Israël et le Hamas ont accepté un accord pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération d'otages

Les gens regardent la télévision le 15 janvier 2025, sur une rue de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, au milieu de la guerre en cours entre Israël et le Hamas sur le territoire palestinien. Des milliers de Gazaouis ont célébré le 15 janvier alors que la nouvelle se répandait qu’un cessez-le-feu et un accord de libération d’otages avaient été conclus entre Israël et le Hamas, visant à mettre fin à plus de 15 mois de guerre sur le territoire palestinien. (Photo : BASHAR TALEB / AFP)
Les gens regardent la télévision le 15 janvier 2025, sur une rue de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, au milieu de la guerre en cours entre Israël et le Hamas sur le territoire palestinien. Des milliers de Gazaouis ont célébré le 15 janvier alors que la nouvelle se répandait qu’un cessez-le-feu et un accord de libération d’otages avaient été conclus entre Israël et le Hamas, visant à mettre fin à plus de 15 mois de guerre sur le territoire palestinien. (Photo : BASHAR TALEB / AFP)
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Publié le Mercredi 15 janvier 2025

Israël et le Hamas ont accepté un accord pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération d'otages

  • Les négociations indirectes, qui piétinaient depuis des mois, ont accéléré ces derniers jours en vue d'une trêve associée à la libération d'otages retenus prisonniers dans la bande de Gaza
  • L'accord, âprement négocié par les médiateurs internationaux (le Qatar, les États-Unis et l'Égypte), a été conclu à quelques jours du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et prévoit un échange d'otages israéliens contre des prisonniers palestiniens

DOHA : Israël et le Hamas ont accepté mercredi un accord pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération d'otages, mettant ainsi fin à 15 mois de guerre ayant fait des dizaines de milliers de morts et plongé le territoire palestinien dans le chaos.

Les négociations indirectes, qui piétinaient depuis des mois, ont accéléré ces derniers jours en vue d'une trêve associée à la libération d'otages retenus prisonniers dans la bande de Gaza depuis l'attaque sanglante du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Cette attaque a déclenché une offensive israélienne en riposte qui a réduit en ruines une grande partie du territoire et provoqué une crise humanitaire majeure.

À l'annonce du cessez-le-feu, des milliers de Palestiniens ont exulté à travers la bande de Gaza, dont la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants ont fui leur foyer pour tenter d'échapper aux combats et aux bombardements.

L'accord, âprement négocié par les médiateurs internationaux (le Qatar, les États-Unis et l'Égypte), a été conclu à quelques jours du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et prévoit un échange d'otages israéliens contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël.

« Nous avons un accord sur les otages » à Gaza, a lancé le président élu américain, tandis qu'un responsable américain confirmait l'existence d'un accord.

« Un accord de cessez-le-feu à Gaza et de libération d'otages a été atteint à la suite de la rencontre du Premier ministre qatari (Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani) avec les négociateurs du Hamas et, séparément, avec les négociateurs israéliens », a annoncé à l'AFP une source proche des discussions.

Dans un premier temps, 33 otages devraient être libérés, les femmes et les enfants en premier, en échange d'un millier de Palestiniens détenus par Israël, selon deux sources proches des négociations.

La deuxième phase concernera la libération des derniers otages, « les soldats et les hommes en âge d'être mobilisés », ainsi que le retour des corps des otages morts, selon le Times of Israel.

Un responsable israélien a toutefois prévenu mardi qu'Israël ne quitterait pas Gaza tant que tous les otages ne seraient pas rentrés, vivants ou morts.

À mesure que les négociations progressaient, Israël a multiplié les frappes meurtrières sur la bande de Gaza, affirmant viser des combattants du Hamas.

Mercredi, 27 personnes ont encore été tuées, selon les secours, notamment à Deir el-Balah, dans le centre du territoire, et à Gaza-ville, dans le nord, où une frappe a touché une école abritant des personnes déplacées.

Une seule trêve d'une semaine avait été observée fin novembre 2023 et les négociations menées depuis se sont heurtées à l'intransigeance des deux parties.

Mais les pourparlers se sont intensifiés à l'approche de la prise de fonction de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le principal allié d'Israël, le 20 janvier, dans un climat de pression internationale croissante sur les différentes parties.

Donald Trump a récemment promis « l'enfer » à la région si les otages n'étaient pas libérés avant son retour.

Déjà minée par un blocus israélien imposé depuis 2007, la pauvreté et le chômage, la bande de Gaza sort de la guerre plongée dans le chaos.

Les Nations unies estiment que la reconstruction du territoire, dont plus de la moitié du bâti a été détruit, prendra jusqu'à 15 ans et coûtera plus de 50 milliards d'euros.

Les infrastructures, notamment le réseau de distribution d'eau, ont été lourdement endommagées.

Si le cessez-le-feu met fin aux hostilités, il laisse toutefois en suspens l'avenir politique du territoire où le Hamas, à présent très affaibli, s'était emparé du pouvoir en 2007, chassant l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

La guerre à Gaza a relancé l'idée d'une solution à deux États, israélien et palestinien, pour régler le conflit israélo-palestinien, défendue par une large partie de la communauté internationale, mais à laquelle Israël s'oppose fermement.

Israël, qui avait promis de détruire le Hamas après l'attaque du 7 octobre 2023, dit refuser un retrait total de son armée et refuse que Gaza soit administré à l'avenir par le Hamas ou l'Autorité palestinienne.

Les Palestiniens affirment quant à eux que l'avenir de Gaza leur appartient et qu'ils ne toléreront aucune ingérence étrangère.

Mardi, le secrétaire d'État américain sortant, Antony Blinken, a proposé d'envoyer une force internationale de sécurité à Gaza et de placer le territoire sous la responsabilité de l'ONU.

Il a estimé que l'Autorité palestinienne, qui exerce une autorité administrative partielle en Cisjordanie occupée, devrait reprendre le contrôle du territoire.


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.

 


Iran: plus de 3 millions de déplacés depuis le début de la guerre, selon le HCR

Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient
  • Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran

GENEVE: Quelque 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés à l'intérieur de l'Iran depuis le début de la guerre opposant ce pays à Israël et aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Selon des estimations préliminaires, entre 600.000 et 1 million de foyers iraniens sont actuellement déplacés temporairement à l’intérieur du pays en raison du conflit en cours, ce qui représente jusqu’à 3,2 millions de personnes", a annoncé dans un communiqué Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La plupart d’entre eux fuient Téhéran et d’autres grandes agglomérations pour se réfugier dans le nord du pays et les zones rurales", a-t-il ajouté, estimant que "ce chiffre devrait continuer d’augmenter tant que les hostilités se poursuivent".

Les Etats-Unis et Israël ont lancé conjointement le 28 février une vaste offensive contre l'Iran. Cette offensive a déclenché une guerre dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Alors que les frappes se poursuivaient jeudi en Iran et dans la région au 13e jour du conflit, le HCR a aussi voulu attirer l'attention sur les personnes réfugiées en Iran.

"Les familles de réfugiés accueillies dans le pays, majoritairement afghanes, sont également touchées. Leur situation précaire et leurs réseaux de soutien limités les rendent particulièrement vulnérables", a prévenu M. Ito.

"Face à l'insécurité croissante et à l'accès restreint aux services essentiels, ces familles quittent les zones sinistrées", a-t-il ajouté, précisant que le HCR "collabore avec les autorités nationales et ses partenaires pour évaluer les nouveaux besoins et renforcer sa préparation face à l'augmentation des mouvements de population".

Dans son communiqué, le HCR a encore alerté sur "l'urgence de protéger les civils, de maintenir l'accès humanitaire et de garantir l'ouverture des frontières aux personnes en quête de sécurité, conformément aux obligations internationales".

 


Liban: huit morts dans une nouvelle frappe sur Beyrouth, Israël menace d'une offensive terrestre

De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes. (AFP)
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  • Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel
  • Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban

BEYROUTH: De nouvelles frappes israéliennes ont fait 11 morts au Liban, dont huit sur le front de mer à Beyrouth où des déplacés dorment dans des tentes, Israël menaçant "d'étendre" ses opérations terrestres contre le Liban où il mène depuis le 2 mars une vaste campagne de frappes aériennes.

Cette guerre a fait plus de 687 morts, dont 98 enfants et 52 femmes, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Alors que le Hezbollah a annoncé mercredi soir intensifier ses attaques contre Israël, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré jeudi avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le Hezbollah a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes américano-israéliennes.

A Beyrouth, une nouvelle frappe a ciblé dans la nuit le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah,  faisant huit morts et 31 blessés selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", dit Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre", avant qu'une deuxième frappe blesse son mari.

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein cœur de Beyrouth, dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

"Carnage" 

Elle dit qu'après la première frappe, "une deuxième a suivi" au moment ou des personnes s'étaient rassemblées autour du site visé, causant "un carnage".

Cette femme ayant fui le sud du Liban dit qu'elle continuera de vivre sous la tente sur le front de mer, n'ayant nulle part où aller.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu une moto et deux voitures endommagées. Des taches de sang maculent le trottoir et un petit trou est visible dans le sol.

Les éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Il s'agit de la troisième attaque au cœur de la capitale depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, après une frappe contre un hôtel en bord de mer dimanche et un raid contre un appartement mercredi.

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant trois morts et un blessé, un enfant, selon le bilan initial du ministère de la Santé.

Mercredi soir, l'armée israélienne avait annoncé avoir déclenché une nouvelle série de frappes "à grande échelle" sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah régulièrement bombardé depuis dix jours et dont une grande partie de la population a fui.

Désolation 

L'armée israélienne a dit avoir atteint dix cibles liées au Hezbollah dans le sud de Beyrouth, dont un quartier général du renseignement, des centres de commandement, et "des dizaines de lanceurs".

Jeudi matin, un photographe de l'AFP a rapporté un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, et gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi Israël sur X à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers depuis le début de la guerre.

Jeudi en milieu de journée, l'Agence nationale d’information (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur plusieurs villages du sud, dont certains proches de la frontière.