Gaza: toujours sans regret, ces Arabes Américains qui ont voté Trump par colère contre Biden

Le candidat républicain à la présidence, l'ancien président Donald Trump, visite le café The Great Commoner le 01 novembre 2024 à Dearborn, Michigan. À cinq jours de l'élection, Donald Trump fait campagne vendredi dans les États du Michigan et du Wisconsin. le 01 novembre 2024 à Dearborn, Michigan. (AFP)
Le candidat républicain à la présidence, l'ancien président Donald Trump, visite le café The Great Commoner le 01 novembre 2024 à Dearborn, Michigan. À cinq jours de l'élection, Donald Trump fait campagne vendredi dans les États du Michigan et du Wisconsin. le 01 novembre 2024 à Dearborn, Michigan. (AFP)
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Publié le Samedi 08 février 2025

Gaza: toujours sans regret, ces Arabes Américains qui ont voté Trump par colère contre Biden

  • Ils sont nombreux à rejeter catégoriquement la proposition du républicain visant à vider Gaza de ses deux millions d'habitants pour y construire la "Côte d'Azur du Moyen-Orient"
  • Une annonce saluée par l'extrême droite israélienne mais qui a consterné le monde entier, des capitales arabes aux chancelleries occidentales

Dearborn: A Dearborn, où vivent de nombreux Américains originaires de pays arabes, Samra'a Luqman ne "regrette pas" d'avoir voté Donald Trump pour punir Joe Biden d'avoir soutenu Israël et ce malgré le plan du nouveau président pour Gaza qui sidère toute la communauté.

Comme cette militante de 42 ans, de nombreux électeurs de cette ville du Michigan ont voté en faveur du milliardaire républicain pour exprimer leur colère envers les démocrates, accusés d'avoir largement appuyé la guerre dévastatrice d'Israël dans le territoire palestinien lancée après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

Dans cet ancien bastion démocrate, Donald Trump a remporté 42,5% des voix à la présidentielle de novembre, devant Kamala Harris (36,3%) et la candidate des Verts Jill Stein, qui a fait largement mieux que sa moyenne nationale avec 18,3% des suffrages.

Depuis la victoire de Donald Trump, "on a vu la grande marche du retour, un sentiment que je n'arrive même pas à décrire", confie à l'AFP Samra'a Luqman, en référence à la marée humaine de Palestiniens déplacés par la guerre qui rentrent chez eux à la faveur d'une trêve fragile, souvent à pieds, dans un décor de décombres et de dévastation.

Pour elle, Donald Trump est celui qui a rendu possible le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas conclu la veille de son investiture le 20 janvier.

- "Ligne rouge" -

Pour autant, Samra'a Luqman et d'autres électeurs insistent: s'ils ont sanctionné le camp démocrate, Donald Trump n'a pas reçu pour autant leur blanc seing. "Beaucoup de gens qui ont voté républicain à contrecoeur sont aujourd'hui ouverts à l'un ou l'autre des deux partis", dit-elle.

Et ils sont nombreux à rejeter catégoriquement la proposition du républicain visant à vider Gaza de ses deux millions d'habitants pour y construire la "Côte d'Azur du Moyen-Orient".

Une annonce saluée par l'extrême droite israélienne mais qui a consterné le monde entier, des capitales arabes aux chancelleries occidentales.

"On ne l'acceptera pas", affirme Faye Nemer, femme d'affaires de 39 ans qui dit avoir elle-même perdu des proches dans les bombardements israéliens sur le Liban. Elle l'assure, "la Palestine est une ligne rouge pour notre communauté", en référence à la cause palestinienne toujours forte dans les pays arabes face à l'occupation israélienne, illégale au regard du droit international.

Mais au-delà des annonces fracassantes du président, les habitants de Dearborn se souviennent encore de leur frustration face à Joe Biden, accusé de ne pas avoir fait davantage pression sur Israël pour faire taire les armes.

Des représentants de la communauté avaient rencontré des responsables démocrates et républicains avant de décider qui soutenir. Donald Trump s'est rendu à Dearborn, contrairement à Kamala Harris.

- "Trump a menti" -

Faye Nemer a participé à l'organisation d'un déjeuner pour Donald Trump dans un restaurant de Dearborn. Selon elle, il s'était engagé à soutenir la paix et une solution à deux Etats, israélien et palestinien. Elle se dit "très optimiste" quant à la capacité de l'ex-magnat de l'immobilier de négocier pour respecter ses promesses, malgré ses premières mesures largement favorables au gouvernement israélien.

Bishara Bahbah a lui aussi fêté la victoire de Donald Trump. "Le président veut une paix au Moyen-Orient qui satisfasse toutes les parties", affirme à l'AFP cet homme qui dirige le groupe "Arab Americans for Peace" ("Les Arabes Américains pour la paix").

Selon lui, les propos de Donald Trump ont été lancés comme une "hypothèse" plutôt qu'un projet "réaliste".

Quant aux maires ayant soutenu Donald Trump, leur silence montre aujourd'hui leur embarras, estime Osama Siblani, qui travaille dans la presse locale.

"Mais ils doivent répondre à leurs électeurs", dit-il à l'AFP. "Trump est venu ici et il a menti. Il a dit +je vais répandre la paix et l'amour dans la région et dans le monde+. Et dès qu'il est arrivé, il a voulu le Canada, le Groenland, et prendre Gaza!"

Mais lui aussi refuse de blâmer ceux qui ont voté pour Donald Trump. Les démocrates, dit-il, ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.