Pour le DJ Michael Canitrot, jouer devant Notre-Dame est une «pression positive»

"Ça faisait partie de mes rêves les plus fous": Michael Canitrot, DJ qui sublime le patrimoine avec d'imposants spectacles musicaux et visuels, clôturera le concert de réouverture de Notre-Dame samedi. (AFP)
"Ça faisait partie de mes rêves les plus fous": Michael Canitrot, DJ qui sublime le patrimoine avec d'imposants spectacles musicaux et visuels, clôturera le concert de réouverture de Notre-Dame samedi. (AFP)
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Publié le Mercredi 04 décembre 2024

Pour le DJ Michael Canitrot, jouer devant Notre-Dame est une «pression positive»

  • L'abbaye du Mont-Saint-Michel, la tour Eiffel et la basilique de Saragosse en Espagne font partie des terrains de jeux de Michael Canitrot, DJ passionné de patrimoine
  • "Ça faisait partie de mes rêves les plus fous": Michael Canitrot, DJ qui sublime le patrimoine avec d'imposants spectacles musicaux et visuels, clôturera le concert de réouverture de Notre-Dame samedi

PARIS: "Ça faisait partie de mes rêves les plus fous": Michael Canitrot, DJ qui sublime le patrimoine avec d'imposants spectacles musicaux et visuels, clôturera le concert de réouverture de Notre-Dame samedi, "un honneur" abordé avec "beaucoup de concentration", a-t-il confié à l'AFP.

L'abbaye du Mont-Saint-Michel, la tour Eiffel et la basilique de Saragosse en Espagne font partie des terrains de jeux de Michael Canitrot, DJ passionné de patrimoine, qui le célèbre à travers la musique et l'art digital. Depuis 2019, son "Monumental Tour" a voyagé à travers une vingtaine de lieux en France et en Europe. Prochain arrêt: Notre-Dame, "la plus emblématique" des cathédrales.

QUESTION: Un grand moment approche, que ressentez-vous ?

REPONSE: "Beaucoup de concentration parce qu'effectivement c'est un moment qui n'arrive qu'une fois dans une vie. Il faut être bien préparé et en même temps, j'essaie de me détacher au maximum de la pression pour profiter de l'instant et de l'honneur que c'est de pouvoir participer à une telle cérémonie."

Q: Notre-Dame figurait-elle parmi les monuments devant lesquels vous rêviez de jouer un jour ?

R: "En tant que passionné de patrimoine, c'est la cathédrale la plus emblématique. C'est un monument qui m'a toujours fasciné à travers son histoire et puis il y a tout un univers en termes de littérature, donc forcément ça faisait partie de mes rêves les plus fous. Mais pouvoir être là, en plus le jour de la réouverture, c'est quelque chose que je n'avais jamais imaginé. Quelle chance!"

Q: Comment avez-vous conçu votre performance ?

R: "Chaque monument appelle à une nouvelle écriture artistique et donne une nouvelle inspiration. Pour Notre-Dame, je vais performer pendant dix minutes donc je vais réarranger certains de mes titres pour l'occasion. J'ai créé des versions spéciales où il y a une forte connotation musique électronique, mais par rapport à la dimension du projet et aux autres artistes qui vont performer avant moi, j'ai intégré aussi beaucoup de notes plus orchestrales, un peu plus symphoniques, pour vraiment mélanger les univers."

Q: Ensuite, il a fallu bâtir une animation...

R: "Je dessine un scénario puis on le met en oeuvre avec des artistes accomplis dans leur domaine. C'est un vrai travail d'équipe. C'est là qu'interviennent toutes les nouvelles technologies: la lumière bien évidemment, mais aussi le vidéo mapping. J'essaie de former une oeuvre complète entre la lumière, la musique et la vidéo, et que tout soit synchronisé. Finalement on donne une nouvelle révélation de ce monument qu'on connaît tous, mais à travers un nouveau regard, plus contemporain."

Q: Où serez-vous positionné exactement ?

R: "Sur le parvis, au pied de la cathédrale, devant la porte principale. L'idée c'est que ma scène soit la cathédrale et sa façade, donc je vais être le plus proche d'elle."

Q: Côté matériel, que représente une telle installation ?

R: "Ce sont une trentaine de vidéoprojecteurs pour couvrir juste la façade de la cathédrale, c'est assez énorme. D'habitude quand on fait nos dates du +Monumental Tour+, ce n'est pas autant, mais à événement exceptionnel, moyens exceptionnels. Ça laisse présager un impact visuel beaucoup plus dense en termes de contrastes et de punch à l'image. Pour les lumières, je n'ai pas le compte exact mais on peut parler de plusieurs centaines de projecteurs."

Q: Vous produire devant un moment culturel et religieux aussi symbolique vous fait-il vivre cette aventure plus intensément ?

R: "Ça m'inspire énormément et en plus là il y a une dimension extrêmement puissante. Avec Notre-Dame, on est dans quelque chose de très fort en termes de spiritualité, qu'on soit croyant ou pas d'ailleurs. C'est pour moi une pression, mais une pression positive, qui m'aide à me transcender et à être le meilleur possible pour cet événement."


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
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  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.