La moitié des Français désapprouvent l'intervention au Mali, révèle un sondage

La ministre des Armées Florence Parly (à droite) passe en revue les troupes lors de la cérémonie en hommage aux deux soldats français tués au Mali le 2 janvier dernier (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 12 janvier 2021

La moitié des Français désapprouvent l'intervention au Mali, révèle un sondage

  • La moitié des Français s'opposent à l'intervention française au Mali, pour la première fois depuis le début de l'opération antijihadiste entamée en 2013
  • Ce sondage a été réalisé début janvier à l'heure où la France réfléchit à une réduction de ses troupes au Sahel

PARIS: La moitié des Français désapprouvent l'intervention française au Mali, pour la première fois depuis le début de l'opération antijihadiste entamée en 2013, selon un sondage publié lundi soir par le magazine Le Point et réalisé par l'institut Ifop.

Huit ans après le déclenchement de l'opération Serval lancée pour aider le Mali à repousser une offensive de groupes armés islamistes, 51% des Français interrogés (soit la moitié, avec les marges d'erreur) ne sont « plutôt pas » (32%) ou « pas du tout » (19%) favorables à l'intervention militaire française dans ce pays où se concentre l'essentiel de la force Barkhane (qui a succédé à Serval en 2014), dont le périmètre d'action couvre cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie).

Quelque 49% des sondés s'y disent toujours favorables, alors qu'ils étaient 73% en février 2013, au lendemain de la libération de Tombouctou, et 58% fin 2019, juste après la mort de 13 soldats français au Mali dans la collision de deux hélicoptères.

Ce sondage, réalisé début janvier, intervient après deux attaques jihadistes au Mali qui ont fait un total de cinq morts côté français, et à l'heure où la France réfléchit à une réduction de ses troupes au Sahel.

L'enquête a été conduite en ligne du 5 au 6 janvier auprès d'un échantillon représentatif de 1 004 personnes, selon la méthode des quotas. 


2022: Hidalgo fera « barrage à l'extrême droite, quoi qu'il arrive »

La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'exprime lors d'une conférence de presse à la suite d'une réunion avec les maires des 20 arrondissements parisiens pour préparer des propositions pour l'Agence régionale de santé (ARS) et la préfecture au milieu de la pandémie de coronavirus à la mairie de Paris le 1er mars 2021. Jacques WITT / POOL / AFP
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  • La maire (PS) de Paris veut proposer « un autre chemin » en vue de l'élection présidentielle pour laquelle elle se positionnera "à l'automne »
  • « L'écologie doit être notre ossature et la solidarité notre boussole, » dit-elle

PARIS : La maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, qui fera "toujours barrage à l'extrême droite, quoi qu'il arrive", veut proposer "un autre chemin" en vue de l'élection présidentielle pour laquelle elle se positionnera "à l'automne", a-t-elle déclaré dans un entretien au Parisien jeudi.

Pour "réparer les liens entre les Français", la maire de la capitale place deux thèmes en haut de son agenda politique: "rendre leur fierté à ceux qui sont toujours les oubliés, les classes moyennes et les catégories populaires, et mettre l'écologie au service du progrès économique et social. L'écologie doit être notre ossature et la solidarité notre boussole".

L'ancienne inspectrice du travail a reçu mercredi le prix de la Personnalité politique de l'année 2020 du Trombinoscope pour sa réélection à la tête de l'exécutif parisien. Depuis plusieurs semaines, elle pose régulièrement des jalons en vue de la présidentielle de 2022. "Je vais me déplacer beaucoup dans les villes et les territoires ruraux et partout où on m'invitera pour écouter, discuter, échanger, comprendre", explique-t-elle avant de préciser son calendrier: "jusqu'à l'été, beaucoup de déplacements, et à l'automne on aura peut-être des choses à se dire."

Sur la crise sanitaire, la maire de Paris, qui a réitéré lundi son opposition au confinement de la capitale le week-end, se prononce dans une tribune simultanée publiée par Le Monde en faveur d'une stratégie "zéro Covid" qui "doit être menée au niveau de l'Union européenne". "Nous avons huit semaines devant nous pour accélérer drastiquement la vaccination et notre immunité collective et engager une stratégie zéro Covid en évitant des confinements. Travaillons en concertation et donnons-nous rendez-vous en mai pour préparer l'avenir. Les premiers résultats nous permettront alors de mettre en œuvre une stratégie zéro Covid pour reprendre le cours normal de nos vies", réclame l'élue socialiste.

Cette stratégie est entendue comme la volonté de réduire à zéro la circulation du coronavirus grâce à des mesures strictes prises dès que des cas apparaissent, combinées à un contrôle drastique des foyers d'infection (tester, tracer, isoler). Parallèlement, la vie normale peut se poursuivre dans les zones où le virus ne circule pas.


Seine-Saint-Denis: marche blanche en mémoire d'Aymane, 15 ans, tué par balle à Bondy

Une personne en deuil dépose des fleurs au centre communautaire "Espace Nelson Mandela" à Bondy, dans la banlieue nord-est de Paris, le 3 mars 2021, avant une marche commémorative en hommage à Aymane, un garçon de 15 ans qui a été abattu dans la ville à la fin du 26 février. (Alain JOCARD / AFP)
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  • L'adolescent est mort vendredi après-midi dans les bras de son père venu récupérer son fils après une altercation
  • "Nous avons tous perdu un enfant ce jour-là", confie Nicole qui a deux garçons

BONDY : Près de 2.000 personnes ont participé mercredi à Bondy (Seine-Saint-Denis) à une marche blanche en mémoire d'Aymane, adolescent de 15 ans, tué par balle vendredi dans une maison de quartier de la ville, a constaté une journaliste de l'AFP.

Sous les banderoles "Stop à la violence", "Repose en paix Aymane", de nombreux Bondynois se sont rassemblés devant la maison de quartier Nelson Mandela où a été assassiné Aymane Kaïd, jeune boxeur à l'avenir prometteur.

"C'est une mort inutile. Je voulais rendre hommage à mon copain", a déclaré ému Myriam, une camarade de classe, qui a peint deux gants de boxe en rouge sur une pancarte.

Point de départ de la marche, les grilles de la maison de quartier étaient totalement recouvertes de fleurs. Le sol de l’établissement était tapissé de bougies, peluches ou encore de mots de condoléances déposés au fur et à mesure par les habitants vêtus pour la plupart de t-shirt blanc avec l'inscription "Pour Aymane".

"Nous avons tous perdu un enfant ce jour-là", confie Nicole qui a deux garçons. "J'ai peur pour mes enfants, on tue pour un rien", poursuit la mère de famille qui vit à Bondy depuis 20 ans.

L'adolescent est mort vendredi après-midi dans les bras de son père venu récupérer son fils après une altercation. Il a été touché mortellement d'une balle tirée de l'extérieur, à travers l'entrebâillement de la boîte aux lettres de la porte de la maison quartier.


Une mosquée au cœur d'un bras de fer avec l'Etat

La mosquée de Pantin, fermée depuis le 21 octobre (Photo, AFP).
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  • Les autorités ont fermé la mosquée pour six mois dans la foulée de l'assassinat du professeur Samuel Paty
  • En proche banlieue parisienne, la mosquée de Pantin compte environ 1 300 fidèles

BOBIGNY: Une mosquée située aux portes de Paris est engagée dans un bras de fer avec l'Etat français qui exige le départ de son recteur, après l'avoir fermée pour six mois en octobre dans la foulée de l'assassinat du professeur Samuel Paty, décapité dans un attentat islamiste.

En proche banlieue parisienne, la mosquée de Pantin compte environ 1 300 fidèles. Elle a été fermée pour six mois le 21 octobre par le préfet, sur instruction du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

En cause, le relais sur la page Facebook de la mosquée de la vidéo d'un père d'élève, qui avait été à l'origine de l'engrenage ayant conduit à l'assassinat de Samuel Paty, et la présence d'un imam formé au Yémen et accusé par les autorités d'être « impliqué dans la mouvance islamiste ».

Depuis cette sanction, l'Etat conditionne toute réouverture anticipée de la mosquée, avant le début du ramadan (mi-avril), aux départs de M'hammed Henniche et de l'imam Ibrahim Doucouré, pourtant déjà écarté.

Henniche, qui a toujours nié les penchants islamistes que lui prêtent le gouvernement, s'y est jusque-là refusé. « On veut faire un exemple de cette mosquée », a-t-il regretté.

Musulman conservateur de 50 ans, cet entrepreneur de profession fut pendant une vingtaine d'années un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, du maire de Pantin jusqu'à Nicolas Sarkozy, lorsque ce dernier était président de la République. 

Pour compliquer la situation, le préfet a également retiré en novembre à l'association qui gère la mosquée son caractère cultuel, au motif que ses activités avaient « porté atteinte à l'ordre public », selon un courrier.

Cette mesure a rendu caduque l'attribution par la ville de Pantin d'un bail emphytéotique pour la construction de la future grande mosquée, financée à hauteur de près d’un million d'euros par des dons des fidèles.

Privés de « leur » mosquée, les habitants de Pantin déplorent ce blocage, et sont contraints d'aller prier à la mosquée de la commune voisine de Drancy. 

La situation « incarne une logique de bras de fer », dénonce Vincent Brengarth, l'un des avocats de la Fédération musulmane de Pantin.

« Ça prend des proportions en termes d'atteinte à la liberté associative. Ce n'est pas le rôle du ministère de l'Intérieur de décider qui doit être à la tête d'une association », soutient l'avocat.

Des responsables musulmans estiment que fermer une mosquée ne fait qu'encourager les cultes clandestins. D'autres dénoncent une immixtion dans la vie d'une association cultuelle, encadrée par la loi française.

Cette confrontation intervient alors que le gouvernement français veut renforcer le contrôle des lieux de culte via un projet de loi contre le « séparatisme » islamiste, en cours d'examen au parlement.