Une collision entre deux tramways à Strasbourg a fait plusieurs dizaines de blessés

Un pompier porte un blessé sur une civière à l'extérieur de la gare de Strasbourg suite à la collision de deux tramways, à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 janvier 2025. (Photo AFP)
Un pompier porte un blessé sur une civière à l'extérieur de la gare de Strasbourg suite à la collision de deux tramways, à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 janvier 2025. (Photo AFP)
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Publié le Dimanche 12 janvier 2025

Une collision entre deux tramways à Strasbourg a fait plusieurs dizaines de blessés

  • Le parquet a annoncé avoir ouvert une enquête du chef de blessures involontaires, visant à « déterminer les causes de l'accident et à mettre en évidence d'éventuelles responsabilités sur le plan pénal ».
  • « Les premières investigations ont permis d'écarter l'hypothèse d'un acte volontaire », a précisé le procureur de la République par intérim, Alexandre Chevrier.

STRASBOURG : Samedi après-midi, deux tramways sont entrés en collision dans le tunnel sous la gare de Strasbourg, un accident rarissime qui a fait plusieurs dizaines de blessés.

Les pompiers ont fait état d'une cinquantaine de blessés, tous légers, et d'une centaine de personnes indemnes.

De son côté, le ministre des Transports Philippe Tabarot a indiqué sur BFMTV que le bilan s'élevait « probablement à une trentaine de blessés ».

Le parquet a annoncé avoir ouvert une enquête du chef de blessures involontaires, visant à « déterminer les causes de l'accident et à mettre en évidence d'éventuelles responsabilités sur le plan pénal ».

« Les premières investigations ont permis d'écarter l'hypothèse d'un acte volontaire », a précisé le procureur de la République par intérim, Alexandre Chevrier.

Un important périmètre de sécurité a été établi devant la gare, où de nombreuses ambulances ont été déployées. Des blessés ont été évacués sur des brancards et d'autres ont été pris en charge sous la verrière.

Une vidéo obtenue par l'AFP montre des rames très endommagées, avec les extrémités des tramways entrées en collision fortement enfoncées, et des passagers à terre sur le quai de la station.

« Collision brutale »

« Ce qu'on sait à ce stade, c'est qu'il y a eu une collision brutale entre deux trams, à quai, sous la gare », a déclaré Jeanne Barseghian, la maire écologiste rapidement présente sur place.

« C'est un choc frontal suite à une marche arrière d'un tram dont je ne connais pas les causes », a-t-elle ajouté.

L'accident s'est produit peu avant 16 heures.

« On ne sait pas pourquoi le tramway n'est pas resté bloqué et s'est mis à reculer (erreur humaine, problème matériel, etc. : tout ça reste à vérifier) », a détaillé Patrick Maciejewski, le président de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS).

« Il faudra plusieurs jours pour rétablir la circulation des tramways à cette station », a indiqué la CTS dans un communiqué.

« Le tram a reculé, il est reparti à toute vitesse vers la gare, et tout à coup, en repartant, on s'est rendu compte qu'un autre tram était déjà entré dans la gare. Ce tram était à l'arrêt, Dieu merci », a témoigné Romaric Koumba, passager d'une des rames accidentées.

« Quand le tram est entré en collision avec l'autre, les portières se sont envolées », a-t-il ajouté.

- « Surtout de la traumatologie. »

« On a une cinquantaine d'urgences relatives avec des blessures pas vitales, des plaies au cuir chevelu, une ou deux fractures de la clavicule, une entorse au genou, des choses comme ça. Surtout de la traumatologie », a expliqué René Cellier, directeur du service d'incendie et de secours du Bas-Rhin.

« On n'a pas d'urgence absolue, ça aurait pu être beaucoup plus grave », a-t-il encore souligné.

« J'étais dans le tram à l'arrêt. Il y a un tram qui est arrivé en marche arrière à fond, il y a eu un problème de freins et il a dévalé la pente en marche arrière jusqu'à l'arrêt suivant, la gare centrale. On a entendu un gros choc, un boum de fou », a expliqué à la presse Johan, un témoin direct de la collision qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

« L'accident est survenu dans le pire endroit du réseau, un tunnel, et dans une zone très fréquentée, car c'est sous la place de la gare de Strasbourg », note Julien Joly, consultant transports au cabinet Wavestone.

« La collision de deux tramways est, à ma connaissance, plutôt rare, ça arrive très rarement », explique encore l'expert à l'AFP, selon qui la plupart des accidents de tram sont des collisions avec des véhicules.

« Mais on peut rassurer les usagers : c'est un mode de transport plutôt sûr, car un tramway roule au maximum à 70 km/h dans les zones sans obstacles. Et en centre-ville, la vitesse est limitée à 30 km/h maximum à Strasbourg. Cela reste donc un mode de transport sûr », ajoute M. Joly.

Strasbourg fait partie des premières grandes villes françaises à avoir remis en service un réseau de tramways, en 1994, et avait déjà connu un accident, exactement au même endroit, fin octobre 1998. Un tramway en avait alors percuté un autre dans le tunnel sous la gare, un accident dû à une vitesse excessive de l'une des deux rames, qui avait fait 17 blessés.


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.