Musk prend le contrôle du système de paiements du Trésor américain

Des employés et des sympathisants se rassemblent pour manifester devant le siège de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) le 3 février 2025 à Washington, DC. Elon Musk, milliardaire de la technologie et chef du Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE), a déclaré dans un message sur les médias sociaux que lui et le président américain Donald Trump fermeront l'agence d'aide à l'étranger. (AFP)
Des employés et des sympathisants se rassemblent pour manifester devant le siège de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) le 3 février 2025 à Washington, DC. Elon Musk, milliardaire de la technologie et chef du Département de l'efficacité gouvernementale (DOGE), a déclaré dans un message sur les médias sociaux que lui et le président américain Donald Trump fermeront l'agence d'aide à l'étranger. (AFP)
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Publié le Mardi 04 février 2025

Musk prend le contrôle du système de paiements du Trésor américain

  • Des collaborateurs d'Elon Musk ont pris le contrôle du système de paiements du Trésor américain chargé de distribuer des milliers de milliards de dollars de fonds fédéraux, une mesure dénoncée par les élus démocrates comme étant "extrêmement dangereuse"
  • Cette prise de contrôle a été attaquée en justice par des syndicats et un groupe de défense des droits humains, dans une plainte déposée à Washington

WASHINGTON: Des collaborateurs d'Elon Musk ont pris le contrôle du système de paiements du Trésor américain chargé de distribuer des milliers de milliards de dollars de fonds fédéraux, une mesure dénoncée par les élus démocrates comme étant "extrêmement dangereuse" et qui a fait l'objet d'une plainte.

"La corruption et le gâchis sont en train d'être éradiqués en temps réel", a déclaré l'homme le plus riche du monde que Donald Trump a chargé de piloter une commission à "l'efficacité gouvernementale" (Doge).

Le système de paiements du Bureau des services fiscaux du ministère du Trésor gère les flux de fonds fédéraux, y compris 6.000 milliards de dollars destinés chaque année au fonds de retraites public, au programme d'assurance santé Medicare, aux salaires des fonctionnaires fédéraux et autres dépenses essentielles.

D'après le Washington Post, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a donné sa bénédiction à cette prise de contrôle qui n'a été possible que lorsqu'un haut fonctionnaire a été placé en congé administratif après avoir refusé de donner les clés du système aux équipes d'Elon Musk.

Cette prise de contrôle a été attaquée en justice par des syndicats et un groupe de défense des droits humains, dans une plainte déposée à Washington.

La plainte demande à un juge fédéral de déclarer illégal le fait que Musk ou d'autres membres du Doge puissent obtenir des informations personnelles sur les contribuables.

"Les personnes qui doivent partager des informations avec le gouvernement fédéral ne devraient pas être obligées de le faire avec Elon Musk ou son +Doge+", stipule-t-elle.

Sur son réseau social X, M. Musk a estimé que "la seule façon d'arrêter la fraude et le gaspillage de l'argent des contribuables est de pouvoir suivre les flux de paiement et de bloquer les transactions suspectes pour les examiner".

Le président américain a salué le travail d'Elon Musk, qui sait "tailler dans les coûts. Des fois on n'est pas d'accord et on ne va pas là où il veut aller. Mais je pense qu'il fait du très bon boulot".

Selon le site Wired, le patron de Tesla, X et SpaceX a placé des jeunes gens travaillant pour le Doge à des postes gouvernementaux clés. Ces équipes ont désormais un accès sans précédent au système de paiements, normalement la chasse gardée de hauts fonctionnaires apolitiques.

Ces proches, âgés de 19 à 24 ans selon la presse américaine, ont également été nommés au sein du Bureau de gestion du personnel, le service des ressources humaines des fonctionnaires, qui leur a envoyé la semaine dernière un mail leur proposant de démissionner avec un package d'environ neuf mois de salaire.

Des élus de l'opposition se sont émus.

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, membre de la commission bancaire du Sénat, a qualifié la situation "d'extrêmement dangereuse" dans une lettre à M. Bessent.

"Je suis alarmée par le fait qu'avec l'une de vos premières mesures comme secrétaire, vous semblez avoir donné le contrôle d'un système hautement sensible responsable des données privées de millions d'Américains -- et un pilier clé de notre gouvernement -- à un milliardaire non élu et à un nombre indéterminé de ses larbins non qualifiés", écrit-elle.

Elle a également estimé que mettre au placard du personnel qualifié "aggrave le risque que le pays ne puisse pas rembourser sa dette, ce qui pourrait déclencher une crise financière mondiale".

Sur X, Elon Musk a promis "un spectacle garanti" en réponse à un post indiquant que le Doge découvrirait "de la fraude et de la corruption à une échelle inédite dans de nombreux services gouvernementaux".


Groenland et Danemark rejettent les visées de Trump sur le territoire autonome

Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès. (AFP)
Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès. (AFP)
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  • "Nous ne sommes pas à vendre et nous ne pouvons pas simplement être pris", a-t-il insisté sur Facebook, en réaction aux propos du président américain qui a dit vouloir s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre"
  • "Cela ne se produira pas", avait plus tôt réagi le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen auprès de la télévision publique danoise DR

NUUK: Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès.

"Nous ne voulons être ni Américains ni Danois, nous sommes Groenlandais", a dit le Premier ministre du Groenland Mute Egede. "Les Américains et leur chef doivent comprendre cela".

"Nous ne sommes pas à vendre et nous ne pouvons pas simplement être pris", a-t-il insisté sur Facebook, en réaction aux propos du président américain qui a dit vouloir s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre".

"Cela ne se produira pas", avait plus tôt réagi le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen auprès de la télévision publique danoise DR, soulignant un aspect "positif" du discours de M. Trump: la mention du respect des Groenlandais à décider de leur avenir.

Le président américain a en effet assuré "à l'incroyable peuple du Groenland" soutenir "fermement votre droit à déterminer votre propre avenir et, si vous le souhaitez, nous vous souhaitons la bienvenue aux Etats-Unis d'Amérique".

"Nous en avons vraiment besoin pour la sécurité internationale et je pense que nous allons l'obtenir. D'une manière ou d'une autre, nous l'obtiendrons", a-t-il dit dans ce premier discours de politique générale depuis son retour au pouvoir le 20 janvier.

"Nous assurerons votre sécurité, nous vous rendrons riches et, ensemble, nous mènerons le Groenland vers des sommets que vous n'auriez jamais imaginé possibles", a-t-il déclaré.

Le Groenland est sous le feu des projecteurs depuis fin décembre et le souhait répété de Donald Trump d'intégrer la plus grande île arctique aux Etats-Unis.

Des élections législatives y sont prévues le 11 mars.

"Des élections auront bientôt lieu au Groenland et je pense que tout le monde - y compris nous-mêmes - doit faire attention à ne pas faire toutes sortes de suppositions sur l'avenir" des Groenlandais, a dit mercredi le chef de la diplomatie danoise Lars Løkke Rasmussen à la télévision TV2.

Dans la même veine, M. Trump a réitéré ses ambitions concernant le canal de Panama, le jour-même de l'annonce que deux ports détenus par le géant hongkongais Hutchison vont être cédés à un consortium américain.

"Pour renforcer encore notre sécurité nationale, mon administration va reprendre le canal de Panama, et nous avons déjà commencé à le faire", a-t-il affirmé, en faisant référence à cet accord.

Donald Trump a menacé de reprendre le canal dès le jour de son investiture au motif qu'il est, selon lui, exploité par la Chine.

Que ce soit à propos du Groenland, du canal de Panama ou encore de l'imposition de tarifs douaniers, y compris contre des pays alliés et voisins comme le Canada et le Mexique, le président américain montre clairement qu'il se soucie surtout de ses intérêts.

Le Lesotho? "Jamais entendu parler" 

S'il ne s'est guère attardé sur l'Ukraine dans son discours, il n'en a pas moins assuré que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, avec qui il avait eu un vif échange vendredi dans le Bureau ovale, était "prêt" à négocier avec la Russie et à signer un accord sur les minerais.

Plus tôt dans la journée de mardi, le dirigeant ukrainien avait dit vouloir "arranger les choses" avec le président américain après leur accrochage.

M. Zelensky était parti sans signer cet accord sur les minerais et l'administration Trump a ensuite annoncé le gel de son assistance militaire à l'Ukraine, trois ans après son invasion par la Russie.

"Simultanément, nous avons eu des discussions sérieuses avec la Russie et nous avons reçu des signaux forts indiquant qu'ils sont prêts pour la paix", a encore affirmé le président américain.

"Ne serait-ce pas magnifique?".

Donald Trump ne s'est pas non plus épanché sur le Proche-Orient, si ce n'est pour dire "nous ramenons nos otages de Gaza" et rappeler son rôle au cours de son premier mandat dans la conclusion des accords d'Abraham, entre Israël et certains pays arabes.

Par ailleurs, il a promis de "faire la guerre aux cartels" mexicains de la drogue, parlant d'"une grave menace" pour la "sécurité nationale" des Etats-Unis.

Justifiant enfin les coupes budgétaires massives dans l'aide des Etats-Unis à l'étranger, le président américain a énuméré une série de "gaspillages" selon lui, comme les "40 millions de dollars pour des bourses d'études sur la diversité, l'équité et l'inclusion en Birmanie".

Il a aussi cité les "huit millions de dollars pour promouvoir les LGBT+ dans la nation africaine du Lesotho, dont personne n'a jamais entendu parler".

Contactée par l'AFP, People's Matrix, la principale ONG soutenant les personnes LGBTQ au Lesotho, a assuré ne pas avoir reçu cette somme. "On n'a aucune idée de l'affectation de ces 8 millions de dollars", a affirmé son porte-parole, Tampose Mothopeng. "On ne sait pas qui a reçu ou va recevoir cet argent."


Le président colombien somme Trump de cesser de le «calomnier»

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  • "Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a fustigé M. Petro sur le réseau social X
  • Donald Trump a déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait "une bonne idée" et accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis

BOGOTA: Le président colombien Gustavo Petro a rejeté dimanche les menaces et accusations de son homologue américain Donald Trump qui l'accuse sans preuve d'être un narcotrafiquant, à l'instar du président venezuelien capturé au cours du weekend.

"Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a fustigé M. Petro sur le réseau social X.

Donald Trump a déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait "une bonne idée" et accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis, avertissant qu'il "ne le ferait plus très longtemps".

Le président colombien, de gauche, est très critique de l'action militaire du gouvernement Trump dans la région. Il accuse les États-Unis d'avoir enlevé Nicolás Maduro "sans base légale". Le dirigeant vénézuélien a été capturé à Caracas samedi après des bombardements de Washington sur la capitale.

Après lui avoir dit samedi qu'il devrait "faire gaffe à ses fesses", Donald Trump a qualifié dimanche Gustavo Petro d'"homme malade" qui "aime prendre de la cocaïne".

"La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps", a mis en garde le président américain.

Gustavo Petro "a des moulins à cocaïne et des usines de cocaïne, et il ne va pas le faire très longtemps", a-t-il soutenu.

Le ministère colombien des Affaires étrangères a qualifié les menaces du président américain d'"ingérence inacceptable" et demandé le "respect".

Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s'affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane, ou la politique migratoire.

La Colombie, pays frontalier du Venezuela, et les États-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd'hui au plus bas.

 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.