L'ancien ambassadeur saoudien aux US condamne le «plan fou de nettoyage ethnique» de Trump pour Gaza

L'ancien ambassadeur d'Arabie saoudite aux États-Unis, le prince Turki al-Faisal, s'adresse à Christiane Amanpour, présentatrice de CNN International. (Capture d'écran)
L'ancien ambassadeur d'Arabie saoudite aux États-Unis, le prince Turki al-Faisal, s'adresse à Christiane Amanpour, présentatrice de CNN International. (Capture d'écran)
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Publié le Jeudi 06 février 2025

L'ancien ambassadeur saoudien aux US condamne le «plan fou de nettoyage ethnique» de Trump pour Gaza

  • Le prince Turki al-Faisal déclare que la proposition de réinstallation des Palestiniens entraînerait de nouvelles effusions de sang
  • Le prince Turki al-Faisal prévient que le dirigeant américain recevra «un avertissement» de la part des dirigeants saoudiens s'il se rend au Royaume

LONDRES: Le plan de Donald Trump visant à ce que les États-Unis prennent le contrôle de Gaza et forcent les Palestiniens à quitter l'enclave serait un «nettoyage ethnique» qui déclencherait un conflit et une effusion de sang, a déclaré mercredi le prince Turki al-Faisal, ancien ambassadeur d'Arabie saoudite à Washington.

Dans un entretien accordé à CNN, le prince Turki, qui est également un ancien chef des services de renseignement du Royaume, a rejeté avec colère les propos du président américain, qui a notamment menacé d'envoyer des troupes américaines pour aider à transformer Gaza en «Riviera du Moyen-Orient».

Le prince Turki a déclaré qu'il s'attendait à ce que les pays arabes et musulmans, ainsi que d'autres nations et l'Europe, abordent la question à l'ONU pour montrer que le monde s'opposait à «ce plan fou de nettoyage ethnique».

«Il est illusoire de penser que le nettoyage ethnique au XXIe siècle puisse être toléré par une communauté mondiale qui reste les bras croisés et ne réagit pas», a déclaré le prince Turki à la présentatrice Christiane Amanpour. «Le problème de la Palestine n'est pas celui des Palestiniens. C'est l'occupation israélienne. Et cela a été clair et compris par tout le monde.»

Le prince Turki a déclaré que les propos de M. Trump remettaient en cause la politique américaine antérieure qui favorisait une solution à deux États basée sur l'échange de territoires contre la paix.

Il a ajouté que le plan de M. Trump était basé sur la position du politicien extrémiste israélien Itamar Ben-Gvir, «l'ultime nettoyeur ethnique», qui a récemment démissionné de son poste de ministre de la Sécurité nationale en raison du cessez-le-feu à Gaza.

Les propos de M. Trump constituent une «acceptation totale de la position israélienne par le gouvernement américain», a déclaré le prince Turki, ajoutant que cette approche avait gagné du terrain dans les cercles politiques américains au cours des deux dernières années.

Le prince Turki a déclaré que si M. Trump se rendait en Arabie saoudite, il recevrait probablement «un avertissement» de la part des dirigeants saoudiens concernant «non seulement la sagesse de ce qu'il propose, mais aussi l'injustice flagrante».

M. Trump entretient des relations étroites avec l'Arabie saoudite et a fait du Royaume sa première visite à l'étranger au cours de son premier mandat. Le prince Turki a déclaré que le prince héritier Mohammed ben Salmane s'était engagé le mois dernier à investir 600 milliards de dollars (1 dollar = 0,96 euro) aux États-Unis.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a fermement condamné les menaces visant à déplacer les Palestiniens de leurs terres et a réitéré la position du Royaume selon laquelle il n'y aurait pas de normalisation des relations avec Israël avant la création d'un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale.

«C'est la position de l'Arabie saoudite depuis le début», a déclaré le prince Turki.

Il a déclaré que le plan de Trump pour Gaza, qui s'ajoute à la «destruction» du territoire pendant la campagne israélienne, ne ferait que renforcer le soutien aux groupes militants tels que le Hamas.

«Tout le monde a dit aux Israéliens qu'en réprimant ces gens, en les punissant, en leur infligeant la mort, la destruction, le chaos et le génocide, ils ne feront que créer plus d'opposition», a déclaré le prince Turki.

«C'est pourquoi ils veulent recourir à l'épuration ethnique pour expulser la population du territoire.»

«Leur politique est donc claire et nette et, malheureusement, elle se reflète aujourd'hui dans les propos de M. Trump.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).