Le WEF appelle à des réformes pour sortir de la crise de la dette mondiale

Selon un rapport publié par les Nations unies en juillet 2023, environ 3,3 milliards de personnes vivent dans des pays qui dépensent plus pour le service de la dette que pour l'éducation ou la santé (Capture d’écran).
Selon un rapport publié par les Nations unies en juillet 2023, environ 3,3 milliards de personnes vivent dans des pays qui dépensent plus pour le service de la dette que pour l'éducation ou la santé (Capture d’écran).
Andre Esteves, président et associé principal de la société financière brésilienne Banco BTG Pactual, a averti qu'une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pendant le second mandat de Donald Trump en tant que président pourrait affecter d'autres pays (Capture d’écran).
Andre Esteves, président et associé principal de la société financière brésilienne Banco BTG Pactual, a averti qu'une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pendant le second mandat de Donald Trump en tant que président pourrait affecter d'autres pays (Capture d’écran).
Rania Al-Mashat, ministre égyptienne de la planification, du développement économique et de la coopération internationale, a déclaré que la stabilité macroéconomique devait être associée à des réformes structurelles qui améliorent l'environnement des entreprises afin d'attirer les investissements, de réduire les charges et de soutenir la transition verte (Capture d’écran).
Rania Al-Mashat, ministre égyptienne de la planification, du développement économique et de la coopération internationale, a déclaré que la stabilité macroéconomique devait être associée à des réformes structurelles qui améliorent l'environnement des entreprises afin d'attirer les investissements, de réduire les charges et de soutenir la transition verte (Capture d’écran).
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Publié le Mercredi 22 janvier 2025

Le WEF appelle à des réformes pour sortir de la crise de la dette mondiale

  • Lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, ils ont exhorté les gouvernements et les bailleurs de fonds à prendre des mesures communes pour construire des économies fortes et résilientes et alléger le fardeau de la dette
  • Depuis 2010, les pays en développement ont accumulé deux fois plus de dettes que les pays développés

DUBAI : La communauté internationale doit trouver des moyens d'aider les pays en développement à sortir de la crise de la dette mondiale et de protéger les sociétés des effets à long terme de la stagnation économique.

C'est ce qu'a déclaré un groupe d'experts lors d'une discussion à l'occasion de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, mardi. Dans un contexte de transformations mondiales et d'incertitudes persistantes, ils ont appelé à une réorientation des politiques monétaires nationales et mondiales afin d'alléger le fardeau de la dette des pays, et ont invité les gouvernements et les bailleurs de fonds à prendre des mesures communes pour contribuer à la mise en place d'économies fortes et résilientes.

Un rapport du Fonds monétaire international publié en octobre indique que la dette publique mondiale doit dépasser les 100 000 milliards de dollars en 2024, ce qui représente environ 93 % du produit intérieur brut mondial. Depuis 2010, les pays en développement ont accumulé deux fois plus de dettes que les pays développés, selon les chiffres de l'ONU.

La pandémie de COVID-19, le changement climatique et les hausses sans précédent des taux d'intérêt ont aggravé cette crise de la dette dans certains pays, mettant potentiellement en péril l'avenir des générations futures et ralentissant le progrès mondial.

Rebeca Grynspan, secrétaire générale de l'ONU pour le commerce et le développement, a appelé à un changement au niveau systémique pour aider les pays à prendre des mesures proactives afin d'éviter les problèmes d'endettement dans un monde en constante évolution.

"Les pays en développement détiennent la moitié de la dette des pays développés, le véritable problème étant de pouvoir la rembourser", a-t-elle déclaré.

"Tout d'abord, nous devrions éviter qu'un problème de liquidité ne devienne un problème de dette. Nous disposons de mécanismes que nous n'utilisons pas dans le système international, comme les droits de tirage spéciaux", a-t-elle ajouté.

"Deuxièmement, les pays en développement ont besoin de prêts à long terme. Si vous vous lancez dans les infrastructures, si vous voulez vraiment vous développer, vous avez besoin d'argent à long terme", a affirmé Mme Grynspan. 

Pour qu'un changement monumental ait lieu, les banques multilatérales de développement doivent s'agrandir, prendre des risques et attirer les investissements privés, a ajouté Mme Grynspan.

Selon un rapport publié par les Nations unies en juillet 2023, environ 3,3 milliards de personnes vivent dans des pays qui dépensent plus pour le service de la dette que pour l'éducation ou la santé.

"Les marchés ne sont pas en crise, mais les gens le sont", a déclaré Mme Grynspan. "Nous n'avons pas de problème d'endettement, mais de développement, et c'est ce qui nous hantera, car si la croissance n'est pas au rendez-vous dans ces pays, nous ne pourrons pas nous engager sur la voie de la durabilité.

Andre Esteves, président et associé principal de la société financière brésilienne Banco BTG Pactual, a averti qu'une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pendant le second mandat de Donald Trump pourrait affecter d'autres pays. Il a également souligné les indicateurs positifs parmi les politiques de la nouvelle administration à Washington.

"L'idée globale d'une plus grande discipline budgétaire, allant de la déréglementation à la croissance du secteur privé", a-t-il déclaré à titre d'exemple. "Mais il faut qu'il y ait un cadre réglementaire de base, sinon ce serait une mauvaise décision.

Simon Freakley, président-directeur général de la société de conseil AlixPartners, estime qu'à mesure que la crise de la dette alimente les déséquilibres de pouvoir, la domination devrait pencher du côté de la Chine.

"Dans le monde d'aujourd'hui, où les pays en développement peinent à rembourser leur dette, ils doivent emprunter davantage", a-t-il fait remarquer, ajoutant que la Chine est en mesure d'exercer une influence significative car ses marchés de capitaux sont largement ouverts aux pays riches en matières premières qui ne souhaitent pas emprunter davantage d'argent ou assurer le service de la dette.

Rania Al-Mashat, ministre égyptienne de la planification, du développement économique et de la coopération internationale, a déclaré que la stabilité macroéconomique devait être associée à des réformes structurelles qui améliorent l'environnement des entreprises afin d'attirer les investissements, de réduire les charges et de soutenir la transition verte.

Face à l'escalade des conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, des politiques doivent être adoptées pour atténuer les effets des différents types de chocs, a-t-elle ajouté. Par exemple, un programme égyptien soutenu par le FMI a été approuvé en décembre 2022 dans le but d'atteindre la stabilité macroéconomique et d'encourager une croissance tirée par le secteur privé.

"Le secteur manufacturier pourrait bénéficier des flux entrants", a déclaré Mme Al-Mashat. "Nous essayons également de fixer des plafonds stricts pour les investissements publics afin que le secteur privé puisse intervenir. Tous ces éléments sont des moteurs pour le financement de la croissance et du développement.

Elle a appelé à repenser l'architecture financière mondiale afin d'aider davantage d'économies émergentes à revenu moyen à trouver des financements alternatifs, tels que les échanges de dettes, pour l'action climatique ou le développement.

Mohammed Aurangzeb, ministre pakistanais des finances et des revenus, a mis en garde contre les effets à long terme de la stagnation économique. Il a indiqué que son pays avait conclu ce mois-ci un partenariat de dix ans avec le Groupe de la Banque mondiale pour s'attaquer aux problèmes du changement climatique et de la population.

"La population est synonyme de retard de croissance chez les enfants, de pauvreté éducative et de filles non scolarisées. "Il y a aussi la résilience climatique et la décarbonisation. Si nous ne nous attaquons pas à ces problèmes, la croissance à moyen et long terme ne sera pas durable", a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.