DAMAS : Le nouveau dirigeant syrien a rencontré samedi des responsables du gouvernement d'union nationale libyen, reconnu par l'ONU ; il s'agissait de la dernière mission diplomatique à se rendre à Damas depuis l'éviction de Bachar el-Assad il y a près de trois semaines.
« Nous apportons notre soutien total aux autorités syriennes dans cette phase de transition importante », a déclaré à la presse Walid Ellafi, le ministre d'État libyen en charge de la Communication, après sa rencontre avec Ahmad al-Chareh, chef du groupe islamiste qui domine la coalition ayant renversé Assad.
Il a insisté sur « l'importance de la coopération conjointe » dans les domaines sécuritaire, militaire et énergétique, ainsi que dans le dossier de « l'immigration illégale » qui touche les deux pays.
En proie au chaos depuis la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est gouvernée par deux exécutifs rivaux : celui d'Abdelhamid Dbeibah, installé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, et celui du maréchal Khalifa Haftar, dans l'est.
Elle avait fermé sa représentation à Damas en 2012, mais en mars 2020, des représentants du maréchal Haftar ont rouvert la mission diplomatique et hissé le drapeau libyen.
On ignore si ces diplomates libyens, envoyés par les autorités de l'est, se trouvent toujours en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad et la prise de Damas le 8 décembre par une coalition de groupes armés menée par les islamistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS).
M. Ellafi a par ailleurs appelé au « renforcement » des relations diplomatiques, disant souhaiter l'arrivée d'un « ambassadeur permanent à Damas », où il n'y a actuellement qu'un chargé d'affaires libyen.
Samedi également, l'agence de presse officielle syrienne Sana a diffusé des images d'une rencontre entre le nouveau dirigeant syrien et cheikh Ahmad ben Abdelaziz al-Khalifa, chef du bureau de la stratégie sécuritaire de Bahreïn.
Quelques jours après la chute d'Assad, le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa, avait exprimé sa volonté de coopérer avec les nouvelles autorités en Syrie dans une lettre adressée à Ahmad al-Charif.
La Turquie soutient à la fois les nouvelles autorités syriennes et l'administration de Tripoli dans l'ouest de la Libye ; elle a ainsi envoyé son ministre des Affaires étrangères à Damas dimanche.
Hakan Fidan a appelé à une levée des sanctions contre la Syrie « dès que possible » et à une « mobilisation de la communauté internationale pour aider la Syrie à se remettre sur pied ».
Depuis le 8 décembre, de nombreuses délégations de pays arabes et occidentaux se succèdent à Damas.






