Sommet international des pensées arabes: mettre en valeur la richesse du monde arabe

Rencontré dans son bureau au siège de l’Institut, Lang, qui est une personnalité connue pour son énergie débordante et son imagination créative, nous explique qu’il s’est laissé guider par son intuition. (AFP)
Rencontré dans son bureau au siège de l’Institut, Lang, qui est une personnalité connue pour son énergie débordante et son imagination créative, nous explique qu’il s’est laissé guider par son intuition. (AFP)
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Publié le Mercredi 13 novembre 2024

Sommet international des pensées arabes: mettre en valeur la richesse du monde arabe

  • «L’idée est de mettre en valeur la richesse, la diversité et la multiplicité des pensées arabes», affirme Jack Lang, président de l’IMA
  • «Cet évènement est une fenêtre ouverte sur la fécondité, la sophistication et la modernité de pensées complexes», estime le penseur Edgar Morin

PARIS: Souvent abordé par le biais de ses guerres et de ses conflits multiples, le monde arabe n’en est pas moins une pépinière où foisonnent des idées et des concepts intellectuels qui constituent des courants de pensée et des outils pour comprendre et appréhender la complexité de ce monde.

Mettre la lumière sur ces courants, les faire dialoguer entre eux mais surtout les faire connaître par un public occidental et notamment français est l’objectif du «Sommet international des pensées arabes», organisé les 14 et 15 novembre par l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris.

Comment est née cette initiative et quelle en est la finalité? Arab News en français a interrogé le président de l’IMA, Jack Lang, ancien ministre de la Culture sous le mandat du président François Mitterand, qui en est l’initiateur.

Rencontré dans son bureau au siège de l’Institut, Lang, qui est une personnalité connue pour son énergie débordante et son imagination créative, nous explique qu’il s’est laissé guider par son intuition.

«Une des rares qualités que j’ai, c’est l’intuition. Ce n’est pas l’intelligence. Je sens les choses, indique-t-il d’un ton espiègle, je me disais que les gens en Occident ne savent rien ou quasiment rien de la pensée ou des pensées intellectuelles du monde arabe.»

En Occident, souligne Lang, «cette dimension intellectuelle est invisible ou presque et le monde arabe est perçu par le public occidental d’une manière qui peut être qualifiée de caricaturale», d’où l’idée «de mettre en valeur la richesse, la diversité et la multiplicité des pensées arabes».

Partant de là, il a demandé à son équipe de réfléchir à une manière de réunir certains des meilleurs intellectuels ou penseurs d’aujourd’hui pour présenter la pensée arabe contemporaine.

Cette manifestation, affirme Lang, «sera ample par la qualité des participants» qui viennent de tout bord et qui sont représentatifs des courants de pensée du monde arabe d’aujourd’hui, exprimant le vœu d’en faire un évènement annuel.

Parmi les participants, il y a des écrivains, des historiens, des journalistes, des professeurs d’universités, «des personnes de grande qualité, qui débattront en toute liberté» durant ces deux jours et les résultats de cette rencontre seront d’ailleurs publiés par la suite.

Conscient des difficultés que connaît le monde arabe, Lang est persuadé que malgré les divisions, les problèmes, «il y a partout des gens qui travaillent, qui réfléchissent, qui imaginent et qui sont confrontés comme un Occident à toutes les grandes questions du monde».

Aucun courant de pensée n’est écarté, assure Lang, y compris l’islamisme qui figure parmi les thèmes qui seront évoqués car «on ne peut pas faire comme si ce courant n’existe pas».

Le débat, estime-t-il, «sera riche, dense et contradictoire, comme dans toute rencontre intellectuelle» et ne se limitera pas aux participants, mais donnera également la parole à un grand public de chercheurs, d’étudiants ou d’enseignants.

Le sommet est parrainé par le penseur Edgar Morin qui estime que « cet évènement est une fenêtre ouverte sur la fécondité, la sophistication et la modernité de pensées complexes» et «différentes des nôtres».

C’est « une occasion unique de découvrir combien les pensées arabes sont sous toutes leurs formes, riches, vivantes et inspirantes», ajoute-t-il dans un éditorial publié dans la brochure de présentation du sommet.

Il s’articulera autour de neufs panels qui ont pour thèmes: La pensée arabe en révolution, Inventer un média indépendant, Penser le féminisme arabe, Comment se situer aujourd’hui par rapport à l’héritage arabo-islamique, Décoloniser le savoir, l’orientalisme et ses critiques: sortir de l’opposition, Pour une anthropologie arabe, penser en réseau et enfin investir le podcast.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".