Trump-Macron, une vraie-fausse idylle qui appartient au passé

Le président français Emmanuel Macron (R) et le président américain Donald Trump donnent une conférence de presse conjointe à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le 26 août 2019, au troisième jour du sommet annuel du G7. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (R) et le président américain Donald Trump donnent une conférence de presse conjointe à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, le 26 août 2019, au troisième jour du sommet annuel du G7. (AFP)
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Publié le Samedi 02 novembre 2024

Trump-Macron, une vraie-fausse idylle qui appartient au passé

  • Les deux hommes, qui avaient cassé les codes, chacun à sa manière, pour arriver aux affaires en 2017, avaient d'abord noué une relation particulière, entre séduction et rapport de forces
  • Les critiques fusent sur la stratégie du président français qui ne parvient pas à empêcher plusieurs choix-clés de son homologue, comme le retrait des accords sur le climat ou le nucléaire iranien

PARIS: La greffe n'avait pas pris: l'arbre symbole de l'amitié entre Emmanuel Macron et Donald Trump, planté en 2018 dans les jardins de la Maison Blanche, avait péri quelques temps après - au moment où leurs relations se tendaient.

Mauvais présage en cas de retour au pouvoir du milliardaire républicain? En réalité, le président français s'attend à une Amérique de moins en moins tournée vers l'Europe quel que soit le vainqueur de l'élection de mardi, et plaide pour que le Vieux Continent prenne en main son propre destin.

Les deux hommes, qui avaient cassé les codes, chacun à sa manière, pour arriver aux affaires en 2017, avaient d'abord noué une relation particulière, entre séduction et rapport de forces.

Les anecdotes sont légion. La lune de miel à Paris dès 2017, avec dîner sur la Tour Eiffel et défilé militaire du 14-Juillet, jalousé par un président américain qui tentera en vain de le reproduire à Washington.

La visite d'Etat d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis l'année suivante, quand Donald Trump lui avait épousseté de prétendues pellicules sur l'épaule. Et puis ces poignées de mains appuyées, jusqu'à 29 secondes pour la plus longue!

Mais l'idylle, réelle ou affichée, pouvait-elle durer entre deux dirigeants qui s'opposent sur la conception même des relations internationales?

Rapidement, les critiques fusent sur la stratégie du président français qui ne parvient pas à empêcher plusieurs choix-clés de son homologue, comme le retrait des accords sur le climat ou le nucléaire iranien.

"Emmanuel Macron surestime sa capacité à inverser un rapport de forces défavorable grâce à sa séduction", analyse Nicole Bacharan, spécialiste des relations franco-américaines.

Les diplomates du chef de l'Etat balaient ces remarques, jugeant qu'il était dans son rôle même si les résultats n'ont pas été probants.

- "Un requin" -

Quoi qu'il en soit, ces déceptions ont entraîné un désamour. A coups de tweets tonitruants ou de petites phrases, Donald Trump s'en est de plus en plus pris à Emmanuel Macron, dont il ira jusqu'à dénoncer "la stupidité".

Et rien, dans sa nouvelle quête électorale, ne laisse espérer une embellie: le tribun populiste imite le Français, et son accent, pour le tourner en ridicule, ou l'accuse de "lécher le cul" du président chinois.

Si le républicain, qui a mené une campagne plus radicale et débridée que jamais, l'emporte face à la démocrate Kamala Harris, c'est donc un tout autre scénario franco-américain qui pourrait se jouer.

"L'un et l'autre ne sont pas dans la même situation qu'en 2017", souligne Nicole Bacharan. "En cas de victoire, Trump serait triomphant et se sentirait invincible, tandis qu'il aurait face à lui un Macron affaibli par ses déboires politiques."

Or, prévient-elle, "Trump est un requin, quand il sent le sang, il blesse à mort".

Sur le soutien à l'Ukraine, le Proche-Orient, le climat ou le commerce, le bras de fer pourrait se révéler très dur. Le désengagement américain connaîtrait une accélération phénoménale, prédit-on côté français.

En cas de succès de Kamala Harris, Paris s'attend à une relation plus classique, comme elle l'a été avec Joe Biden. Mais met en garde contre les désillusions, tant ce désengagement est considéré comme une "tendance lourde".

- L'Europe, "pas une priorité" -

Même s'il applaudit le soutien du président démocrate sortant à Kiev et aux Européens depuis l'invasion russe de l'Ukraine, Emmanuel Macron a aussi constaté que sur d'autres dossiers, le cavalier seul de Washington est là pour durer, quel que soit le locataire de la Maison Blanche.

Ainsi avec le retrait chaotique d'Afghanistan, sans consulter les alliés. Ou l'alliance américano-australo-britannique Aukus, scellée dans le dos de la France et lui faisant perdre un mégacontrat de sous-marins. Et puis l'Inflation Reduction Act, ces investissements colossaux pour la transition énergétique dénoncés par Emmanuel Macron comme du protectionnisme "super agressif".

"Les États-Unis d'Amérique ont deux priorités: les États-Unis d'Amérique d'abord, et c'est légitime, et la question chinoise ensuite", a théorisé le président français lors de son discours de la Sorbonne, en avril. "La question européenne n'est pas une priorité géopolitique pour les années et les décennies qui viennent", a-t-il prévenu.

Qu'il s'agisse de la démocrate ou du républicain, les diplomates français scrutent qui aura, dans son entourage, la main sur la définition de la politique étrangère, car les deux camps sont tiraillés entre des tendances plus ou moins isolationnistes ou interventionnistes.

"Nous ne pensons pas que Trump a déjà une politique complète qu'il mettra en oeuvre s'il est élu", glisse l'un d'eux. Un autre résume la pensée présidentielle: "dans tous les cas, les Européens doivent arrêter de se positionner en fonction des élections américaines et doivent prendre leur destin en main".


Refus d'obtempérer à Marseille: un policier blessé, quatre interpellations

Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières. (AFP)
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  • Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez
  • Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé

MARSEILLE: Un policier a été gravement blessé dans la nuit de lundi à mardi à Marseille après avoir été percuté lors d'un refus d'obtempérer par un véhicule dont les quatre occupants ont été interpellés, a-t-on appris de sources policières.

Le policier a été "violemment percuté" alors qu’il "tentait d’intercepter, à l’aide du système Diva (barrage au sol) un véhicule en fuite", a confirmé sur X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "Projeté sur une vingtaine de mètres", il est "sérieusement blessé" mais "ses jours ne sont plus en danger", a ajouté le ministre, qui dénonce "un acte criminel très grave".

Les quatre occupants du véhicule, - le chauffeur et trois passagers - ont été interpellés et placés en garde à vue, a-t-il précisé.

Selon deux sources policières, le véhicule était volé, et le conducteur n'avait pas de permis de conduire.

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), les refus de contrôle routier ont nettement augmenté en 2025, une hausse de 9% par rapport à l'année précédente alimentée notamment par les refus d'obtempérer qui constituent la majeure partie des délits (28.100 refus d'obtempérer pour 2025).


La France décerne à l’ambassadeur saoudien Fahad Al-Ruwaily la Légion d’honneur

La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises. (Photo X @Arabiesaoudite en France)
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  • Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante
  • Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun

PARIS:  La République française a décerné à Son Excellence Fahad Al-Ruwaily, ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France et en Principauté de Monaco, les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions françaises.

Cette distinction récompense les efforts déployés par l’ambassadeur Al-Ruwaily pour renforcer les relations d’amitié et approfondir la coopération entre la France et l’Arabie saoudite dans divers domaines d’intérêt commun.

Cette reconnaissance intervient alors que les deux pays poursuivent le développement de leur partenariat stratégique, marqué par un dialogue politique soutenu et une coopération croissante dans les secteurs économique, culturel et diplomatique.


La France proche d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, première en Europe

Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Vue générale de l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Le Parlement français devrait adopter définitivement une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes
  • Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs, malgré des critiques sur les modalités d’application

PARIS: Le Parlement français devrait définitivement adopter mardi un texte interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une première en Europe, que le président Emmanuel Macron veut voir mise en oeuvre dès la rentrée en septembre afin de protéger la santé des plus jeunes.

La proposition de loi sera soumise au vote du Sénat - la chambre haute - dans l'après-midi, puis à l'Assemblée nationale - la chambre basse - en fin de journée, étapes qu'elle devrait sauf surprise passer sans encombre.

L'entrée en vigueur est ensuite prévue rapidement: dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes. Pour les comptes existants, l'interdiction s'appliquerait "à l'expiration d'un délai de quatre mois", soit le 1er janvier 2027.

Durant ce délai, "on ira fermer les comptes des moins de 15 ans qui existaient déjà", avait expliqué le mois dernier le président de la République, qui s'est personnellement engagé sur cette réforme, une mesure phare de la fin de son mandat.

Le texte prévoit aussi l'interdiction du téléphone portable au lycée, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges. Des exceptions pourront être prévues par le règlement intérieur de l'établissement.

Récemment, les alertes se sont multipliées quant aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents, qui captent leur attention et peuvent les exposer à des contenus problématiques.

La France est très regardée par d'autres pays européens réfléchissant à des législations similaires.

Le texte ne prévoit aucune sanction pour les enfants ou parents. Concrètement, il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d'âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs.

"Les grandes plateformes sont à mon sens largement prêtes", a déclaré à l'AFP la députée rapporteure du texte, Laure Miller, du camp gouvernemental.

La Commission européenne a également présenté en avril une application paneuropéenne de vérification d'âge, et des solutions privées sont aussi développées.

Mais le député socialiste Arthur Delaporte a fustigé auprès de l'AFP un "grand flou sur les mécanismes de vérification d'âge", pour un texte qui entrera en vigueur "à la hâte, avec des risques d'effets de bord, de contournement".

Son groupe saisira "probablement" le Conseil constitutionnel, a-t-il ajouté, regrettant que les réseaux concernés ne soient pas davantage distingués.

- Fin de l'anonymat -

La France insoumise (gauche radicale) votera contre le texte, a annoncé le député Louis Boyard critiquant "une loi de fin d'anonymat sur internet".

Les sénateurs, qui avaient initialement privilégié un système de "liste noire" ciblant certains réseaux sociaux - finalement abandonné face aux craintes de non-conformité avec le droit européen - redoutent également une censure du Conseil constitutionnel.

"C'est un risque", estime la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, rapporteure à la chambre haute, rappelant que le Conseil d'Etat a mis en garde sur la préservation de la "liberté d'expression" des jeunes.

Mais, depuis, un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a clairement alerté sur le danger des réseaux sociaux pour la santé mentale des adolescents, pointe Laure Miller, ce qui permettra d'argumenter sur "la proportionnalité de la mesure".

La proposition de loi prévoit quelques exceptions à l'interdiction pour les "encyclopédies en ligne" ou les "projets numériques à vocation éducative".

Concernant YouTube et WhatsApp, très utilisés, Mme Miller précise que ces plateformes devront mettre en place une vérification d'âge pour la partie assimilée à un réseau social (chaînes de partage, commentaires...). La visualisation simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l'interdiction selon elle.

Tout au long de l'examen au Parlement, les débats ont notamment porté sur la formulation précise à adopter, avec un impératif: que le texte soit conforme au droit européen, sous peine de ne pas pouvoir être appliqué.

Dans un avis rendu il y a deux semaines, la Commission européenne a aiguillé les parlementaires français, qui se sont finalement accordés sur un texte suivant ses recommandations.

Elle a par ailleurs elle-même annoncé la semaine dernière son intention d'instaurer un accès "progressif et gradué" des mineurs aux réseaux sociaux.

Un comité d'experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, mais les pays de l'UE seraient libres d'instaurer une interdiction plus tardive.

Pour Mme Miller, la loi française serait ainsi "en concordance" avec une future législation européenne.