Pas d'avancée majeure sur le climat au sommet du G20 à Rio

Les dirigeants participant au lancement de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté posent pour une photo de groupe après la première session de la réunion des dirigeants du G20 à Rio de Janeiro, au Brésil, le 18 novembre 2024. (AFP)
Les dirigeants participant au lancement de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté posent pour une photo de groupe après la première session de la réunion des dirigeants du G20 à Rio de Janeiro, au Brésil, le 18 novembre 2024. (AFP)
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Publié le Mardi 19 novembre 2024

Pas d'avancée majeure sur le climat au sommet du G20 à Rio

  • Les dirigeants des plus grandes économies mondiales n'ont pas engrangé d'avancée majeure pour débloquer les négociations climat, lundi lors d'un sommet du G20 à Rio de Janeiro
  • Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva préside le forum cette année

Rio de Janeiro, Brésil: Les dirigeants des plus grandes économies mondiales n'ont pas engrangé d'avancée majeure pour débloquer les négociations climat, lundi lors d'un sommet du G20 à Rio de Janeiro qui a été percuté par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient.

Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva préside le forum cette année, alors que le multilatéralisme, déjà mal en point, menace de s'abîmer davantage avec le retour prochain de Donald Trump à la Maison blanche.

Lula peut se targuer d'avoir pu lancer une Alliance globale contre la faim et la pauvreté, coalition de 82 pays, et d'un succès avec un engagement commun à coopérer pour imposer "effectivement" les plus fortunés.

Mais, alors que la conférence sur le climat COP29 de Bakou n'a pas permis, en plus d'une semaine, de dessiner un accord entre pays riches et pays émergents sur qui doit financer l'adaptation au changement climatique, une grande attente était placée dans les dirigeants du G20.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, les avait exhortés dimanche à assumer leur "leadership" et à faire "des compromis" pour débloquer les négociations.

Aucune fumée blanche n'est cependant sortie du Musée d'art moderne, au bord de la sublime baie de Rio, où se tenait le sommet.

"Les dirigeants renvoient la balle à Bakou, mais le problème c'est que les personnes qui prennent les décisions sont en fait à Rio", a réagi auprès de l'AFP Mick Sheldrick, cofondateur de l'ONG Global Citizen.

"Ils ne se sont pas montrés à la hauteur de l'enjeu", a-t-il ajouté, regrettant qu'il n'y ait pas "même une référence à ce qui a été obtenu à la COP28" l'an dernier à Dubaï.

Les leaders du G20 n'ont en effet pas repris dans leur déclaration l'engagement à "opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques", qui avait été arraché à Dubai.

Les membres du G20 (19 pays, ainsi que l'Union européenne et l'Union africaine) représentent 85% du PIB mondial et 80% des émissions de gaz à effet de serre.

- Missiles longue portée -

Au-delà des tensions liées aux enjeux climatiques, les grands conflits de l'heure ont bousculé le sommet.

Dès la première séance plénière, le président américain Joe Biden a appelé les pays du G20 à soutenir la "souveraineté" de l'Ukraine contre l'invasion russe.

Son homologue russe Vladimir Poutine, qui avait déjà manqué les derniers sommets, est le grand absent à Rio, où il est représenté par son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

L'appel de Joe Biden prend une résonance particulière à un moment stratégique: les Etats-Unis ont donné dimanche à Kiev un feu vert pour l'utilisation de leurs missiles de longue portée contre la Russie.

Interrogé à Rio par les médias britanniques sur la position de Londres à ce sujet, le Premier ministre Keir Starmer n'a pas voulu "entrer dans les détails opérationnels". "Si nous devions le faire, le seul gagnant serait Vladimir Poutine", a-t-il expliqué.

Le président français Emmanuel Macron a, lui, jugé lundi "tout à fait bonne" la décision de Washington. Mais il a estimé que la déclaration conjointe publiée lundi soir "aurait gagné à être plus explicite".

Sans condamner Moscou, le G20 a réprouvé "la menace ou l'usage de la force pour chercher des gains territoriaux". Et il a salué "toutes les initiatives pertinentes et constructives en faveur d'une paix juste" et "durable" en Ukraine.

Le G20 a aussi appelé à un "cessez-le-feu" dans la bande de Gaza et au Liban, alors que l'armée israélienne y poursuit ses offensives.

Le président américain participe à l'une de ses dernières grandes réunions internationales avant de rendre les clefs de la Maison Blanche à Donald Trump, isolationniste assumé.

Le président chinois Xi Jinping, qui a fait figure d'homme fort du sommet à Rio, a averti que "le monde entre actuellement dans une nouvelle période de turbulences et de changement", lors d'un entretien avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.

- Milei en solo -

Le président argentin Javier Milei, allié de Donald Trump, a incontestablement été l'une des vedettes du sommet.

Sa poignée de mains glaciale avec Lula à son arrivée au sommet restera dans les mémoires: les deux hommes entretiennent des relations exécrables.

Le libertarien a finalement annoncé par avance que, tout en signant le texte, il avait rejeté "plusieurs points", notamment "une plus grande intervention de l'Etat" contre la pauvreté. Après avoir snobé l'Alliance contre la faim, son pays s'est toutefois ravisé.

"L'Argentine a seulement émis quelques réserves", a minimisé une source diplomatique brésilienne.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com