Audiovisuel public, IA et Hip hop: Rachida Dati présente sa feuille de route pour 2025

La ministre française de la Culture, Rachida Dati, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le 22 janvier 2025. (AFP)
La ministre française de la Culture, Rachida Dati, quitte le Palais présidentiel de l'Élysée après la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le 22 janvier 2025. (AFP)
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Publié le Mardi 28 janvier 2025

Audiovisuel public, IA et Hip hop: Rachida Dati présente sa feuille de route pour 2025

PARIS : De la réforme de l'audiovisuel public menée "d'ici l'été" à la création d'une "fondation pour l'art contemporain", en passant par un "été culturel" dans les campings, la ministre de la Culture Rachida Dati a livré une feuille de route fournie et iconoclaste lors de ses voeux lundi.

"Ce ministère de la Culture est le ministère de tous les Français dans leur besoin de culture", a-t-elle martelé face à plusieurs centaines d'acteurs culturels et à la presse depuis le Palais de la Portée Dorée, à Paris, reprenant son crédo depuis son arrivée rue de Valois en janvier 2024.

Pêle-mêle, Rachida Dati a proposé "la création d'une grande fondation pour l'art contemporain français basée sur un modèle juridique public-privé comparable à la Fondation du patrimoine" et souhaité concrétiser "le projet de National Trust à la française", sur le modèle anglais, pour l'entretien et la valorisation des "45.000 monuments historiques" du pays.

Elle a confirmé la "concrétisation du projet de la Maison du hip hop, qui s'appellera la Maison des cultures urbaines, et trouvera sa place à La Villette (dans le Nord de Paris, NDLR), dans un lieu magnifique qui sera dévoilé au mois de mars".

Désireuse de toucher des publics éloignés des lieux de culture, la ministre a annoncé "cet été toute une saison d'actions exceptionnelles dans les campings".

Elle a aussi évoqué "pourquoi pas un musée du cinéma".

- "budget d'équilibre" -

Voulue dès son arrivée à ce poste mais repoussée au gré des changements de gouvernement, la réforme de l'audiovisuel public doit, elle, être menée "à son terme d'ici l'été".

La piste privilégiée est la création d'une holding, France Médias, composée de quatre filiales: France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (FMM) ainsi que l'Institut national de l'audiovisuel (Ina).

Mme Dati appelait de ses voeux une fusion des entreprises de l'audiovisuel public mais une holding pourrait être mieux acceptée, à la fois à l'Assemblée nationale et au sein des médias concernés.

La ministre a également souhaité placer la culture "au centre" des préoccupations du sommet de Paris sur l'intelligence artificielle (10-11 février).

"Innovation et régulation non seulement vont de pair, mais sont à l'origine, ensemble, des plus belles réussites culturelles françaises. Si nous renonçons à l'une des deux, (...) nous serons relégués dans une ligue qui n'est pas la nôtre", a-t-elle lancé.

Alors que les crédits consacrés à la culture et à l'audiovisuel public s'annoncent en baisse dans le budget 2025, qui sera examiné en commission mixte paritaire jeudi, Mme Dati "assume un budget d'équilibre, y compris la part d'efforts qui nous est demandée".

"J'ai veillé à ce que cet effort reste proportionné, qu'il nous donne en 2025 tous les moyens dont nous avons besoin", a-t-elle clamé, quelques heures après qu'une quinzaine d'organisations du spectacle vivant, "en colère", lui ont demandé un "rendez-vous" afin qu'elle "rétablisse" ces crédits.

- "tolérance zéro" -

Prise à partie à ce sujet par une vingtaine d'acteurs du monde de la culture vêtus de couvertures de survie et lui tournant le dos, la ministre a demandé à échanger face à face: "J'ai des choses à vous dire, j'ai fait le choix de la coopération, le combat ne va pas s'arrêter avec le budget".

En revanche, il n'a pas été question de la dégradation de l'état du plus grand musée du monde, le Louvre, où le président de la République Emmanuel Macron doit se rendre mardi.

La ministre s'est enfin exprimée sur nombre de sujets de société, à commencer par le mouvement #MeToo, qui agite particulièrement le monde de la culture.

"En 2025, nous renforcerons donc notre action, dans tous les secteurs, pour prévenir ces violences (sexistes et sexuelles, NDLR), et accompagner celles et ceux qui en sont les victimes. Dans un esprit de tolérance zéro pour ceux qui n'auraient pas encore compris le message", a-t-elle insisté.

"Le combat pour la culture est avant tout un combat pour la liberté, la liberté de création, la liberté d'expression", a-t-elle aussi déclaré, faisant référence autant à l'écrivain Boualem Sansal, incarcéré en Algérie, qu'aux "déprogrammations, actes de vandalisme, menaces et cyber harcèlement contre des artistes".

Justifiant son choix de s'exprimer depuis le Palais de la Porte Dorée, qui abrite le musée de l'histoire de l'immigration, pour la deuxième année consécutive, la ministre a enfin affirmé en avoir "un peu marre des débats sulfureux sur l'immigration".


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.