Bachar al-Assad, l'autocrate devenu le visage de la répression en Syrie

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Publié le Dimanche 08 décembre 2024

Bachar al-Assad, l'autocrate devenu le visage de la répression en Syrie

  • Le président syrien Bachar al-Assad, qui, selon une ONG, aurait pris la fuite dimanche, a dirigé la Syrie d'une main de fer pendant près de vingt-cinq ans.
  • Il a réprimé dans le sang une rébellion qui s'est muée en guerre civile, l'une des plus brutales du XXI^e siècle.

BEYROUTH :Le président syrien Bachar al-Assad, qui a pris la fuite selon une ONG dimanche, a dirigé la Syrie d'une main de fer pendant près de vingt-cinq ans. Il a réprimé dans le sang une rébellion qui s'est muée en guerre civile, l'une des plus brutales du XXI^e siècle.

Cet ophtalmologue de formation, que rien ne prédestinait aux plus hautes fonctions, accède au pouvoir à l'âge de 34 ans, en 2000, à la mort de son père, Hafez al-Assad, qu'il succède.

En 2011, il est confronté au Printemps arabe dans son propre pays, une série de manifestations pro démocratie rapidement réprimées dans le sang et qui dégénèrent en guerre civile impliquant notamment diverses forces djihadistes, dont l'organisation État islamique.

Il parvient à se maintenir au pouvoir avec le soutien massif de la Russie, de l'Iran et du Hezbollah libanais. Issu d'une lignée alaouite, il se présente comme le protecteur des minorités syriennes et le seul rempart contre l'extrémisme et le chaos.

Soignant son apparence, le dirigeant préfère les costumes bien coupés et une cravate sobre à l'habit militaire. Mais sous cette apparence posée et presque timide se cache une volonté de conserver le pouvoir à tout prix.

- La mort du frère -

Un journaliste qui a rencontré Bachar al-Assad à de multiples reprises avant et après le début de la rébellion en Syrie en 2011 décrit une « personnalité unique et complexe ».

« À chaque fois que je le rencontrais, il restait calme, même dans les moments les plus critiques et difficiles de la guerre », affirme ce journaliste sous couvert d'anonymat.

« Ce sont exactement les caractéristiques de son père, Hafez al-Assad, qui a dirigé la Syrie d'une main de fer durant 30 ans », ajoute-t-il. Bachar al-Assad « a réussi à se rendre indispensable. En politique, il est important de savoir rebattre les cartes, et il a su maîtriser le jeu ».

À la tête du parti Baas, Hafez al-Assad avait imposé en Syrie un régime opaque et paranoïaque où la moindre suspicion de dissidence pouvait valoir à quiconque d'être emprisonné.

Né le 11 septembre 1965, son fils Bachar n'est pas destiné à devenir président, mais sa vie change radicalement en 1994 lorsque son frère aîné Bassel, qui devait succéder à son père, meurt dans un accident de la route.

Il doit alors abandonner ses études à Londres, où il a rencontré son épouse Asma, une Syro-Britannique de confession sunnite, avec qui il aura trois enfants.

Surnommée « la Rose du désert » par le magazine Vogue avant le soulèvement, son épouse sera comparée à Marie-Antoinette après la révolte.

Au décès de son père en 2000, Bachar devient président par référendum, sans opposition.

Quand il prête serment à l'âge de 34 ans, il incarne pour de nombreux Syriens en quête de libertés supplémentaires l'image d'un réformateur capable de mettre fin à des années de répression et d'instaurer une économie plus libérale dans ce pays au contrôle étatique étouffant.

Au début de sa présidence, Assad apparaît en public au volant de sa voiture ou dînant au restaurant en compagnie de son épouse. Il assouplit certaines des restrictions imposées par son père.

Mais l'image du réformateur disparaît très vite, avec l'arrestation et l'emprisonnement d'intellectuels, d'enseignants ou d'autres partisans du mouvement de réforme, au terme d'un bref « Printemps de Damas ».

- longtemps imperturbable -

Quand le Printemps arabe gagne la Syrie en mars 2011, des manifestations pacifiques appellent au changement.

M. Assad, qui est également le commandant en chef des armées, mène alors une répression féroce qui débouche rapidement sur une guerre civile.

Pendant le conflit, qui a fait plus de 500 000 morts et provoqué le déplacement de la moitié de la population, Assad est toujours resté ferme sur ses positions.

Grâce au soutien de ses parrains iranien et russe, il parvient à reconquérir les deux tiers du territoire.

Sur le plan interne, grâce à sa « persévérance et sa rigueur », il est parvenu à « monopoliser les pouvoirs décisionnels et à garantir le soutien total de l'armée », explique un chercheur à Damas.

Même au pic de la guerre civile, il est resté imperturbable, convaincu de sa capacité à écraser une rébellion qu'il a qualifiée de « terroriste » et d'« instrument d'un complot ourdi par des pays ennemis pour le renverser ».

Abandonné par ses alliés russe et iranien, eux-mêmes très affaiblis, il a toutefois dû fuir le pays dimanche, onze jours après le lancement, le 27 novembre, d'une offensive éclair par les rebelles, à laquelle ses forces n'ont quasiment opposé aucune résistance, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Parmi les symboles les plus forts de la chute de Damas figure la libération de la sinistre prison de Sednaya, où des milliers d'opposants au régime de la dynastie al-Assad ont été emprisonnés, torturés et assassinés.


Pour le Hamas, tout arrangement sur Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression" d'Israël

Les Palestiniens se frayent un chemin dans un quartier dévasté, au milieu du conflit en cours entre Israël et le Hamas, à Gaza. (Reuters)
Les Palestiniens se frayent un chemin dans un quartier dévasté, au milieu du conflit en cours entre Israël et le Hamas, à Gaza. (Reuters)
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  • Le Hamas exige que tout accord sur Gaza commence par l’arrêt total de l’agression israélienne, la levée du blocus et le respect des droits nationaux palestiniens, notamment la liberté et l’autodétermination
  • Lors du Conseil de paix à Washington, Trump a annoncé plus de 7 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, tandis qu’Israël insiste sur la démilitarisation préalable

Gaza, Territoires palestiniens: Tout arrangement concernant la bande de Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression israélienne", a déclaré le mouvement islamiste palestinien Hamas après la première réunion, à Washington, du "Conseil de paix" du président américain Donald Trump.

"Tout processus politique ou tout arrangement discuté concernant la bande de Gaza et l'avenir de notre peuple palestinien doit partir de l'arrêt total de l'agression (israélienne, NDLR), de la levée du blocus et de la garantie des droits nationaux légitimes de notre peuple, au premier rang desquels son droit à la liberté et à l'autodétermination", a écrit le Hamas dans un communiqué, publié jeudi soir à propos de cette rencontre.

M. Trump a réuni jeudi pour la première fois son "Conseil de paix", devant lequel plusieurs pays ont annoncé leurs contributions en argent et hommes pour la reconstruction de Gaza, après plus de quatre mois d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, qui s'accusent mutuellement de le violer au quotidien.

Selon le Hamas, "la tenue de cette réunion alors que se poursuivent les crimes de l'occupation (Israël, NDLR) et ses violations répétées de l'accord de cessez-le-feu impose à la communauté internationale, ainsi qu'aux parties participant au Conseil, de prendre des mesures concrètes l'obligeant à mettre fin à son agression, à ouvrir les points de passage, à laisser entrer l'aide humanitaire sans restrictions et à entamer immédiatement la reconstruction" de Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait insisté jeudi sur la nécessité de désarmer le Hamas avant toute reconstruction de la bande de Gaza.

"Nous sommes convenus avec notre allié, les Etats-Unis, qu'il n'y aurait pas de reconstruction de Gaza avant la démilitarisation de Gaza", a affirmé M. Netanyahu, absent à la réunion de Washington, où il était représenté par son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

A Washington, M. Trump a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis "plus de sept milliards de dollars" pour reconstruire le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

L'Indonésie, pays en grande majorité musulman, assumera le rôle de commandant adjoint de la force internationale de stabilisation, prévue par le plan de M. Trump pour Gaza (endossé en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies), a annoncé le général américain Jasper Jeffers, qui a été nommé commandant de cette force.

Il a précisé que cinq pays s'étaient déjà engagés à fournir des troupes à cette force, citant outre l'Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie.


Le prince héritier saoudien visite la Mosquée du Prophète à Médine

Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
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RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a visité la Mosquée du Prophète à Médine, a rapporté vendredi matin l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse

Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse
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  • Les États-Unis prévoient de retirer leurs 1.000 soldats de Syrie dans les deux prochains mois, selon le Wall Street Journal et CBS, après l’extension du contrôle du gouvernement syrien sur le territoire
  • Washington recentre son attention militaire sur l’Iran, avec des porte-avions déployés dans le Golfe et des frappes envisagées si aucun accord n’est trouvé sur le nucléaire iranien

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient de retirer l'ensemble de leurs 1.000 soldats de Syrie au cours des deux prochains mois, selon la presse américaine.

Washington mettra fin à sa présence dans le pays, a indiqué le Wall Street Journal, après que le gouvernement syrien a étendu son contrôle sur le territoire et a annoncé fin janvier être parvenu à un accord pour intégrer à l'Etat syrien les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, qui jouaient un rôle clé dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Le média CBS a également fait état de ce projet, citant des responsables américains sous couverts d'anonymat.

Les forces américaines présentes en Syrie ont récemment amorcé leur retrait, notamment la semaine dernière des bases d'al-Tanf et d'al-Chaddadi, utilisées dans le cadre de la lutte menée par la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis avaient soutenu les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes de l'EI à partir de 2014.

Mais après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au pouvoir de l'islamiste Ahmad al-Chareh, ils ont soutenu le nouveau président dans sa détermination à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est félicité dimanche de "la trajectoire" suivie par la Syrie, malgré "des jours difficiles".

Dernièrement, les Etats-Unis rassemblent aussi leur attention et leurs capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper si les deux ennemis ne parvenaient pas à conclure un accord au sujet du programme nucléaire iranien.

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n'a selon eux pas encore pris de décision finale.

Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases à travers la région.

Sollicité, le Pentagone n'a pas donné de réponse dans l'immédiat à une demande de commentaires.