une conférence de presse donnée plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a déclaré n'avoir "eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain, ni aucune demande" au sujet des bases militaires de Rota et Moron.

"Nous n'avons reçu aucune plainte", a-t-il insisté.

"Les bases que nous utilisons conjointement avec les États-Unis sont des bases sous souveraineté espagnole", a rappelé le ministre. "Et c'est dans le cadre de notre souveraineté et du traité signé avec les Etats-Unis qu'elles peuvent être utilisées."

 


L'ONU approuve le premier projet de crédit carbone lié à l'accord de Paris

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell. (AFP)
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  • L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs
  • Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone

PARIS: Le premier projet de crédit carbone dans le cadre de l'accord de Paris a reçu le feu vert de l'ONU jeudi, un mécanisme pour aider les pays riches à tenir leurs engagements climatiques mais critiqué pour les risques d'écoblanchiment.

L'accord de Paris, moteur de la coopération climatique mondiale adopté en 2015, prévoit qu'un pays qui dépasserait ses objectifs de baisse des émissions de CO2 puisse vendre son excès de réductions à un pays en retard sur ses propres objectifs, en général un pays riche.

Ce pays a désormais le droit, dans le cadre de l'accord de Paris, de réduire, sur le papier, le total de ses propres émissions de gaz à effet de serre, grâce à ces crédits carbone.

Concrètement, une entreprise sud-coréenne va financer un programme de remplacement de foyers de cuisson ouverts (bois, charbon de bois, etc.) par des foyers plus économes en combustibles en Birmanie, a annoncé l'ONU Climat jeudi.

De tels projets sont censés réduire les émissions de CO2 puisque moins d'énergie sera perdue et donc utilisée par les familles pour cuisiner, avec un bénéfice additionnel pour la qualité de l'air et pour protéger les forêts locales.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ un quart de la population mondiale cuisine avec des foyers ouverts qui polluent l'air intérieur et extérieur en brûlant des combustibles tels que kérosène, charbon de bois, bouses séchées et déchets agricoles.

Mais ces programmes ont historiquement échoué à tenir leurs promesses, les méthodologies ayant surestimé les réductions d'émissions, notamment dans le cas où les populations délaissent les nouveaux systèmes parce qu'ils les trouvent moins pratiques, ou s'ils se cassent.

La Corée du Sud va, en payant pour ce programme de remplacement, bénéficier de crédits carbone, qui aideront à réduire le total de son empreinte carbone. Le mécanisme onusien évite un double comptage de ces réductions dans les pays vendeurs et acheteurs des crédits.

"Les opportunités offertes par ce marché carbone des Nations Unies dans toutes les régions sont immenses, en particulier maintenant que des mesures de protection environnementale solides, des normes rigoureuses et un système de recours clair sont en place pour garantir l'intégrité, l'inclusivité et l'efficacité", s'est félicité le chef de l'ONU Climat, Simon Stiell.

Au-delà des problèmes de comptage, les détracteurs du mécanisme de crédit carbone dénoncent un passe-droit donné à certains pour ne pas réduire leurs propres émissions, puisqu'il leur suffirait de payer pour se dire en ligne avec l'accord de Paris.

Ce nouveau mécanisme a été validé par les pays du monde entier à la COP29 en 2024, et des centaines d'autres projets attendent d'être approuvés.