Procès du RN: Marine Le Pen de retour à la barre pour son dernier interrogatoire

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, lors de la présentation du texte du Rassemblement national d'une proposition de loi visant à abroger la réforme des retraites dans le cadre de la "journée d'initiatives parlementaires", à l'Assemblée nationale française, à Paris, le 31 octobre 2024. (AFP)
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, lors de la présentation du texte du Rassemblement national d'une proposition de loi visant à abroger la réforme des retraites dans le cadre de la "journée d'initiatives parlementaires", à l'Assemblée nationale française, à Paris, le 31 octobre 2024. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 05 novembre 2024

Procès du RN: Marine Le Pen de retour à la barre pour son dernier interrogatoire

  • Marine Le Pen est de retour à la barre, cette fois en tant qu'ancienne cheffe du Front national
  • Interrogatoire après interrogatoire, contrat par contrat, le tribunal correctionnel de Paris dissèque depuis l'ouverture de l'audience le 30 septembre ce fameux "système" qui aurait permis au Rassemblement national de "soulager les finances" du parti

PARIS: Marine Le Pen est de retour à la barre, cette fois en tant qu'ancienne cheffe du Front national. Après un mois de procès, elle devra s'expliquer mardi lors d'un dernier interrogatoire sur le "système" mis en place, selon l'accusation, pour rémunérer des salariés du parti avec l'argent du Parlement européen.

Interrogatoire après interrogatoire, contrat par contrat, le tribunal correctionnel de Paris dissèque depuis l'ouverture de l'audience le 30 septembre ce fameux "système" - le mot met Marine Le Pen hors d'elle - qui aurait permis au Rassemblement national (ex-FN) de "soulager les finances" du parti entre 2004 et 2016.

Selon l'accusation, le FN utilisait les enveloppes (21.000 euros par mois) auxquelles les eurodéputés avaient le droit, pour payer des assistants parlementaires "fictifs" travaillant en réalité pour le parti.

Pendant son premier interrogatoire mi-octobre, Marine Le Pen a juré que les assistants parlementaires qu'elle avait embauché en tant que députée européenne avaient bien travaillé pour elle, répétant n'avoir rien commis d'"illégal" - comme les huit autres ex-eurodéputés frontistes et douze de leurs assistants parlementaires, jugés à ses côtés pour détournement de fonds publics et recel de ce délit.

La triple candidate à la présidentielle va désormais être interrogée sous sa deuxième "casquette", présidente du parti, dont elle avait pris la tête après son père Jean-Marie Le Pen en 2011, pour répondre cette fois de complicité de détournement de fonds publics.

Celle qui était "l'une des principales responsables du système", selon les enquêteurs, a pour l'heure soutenu à la barre avoir "suggéré" - mais "jamais imposé" - d'assistant parlementaire à personne.

De loin la plus assidue aux audiences - elle y était jusqu'à 22H45 lundi soir - Marine Le Pen y ronge son frein, commentant de "ridicule", "lunaire" les questions du tribunal ou du parquet à chacun des prévenus sur ces tableaux ou mails demandant de "déplacer", "transférer" tel assistant parlementaire "sur" tel eurodéputé, pour "vider" les fonds disponibles sur les enveloppes de chaque député.

"Moi j'analyse un budget, je ne sais pas qui sont les assistants parlementaires et ce qu'ils font. Si ma patronne me dit de faire quelque chose...", disait lundi Charles Van Houtte, "cheville ouvrière" du système de "gestion centralisé" selon l'accusation.

- "Marine sait tout cela..." -

Marine Le Pen, qui encourt une peine de prison, une grosse amende et surtout une peine d'inéligibilité pouvant entraver ses ambitions présidentielles, devrait notamment être interrogée sur deux réunions à l'été 2014, à Bruxelles puis à Strasbourg. Elle y aurait selon plusieurs témoignages annoncé aux nouveaux députés européens qu'ils n'auraient le droit qu'à un seul assistant parlementaire, et que le reste de leur enveloppe serait pour le Front national.

"Ce que Marine (Le Pen) nous demande équivaut à ce qu'on signe pour des emplois fictifs... et c'est le député qui est responsable pénalement sur ses deniers même si c'est le parti qui en est bénéficiaire", écrivait peu après un eurodéputé réfractaire au trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just.

"Je comprends les raisons de Marine, mais on va se faire allumer car on regardera, c'est sûr, nos utilisations à la loupe avec un groupe si important" (23 députés contre 3 auparavant), disait-il aussi.

"Je crois bien que Marine sait tout cela...", avait répondu Wallerand de Saint Just - qui a commencé à être interrogé lundi soir, et dont l'interrogatoire doit se poursuivre mardi, avant celui de Marine Le Pen.

"Quelles sont vos observations sur ce mail?", lui a demandé lundi la présidente Bénédicte de Perthuis. "Je me dis +qu'est-ce que c'est que cette histoire, qu'est-ce qu'il me raconte. Je lui réponds sept mots qui sont en fait la démonstration - je vais être grossier - qu'il m'emmerde, et que je l'envoie balader", a expliqué l'ex-avocat historique du parti, sous l'air dubitatif du tribunal.

"Vous n'êtes pas obligés de me croire mais je suis persuadé que jamais Marine Le Pen n'aurait proposé quelque chose d'illégal aux députés qui viennent d'être d'élus", a-t-il soutenu.

Quelques jours avant cet échange de mails en 2014, il avait écrit à sa cheffe, pour l'alerter sur les dépenses qui avaient tendance "à déraper". Et prévenu: "nous nous en sortirons que si nous faisons des économies grâce au Parlement européen".


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Short Url
  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
Short Url
  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Short Url
  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).