Suisse-UE : vers un accord de raison ?

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen prononce un discours lors d'un débat sur la préparation du Conseil européen dans le cadre d'une session plénière au Parlement européen, le 18 décembre 2024 à Strasbourg, dans l'est de la France. (Photo AFP)
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen prononce un discours lors d'un débat sur la préparation du Conseil européen dans le cadre d'une session plénière au Parlement européen, le 18 décembre 2024 à Strasbourg, dans l'est de la France. (Photo AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 18 décembre 2024

Suisse-UE : vers un accord de raison ?

  • Le gouvernement suisse pourrait donner vendredi son feu vert à un ensemble d'accords bilatéraux âprement négociés avec l'Union européenne.
  • Nous pensons avoir atteint un équilibre très délicat, qui devrait être apprécié comme tel par toutes les parties », a indiqué une source diplomatique européenne à Bruxelles.

GENEVE : Le gouvernement suisse pourrait donner vendredi son feu vert à un ensemble d'accords bilatéraux âprement négociés avec l'Union européenne, mais leur approbation par le parlement helvétique et les Suisses lors d'un vote populaire reste incertaine.

En mars, la Suisse a accepté de relancer des pourparlers avec l'UE, après y avoir brusquement mis un terme en 2021, ce qui avait alors fâché Bruxelles.

Contrairement aux précédentes négociations dont l'objectif était d'établir un accord-cadre général, les pourparlers actuels, que les parties souhaitent conclure cette année, adoptent une approche sectorielle visant à actualiser des accords bilatéraux existants et à en conclure de nouveaux dans les domaines de l'électricité, de la santé et de la sécurité alimentaire.

Ces derniers jours, les médias suisses, citant des sources diplomatiques, ont affirmé que toutes les questions étaient réglées, à l'exception du montant de la contribution suisse au Fonds de cohésion européen qui aide certains pays à rattraper leur retard de développement.

« Maintenant qu'un accord est en vue, nous espérons que la Suisse sera prête à aller de l'avant. Nous pensons avoir atteint un équilibre très délicat, qui devrait être apprécié comme tel par toutes les parties », a indiqué une source diplomatique européenne à Bruxelles.

- Von der Leyen à Berne ? -

Le gouvernement suisse pourrait donner son accord vendredi, puis la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait se rendre à Berne avant Noël pour sceller la conclusion des négociations.

Mais rien n'a été officiellement annoncé pour l'instant.

L'Union syndicale suisse (USS), la plus grande organisation de salariés, réclame des négociations supplémentaires, estimant que l'accord en l'état va détériorer la qualité des salaires dans le pays.

Les négociations dans les secteurs du rail et de l'électricité inquiètent aussi les syndicats.

Pour la Fédération des entreprises suisses, les accords « permettent à la Suisse de préserver les conditions d'accès aux marchés qui existent pour notre économie en Europe et de les développer dans des domaines importants ».

Mais son président, Christoph Mäder, a souligné mercredi dans le quotidien Neue Zürcher Zeitung que la Suisse devait avoir la possibilité de gérer elle-même l'immigration, si celle-ci « dépassait les limites tolérables ».

Le gouvernement suisse cherche à obtenir une clause de sauvegarde pour suspendre, dans certaines circonstances, la libre circulation, l'un des piliers de l'Union européenne. Les ministres européens des 27 ont rappelé jusqu'à présent que l'Europe « n'est pas à la carte ».

La conclusion des négociations ne marquerait que le début d'une longue procédure parlementaire, qui sera suivie d'un vote populaire dont les résultats sont incertains, alors que la droite radicale, incarnée par l'Union démocratique du centre (UDC), qui a conforté son statut de premier parti de Suisse aux législatives de 2023, est vent debout contre l'accord.

- « Épée de Damoclès » -

« La signature de cet accord n'est qu'une étape. Il reste une difficile étape de montagne, suivie d'un long contre-la-montre, non moins difficile, et d'une arrivée finale qui aura lieu au plus tôt en 2027, sinon en 2028. Avec le risque qu'à cette date, l'accord soit déjà obsolète », a commenté Gilbert Casasus, professeur émérite en études européennes à l'université de Fribourg, auprès de l'AFP.

« La ratification suisse par référendum constitue la plus grande épée de Damoclès qui pèse sur le sort de cet accord. Y aura-t-il un référendum où seule la majorité des suffrages exprimés sera requise, ou un référendum nécessitant une double majorité, celle des électeurs et celle des cantons ? » a-t-il détaillé.

La double majorité favoriserait le camp du « non », alors que les cantons de langue germanophone, plus nombreux, sont généralement plus frileux à l'égard de l'UE.

Alors qu'un vote populaire s'annonce difficile, le gouvernement suisse aurait décidé la semaine dernière de changer de stratégie en découpant le paquet d'accords bilatéraux à venir en quatre « tranches », soit quatre référendums, a révélé la télévision suisse alémanique SRF.

L'UDC s'oppose déjà fermement à l'accord, qu'elle qualifie de « soumission totale de la Suisse à l'UE », car il prévoit la « reprise dynamique » du droit européen par la Confédération et l'établissement d'un « tribunal arbitral » en cas de différends.

« C'est grotesque : si nous ne reprenons pas une réglementation européenne, l'UE nous considère comme avantagés. Avec le tribunal, nous autoriserions officiellement l'UE à nous punir », a accusé dans le quotidien Le Temps Magdalena Martullo-Blocher, l'une des femmes les plus riches de Suisse, députée nationale et entrepreneuse, qui a repris le combat de son père, l'ancien chef charismatique de l'UDC Christoph Blocher, contre tout rapprochement avec Bruxelles.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Short Url
  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Short Url
  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.